Herzog : « Je ferai tout pour former un gouvernement stable et éviter de nouvelles élections »
Le président souligne l’ampleur des défis nationaux ; Yaïr Lapid s'engage à ne pas s'associer à Benjamin Netanyahu et fustige les 'faux' gouvernements d'union nationale du passé
Le président Isaac Herzog a déclaré cette semaine qu’il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour qu’un gouvernement « stable » soit formé après les prochaines élections, les sondages actuels indiquant que ni la coalition ni le principal bloc d’opposition ne parviendront à obtenir la majorité à eux seuls.
« Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour mettre en place un gouvernement stable pour Israël. Mais j’irai même plus loin : je ferai vraiment, sincèrement, tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter de nouvelles élections », a promis le président, dans une interview pré-enregistrée diffusée lundi lors d’une conférence organisée par le journal Yedioth Ahronoth.
« Nous devons comprendre que les défis auxquels notre nation est confrontée sont immenses. Nous devons attendre les résultats plutôt que de porter un jugement, mais nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter de revivre cette situation encore et encore et encore », a déclaré Herzog.
Les récents sondages montrent que ni la coalition actuelle, ni le principal bloc d’opposition, n’obtiennent suffisamment de sièges à la Knesset pour former un gouvernement à eux seuls. Les partis divergent quant à leur volonté d’accepter le soutien de partis arabes, de partis ultra-orthodoxes ou de Netanyahu afin d’atteindre la majorité.
Lorsque cela s’est produit par le passé, Israël a été plongé dans des cycles de scrutins successifs, notamment entre 2019 et 2021, période durant laquelle l’État a organisé quatre scrutins avant de former un gouvernement qui n’a duré que jusqu’à la fin de l’année 2022, date à laquelle la coalition actuelle a été élue.
Après les élections, le président charge le candidat ayant reçu le plus grand nombre de recommandations de la part des partis de former un gouvernement. Il peut également jouer un rôle de médiateur entre les factions s’il n’y a pas de majorité claire.
Interrogé sur l’intégrité des prochaines élections, Herzog a exprimé sa confiance dans la commission centrale électorale (CCE), soulignant qu’il avait récemment tenu une réunion conjointe avec les dirigeants de cette instance et les plus grandes entreprises technologiques israéliennes afin de discuter de la sécurité électorale.
Herzog a déclaré qu’il pensait que tout le monde accepterait les résultats des élections, quel que soit le vainqueur. Il a réitéré son mantra de campagne électorale selon lequel « les élections ne sont pas une guerre civile ».
« Ceux qui ne sont pas élus, comme ceux qui l’emportent, doivent tous comprendre qu’ils appartiennent à la même nation, et celui qui est élu doit également veiller sur celui qui ne l’est pas », a-t-il ajouté.
Lapid : pas de « faux gouvernement ‘d’union’ » avec Netanyahu
Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, numéro deux sur la liste du parti Beyahad, a publié un message sur le réseau social X peu après la publication de l’interview, indiquant qu’il ne soutiendrait pas « un autre faux gouvernement ‘d’union’ ».
Il faisait sans doute référence à la coalition d’urgence formée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, ou au gouvernement d’union nationale formé en 2020 par Benny Gantz avec Netanyahu, qui s’est effondré.
« J’espère vivement que le président Herzog ne tentera pas d’imposer un autre faux gouvernement ‘d’union’, dans lequel Netanyahu tromperait une nouvelle fois ses partenaires et ferait peser de plus en plus de catastrophes sur les citoyens israéliens grâce aux voix de ceux-là mêmes qui ont voté pour le destituer », a écrit Lapid.
« Nous ne participerons pas à cela, et j’appelle les autres partis du bloc à annoncer d’avance qu’ils ne feront pas partie d’un tel gouvernement », a-t-il déclaré.
Ce message a été publié le lendemain, dimanche, après que le chef du parti Beyahad, Naftali Bennett, a été critiqué pour avoir déclaré que si Netanyahu acceptait les « principes fondamentaux » de son parti, il pourrait siéger au sein d’un gouvernement avec eux. L’ancien Premier ministre a expliqué que cette remarque, qui avait fait rire l’auditoire, était une plaisanterie, et s’est engagé à ne pas siéger aux côtés de l’actuel Premier ministre « quelle que soit la composition du gouvernement ». »
À peu près au même moment que la publication de Lapid, le chef du parti HaDemocratim, Yaïr Golan, a partagé un extrait d’une récente interview dans laquelle il exhortait, de la même manière, les chefs des partis d’opposition à s’engager par écrit à ne pas siéger aux côtés de Netanyahu, qu’il a qualifié « d’incitateur à la haine, de menteur et d’escroc ».
Le chef du parti Kakhol Lavan, Benny Gantz, a toutefois contesté le message de Lapid, en répondant : « Lapid a tort : si un gouvernement d’union nationale n’est pas formé à l’issue des prochaines élections et que les deux camps ne collaborent pas, ils nous feront revivre un nouveau 7-Octobre. »
« Seul un gouvernement d’union sioniste, réunissant les deux camps, peut faire face à l’Iran, à la conscription [des ultra-orthodoxes] et à la réparation des fractures sociales », a déclaré l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne. Ni les partis à majorité arabe, ni la plupart des factions ultra-orthodoxes ne se revendiquent du sionisme.
Tout au long de sa campagne électorale, Gantz a refusé de s’aligner sur les blocs pro- ou anti-Netanyahu. Il se situe toutefois bien en dessous du seuil électoral minimum dans les sondages et ne devrait donc pas faire son retour à la Knesset.