France : Le Hezbollah doit désarmer, Israël s’abstenir d’une opération d’envergure

La veille, le président libanais a appelé la communauté internationale à aider à mettre en œuvre un cessez-le-feu complet avec Israël, à soutenir l'armée libanaise pour désarmer le groupe terroriste

Un nuage de fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth, le 9 mars 2026. (Crédit : Ibrahim Amro/AFP)

Mardi, à la veille d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies, la France a exprimé « sa vive préoccupation » face à l’escalade des violences au Liban.

Elle a exhorté le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah pro-République islamique « à remettre les armes » et Israël « à s’abstenir de toute intervention d’envergure ».

Condamnant « le choix irresponsable » du groupe terroriste chiite libanais de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 2ʳ mars, Paris l’exhorte à « mettre fin à ses opérations », selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle également Israël « à s’abstenir de toute intervention terrestre ou d’envergure durable au Liban, dont l’intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées ».

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d’aide aux forces armées libanaises, réitère « son plein soutien aux autorités libanaises », saluant leur décision, le 2 mars dernier, d’interdire les activités activités « militaires et sécuritaires » du Hezbollah.

Initialement prévue le 5 mars, la conférence a été annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Elle était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l’armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d’équipements.

Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, à la sortie du Conseil des ministres au palais de l’Élysée, à Paris, le 16 juillet 2025. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

Cette aide était jugée fondamentale alors que l’armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L’armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait débuter.

Début février, en déplacement au Liban, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait jugé le processus de désarmement positif, estimant qu’au sud du fleuve Litani, il n’y avait plus de menace vers le nord d’Israël…

Il avait également demandé à l’Iran de cesser d’être une force déstabilisatrice au Liban, alors qu’Israël accusait le Hezbollah de se réarmer avec l’aide de Téhéran.

Des personnes devant les portraits des terroristes du Hezbollah éliminés par les frappes aériennes israéliennes lors de leur cortège funèbre, dans le village de Khreibeh, dans l’est du Liban, le 8 mars 2026. (Crédit : Bilal Hussein/AP Photo)

Le Hezbollah refuse toujours de remettre ses armes au nord du Litani, région concernée par la deuxième phase.

Malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, qui prévoit son retrait du territoire libanais, Israël occupe toujours cinq points stratégiques près de la frontière.

Le Hezbollah a repris ses attaques à la roquette et au drone contre Israël le 2 mars, après une longue pause, en représailles à l’élimination du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors d’une frappe israélienne le 28 février.

Le président libanais Joseph Aoun a appelé lundi la communauté internationale à aider à mettre en œuvre un cessez-le-feu complet avec Israël, à soutenir l’armée libanaise pour désarmer le groupe terroriste et ramener le Liban et Israël à des pourparlers directs

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