Gaza : « Il ne faut pas désarmer Israël », alerte Yaël Braun-Pivet
Tout en refusant de 'commenter' les propos d'Emmanuel Macron, la présidente de l'Assemblée nationale rappelle qu'Israël fait 'face à des attaques qui remettent en cause son existence'
« Il ne faut pas désarmer Israël » dans les circonstances actuelles, a prévenu dimanche la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, en réaction aux déclarations du président français Emmanuel Macron appelant à cesser les livraisons d’armes servant à Gaza.
« En ce moment, Israël fait face à de nombreuses attaques terroristes. On est à la veille de la célébration de ce triste anniversaire des attaques du 7 octobre qui ont fait plus d’un millier de morts dans des conditions absolument abominables. Nous avons encore aujourd’hui des otages qui sont détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas. Nous avons des otages français, des compatriotes qui sont détenus actuellement à Gaza. Donc aujourd’hui, la guerre face aux terrorisme à Gaza n’a pas cessé. Elle doit se poursuivre. Et donc Israël doit être en capacité, en pleine capacité de se défendre, » a-t-elle rappelé.
Tout en refusant de « commenter » les propos du président de la République, Braun-Pivet a estimé sur BFMTV qu’Israël faisait « face à des attaques qui remettent en cause son existence », à la veille de l’anniversaire du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien.
« Moi ce que je dis c’est qu’Israël aujourd’hui fait face à des attaques qui remettent même en cause son existence. Et donc Israël, démocratie, doit pouvoir se défendre. Disant cela, Israël doit maintenant réussir. Notre objectif, c’est : 1. la libération des otages 2. le cessez-le-feu pour que nous puissions parvenir à une solution politique, avec deux états, un État palestinien et un État israélien et de sécuriser l’existence de ces deux États. Donc de sécuriser les fronts : au nord d’Israël, avec le Liban et de sécuriser les relations dans la région. Il ne vous aura pas échappé que ces derniers jours, l’Iran a lancé une attaque absolument considérable contre Israël. Aujourd’hui, Israël se défend. Israël se défend face à l’Iran, Israël se défend face au Hezbollah, Israël se défend face au Hamas. Le nombre de morts civiles est abominable, et il nous effraie tous. Et tout le monde, toutes les démocraties du monde appellent à un règlement de ce conflit le plus rapidement possible, » a-t-elle affirmé.
« Tout le monde fait le maximum d’efforts pour qu’il y ait enfin un cessez-le-feu. Mais force est de constater qu’aujourd’hui le refus du cessez-le-feu, il vient du Hamas. Il vient de terroristes qui refusent de libérer les otages, qui continuent à attaquer Israël. Et donc malheureusement, il ne faut pas désarmer Israël dans ces circonstances-là », a martelé la présidente de l’Assemblée.
« Moi je soutiens simplement le fait qu’Israel a le droit d’exister là où ils sont et a le droit de se défendre face aux terrorisme, » a-t-elle encore déclaré.
« Mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas en même temps faire le maximum d’efforts pour épargner les populations civiles », a ajouté la députée Renaissance.
Elle s’exprimait alors que Macron venait d’appeler à cesser la livraison à Israël d’armes servant à Gaza, visant directement les Etats-Unis car la France n’en livre même pas elle-même.
« Je pense qu’aujourd’hui, la priorité, c’est qu’on revienne à une solution politique, qu’on cesse de livrer les armes pour mener les combats sur Gaza », avait affirmé Macron lors d’un entretien à France Inter enregistré lundi et diffusé samedi.
« Si on appelle à un cessez-le-feu, la cohérence, c’est de ne pas fournir les armes de la guerre », avait-il dit. Ces déclarations ont attisé la colère du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu : « Honte », s’est-il emporté à l’adresse du chef de l’État français.
Braun-Pivet a par ailleurs annoncé qu’il n’y aurait « pas de moment particulier » à l’Assemblée en mémoire 7 octobre [minute de silence, hommage…], parce que la chambre basse ne marque pas les anniversaires.
Interrogée sur France Inter sur le sujet, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a de son côté défendu le président : « On ne peut pas accuser le président de la République de ne pas être aux côtés d’Israël », a-t-elle assuré.
« Il est dans son rôle lorsqu’il appelle à la désescalade et lorsqu’il se place toujours du côté de la diplomatie », a-t-elle poursuivi.
Le député du mouvement d’extrême-gauche radicale anti-Israël, La France Insoumise (LFI) Eric Coquerel, invité de l’émission Le Grand Jury pour RTL, M6, Public Sénat et Le Figaro, a lui jugé « tardive » la sortie de Macron.
« Il y a longtemps qu’il fallait effectivement arrêter d’armer Israël, en tout cas sur toutes les armes servant le génocide en cours à Gaza », a-t-il lancé, jugeant « stupéfiante » la réaction de Netanyahu.
« Je pense qu’il aurait fallu convoquer a minima l’ambassadeur d’Israël » en France, a-t-il ajouté.