Bennett évoque Netanyahu dans un futur gouvernement, avant de rétropédaler
Gadi Eisenkot, Yaïr Golan et Avigdor Liberman excluent toute coalition avec le chef du Likud, tandis que Benny Gantz est la seule voix à s'exprimer en faveur de cette option
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L’ancien Premier ministre et chef du parti Beyahad, Naftali Bennett, a laissé entendre dimanche que le Premier ministre Benjamin Netanyahu pourrait faire partie d’un futur gouvernement et même se voir attribuer un poste ministériel s’il acceptait ses « principes fondamentaux ». Il est toutefois rapidement revenu sur cette idée, insistant sur le fait qu’elle n’était pas à prendre au sérieux, suite aux critiques de ses alliés politiques.
Bennett, qui s’exprimait lors d’un événement organisé par le journal sioniste religieux HaDor, a déclaré qu’il n’aurait « aucun problème » à accueillir le dirigeant du Likud dans ses rangs si Netanyahu acceptait pleinement les orientations politiques définies par le bloc sioniste anti-Netanyahu.
« S’il accepte nos orientations politiques — y compris la mise en place d’une commission d’enquête nationale [sur l’attaque du 7-Octobre] —, il est le bienvenu s’il souhaite m’appeler », a déclaré Bennett, provoquant les rires de l’auditoire.
Interrogé sur la possibilité que Netanyahu soit élu pour un nouveau mandat de Premier ministre, Bennett a laissé entendre qu’il était peut-être désormais trop âgé pour occuper ce poste.
« Je ne sais pas si un homme approchant les 80 ans a l’énergie nécessaire pour cela », a-t-il ironisé. Netanyahu va avoir 77 ans le 21 octobre prochain.
Les remarques apparemment ironiques de Bennett ont reçu un accueil mitigé de la part de ses alliés au sein du bloc anti-Netanyahu, qui ont catégoriquement exclu toute coopération avec le chef du Likud.
Gadi Eisenkot, le chef du parti Yashar, qui se situe dans les sondages à égalité ou légèrement en tête face à Netanyahu, a rejeté cette suggestion lors de son intervention à la conférence HaDor, affirmant que « toute personne qui occupait un poste officiel [le 7-Octobre] est inapte à exercer des fonctions de commandement et de direction ».
Yaïr Golan, chef du parti de gauche HaDemocratim, a lui aussi rejeté la proposition de Bennett, déclarant que tant que son parti aurait son mot à dire en la matière, Netanyahu n’obtiendrait aucun poste au sein du gouvernement : « Ni comme ministre des Finances, ni comme ministre de l’Eau, ni comme ministre sans portefeuille. »
Avigdor Liberman, le chef du parti Yisrael Beytenu, connu pour ses positions bellicistes et qui refuse d’envisager la possibilité d’entrer au gouvernement avec Netanyahu, a exigé que ses alliés de l’opposition fassent de même.
« J’appelle mes collègues du bloc sioniste à se montrer sans équivoque : quoi qu’il arrive, nous ne siégerons pas dans un gouvernement avec Netanyahu », a-t-il écrit sur le réseau social X.
Face aux critiques publiques, Bennett est revenu sur ses propos dans un message publié sur les réseaux sociaux, invitant « tout le monde à se calmer » et affirmant avoir « répété mille fois » qu’il ne travaillerait pas avec Netanyahu.
« J’ai répété mille fois que Netanyahu porte une responsabilité directe et personnelle dans les massacres du 7-Octobre, et qu’il doit donc partir », a écrit l’ancien dirigeant.
« Nous ne nous assoirons pas à ses côtés, quelle que soit la coalition. »
« Quiconque a suivi mes propos aujourd’hui a compris qu’ils visaient à illustrer l’absurdité de la situation », a-t-il ajouté.
« Après tout, Netanyahu s’oppose à la conscription universelle, à la création d’une commission d’enquête nationale et à l’adoption d’une constitution israélienne. »
La polémique suscitée par les propos de Bennett est le dernier épisode en date des querelles internes entre les dirigeants de l’opposition, alors que le scrutin est prévu dans deux semaines et qu’ils ont signé un accord visant à s’abstenir de s’attaquer publiquement les uns les autres il y a moins d’un mois.
Tout le monde ne s’est toutefois pas montré critique : le chef du parti Kakhol Lavan, Benny Gantz, a en effet été le seul à défendre la proposition de Bennett.
« Quiconque pense qu’il est possible de revenir aux expériences qui ont échoué avant le 7-Octobre vit dans une réalité illusoire », a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux.
« Seul un gouvernement d’union sioniste – composé du Likud et de la majorité sioniste – sera en mesure de relever les immenses défis qui nous attendent. »
Contrairement à Bennett, Gantz n’a pas laissé entendre que Netanyahu devrait accepter les exigences de l’opposition pour obtenir une place à la table des négociations.
Tout au long de sa campagne électorale, Gantz a refusé de s’aligner sur les blocs pro- ou anti-Netanyahu. Cependant, il se situe bien en dessous du seuil électoral minimum dans les sondages et ne devrait donc pas faire son retour à la Knesset après les élections législatives du 27 octobre.
Selon le dernier sondage de Zman Yisrael, la version en hébreu du Times of Israel, publié jeudi, les blocs pro-Netanyahu et anti-Netanyahu sont actuellement tous deux en deçà de la majorité de 61 sièges dont ils auraient besoin pour former facilement un gouvernement.
Le bloc pro-Netanyahu recueille 51 sièges dans les sondages, tandis que le bloc sioniste anti-Netanyahu – c’est-à-dire sans la Liste arabe unie ni Raam – en recueille 55.
En incluant la Liste arabe unie et Raam, le bloc anti-Netanyahu atteint 69 sièges, selon le sondage, mais presque tous les partis ont exclu la possibilité de former une coalition avec eux.
Le chef de la Liste arabe unie, Yousef Jabareen, a toutefois laissé entendre samedi que son parti pourrait servir de filet de sécurité électoral permettant la formation d’un gouvernement minoritaire.
Par ailleurs, un sondage publié dimanche par la chaîne publique Kan montre que le bloc dirigé par Netanyahu prend l’avantage avec 53 sièges, contre 51 pour le bloc anti-Netanyahu. Ce sondage, réalisé auprès de 552 personnes avec une marge d’erreur de ± 4,2 %, prévoit 22 sièges pour Yashar et 20 pour le Likud.
Ce sondage prévoyait également que les partis Amkha Yisrael d’Ofer Winter et HaMilouimnikim de Yoaz Hendel franchiraient tous deux le seuil électoral et obtiendraient quatre sièges chacun. Winter a déclaré qu’il soutiendrait Netanyahu, bien qu’il soit très critique à son égard, tandis que Hendel se situe à cheval entre les deux blocs.
Dimanche également, les partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah ont annoncé avoir signé, avant les élections, un accord très attendu sur les voix excédentaires.
Dans un communiqué conjoint, le chef de Yahadout HaTorah, le député Yaakov Asher, et le dirigeant du parti Shas, le député Aryeh Deri, ont déclaré que cet accord « reflète la poursuite de la coopération entre les deux factions, conformément aux directives des grands rabbins et sages de notre génération ».
Ils ont ajouté que les deux partis « continueraient à coopérer pleinement et à présenter un front uni sur les questions fondamentales concernant la préservation de l’étude de la Torah, le statut des étudiants des yeshivot et le renforcement des établissements d’enseignement religieux ».
Les accords de « votes excédentaires » n’entraînent pas la fusion des partis, qui restent indépendants et doivent chacun franchir le seuil électoral de 3,25 % pour que l’accord prenne effet. Ils permettent toutefois de regrouper les voix restantes lors de l’attribution des derniers sièges à la Knesset, ce qui peut aider l’un des partis à obtenir un mandat supplémentaire. Les partis ont jusqu’au 16 octobre pour soumettre leurs accords.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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