Israël à la 3e place du classement 2025 des meilleures économies – The Economist
Israël gagne trois places dans le classement du magazine britannique, porté par la confiance des investisseurs étrangers et une Bourse à des niveaux records malgré la guerre
Israël a gagné trois places et se classe au troisième rang des économies les plus performantes en 2025 parmi 36 pays, selon le classement annuel établi par The Economist.
Le magazine britannique cite la surperformance du marché boursier israélien ainsi que la solide reprise de l’économie après deux années de guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, conflit qui a pris fin en octobre avec l’instauration d’un cessez-le-feu. Seuls le Portugal, classé premier, et l’Irlande, en deuxième position, devancent Israël.
« Israël a poursuivi sa forte reprise après le chaos de 2023 », souligne The Economist, ajoutant que le pays figure parmi les plus performants en matière de marché boursier local.
« Au cours de l’année écoulée, le cours de l’action de la société cotée la plus valorisée du pays, Bank Leumi, a progressé d’environ 70 % », précise encore le magazine.
Le classement « économie de l’année » établi par The Economist repose sur une note globale fondée sur cinq indicateurs économiques et financiers : l’inflation sous-jacente, l’ampleur de l’inflation, le produit intérieur brut (PIB), l’emploi et la performance du marché boursier.
Israël figure également parmi les marchés boursiers les plus performants en monnaie locale dans le classement 2025, derrière la Slovénie, la République tchèque et la Corée du Sud.
Selon une récente prévision de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’économie israélienne devrait rebondir cette année et enregistrer une croissance de 3,3 %. À titre de comparaison, le PIB mondial devrait progresser d’environ 3 % en 2025, selon les projections publiées par The Economist.
En 2024, l’économie israélienne n’avait progressé que de 1 %, les guerres contre le Hamas à Gaza et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah – soutenus tous deux par la République islamique d’Iran – au Liban ayant fait exploser les dépenses publiques militaires et civiles, pesant sur les exportations et les investissements.
Par ailleurs, le taux d’inflation annuel d’Israël s’est maintenu ces derniers mois dans la fourchette cible fixée par le gouvernement, comprise entre 1 % et 3 %, ralentissant à 2,4 % en novembre.
La résilience économique d’Israël a contribué à porter les indices boursiers de Tel Aviv à des niveaux records cette année, malgré des conflits sur plusieurs fronts, surpassant les principaux indices mondiaux. Le shekel s’est également renforcé face au dollar et à l’euro, en dépit d’une économie mise sous pression par l’explosion des coûts de la guerre et l’alourdissement de la dette publique.
En 2024 déjà, la Bourse de Tel Aviv (TASE) avait été le marché boursier connaissant la plus forte croissance au monde, après avoir subi une chute brutale à la suite du pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
Les principaux indices boursiers israéliens ont poursuivi leur ascension en 2025, l’indice de référence TA-125 enregistrant une hausse de 49 %, tandis que l’indice TA-35 des grandes capitalisations bondissait de plus de 50 %.
La performance des indices boursiers israéliens, considérés comme un baromètre de la santé économique du pays, a également attiré de nouveaux flux d’investissements étrangers vers le marché local, selon un rapport de la Bourse de Tel Aviv publié lundi.
Les investisseurs étrangers ont recommencé à affluer vers les marchés israéliens à partir de la mi-2024, après une vague de ventes au début de la guerre en 2023 et alors que les combats s’intensifiaient au cours des six premiers mois de l’année suivante, a expliqué Yuval Tsuk, économiste à l’unité de recherche de la Bourse de Tel Aviv.
En septembre 2025, la valeur des participations des institutions financières étrangères dans les actions cotées à Tel Aviv, à l’exclusion des titres également cotés à l’étranger, a atteint un niveau record de 19,2 milliards de dollars, soit plus du double du niveau observé avant le déclenchement de la guerre, selon les données de la Bourse de Tel Aviv. Sur les neuf premiers mois de l’année, les investisseurs étrangers ont injecté 2,4 milliards de dollars dans le marché financier local, dont 80 % provenaient d’Amérique du Nord et le reste d’Europe.
Dans le rapport de la Bourse de Tel Aviv, Tsuk souligne que l’évolution positive de la situation sécuritaire en Israël a entraîné un afflux régulier de milliards de shekels d’investissements étrangers au cours de l’année écoulée, notamment vers des produits financiers indexés sur les principaux indices boursiers locaux.
L’optimisme des investisseurs, nourri par les frappes ciblées menées l’an dernier qui ont éliminé la majorité des dirigeants du Hezbollah, dont son chef Hassan Nasrallah, et réaffirmé la supériorité militaire d’Israël, a été renforcé par la campagne menée par Israël contre l’Iran en juin.
Les succès militaires d’Israël contre le programme nucléaire iranien, associés à l’affaiblissement des mandataires de l’Iran au Liban, en Syrie et à Gaza, ont réduit la perception des risques pesant sur la sécurité et l’économie du pays, selon le rapport.
Enfin, la résilience de l’économie israélienne, associée aux solides performances des entreprises de distribution et des banques, a également renforcé l’attractivité du marché des capitaux local, a ajouté Tsuk.
Dans l’ensemble, les investisseurs institutionnels étrangers représentent environ 10 % de la valeur des participations du public dans les actions composant l’indice TA-125 et environ 11 % dans l’indice TA-35.
Les valeurs du secteur financier, notamment celles des cinq plus grandes banques et compagnies d’assurance du pays, ont concentré l’essentiel de l’intérêt des investisseurs étrangers, représentant environ 70 % de leurs participations totales à la fin septembre. Les actions des sociétés immobilières israéliennes, dont Azrieli et Melisron, comptaient pour environ 12 % de ces participations.