L’OCDE prévoit une reprise économique en Israël après le cessez-le-feu – avec toutefois des risques
Après l'explosion des dépenses militaires et civiles, la croissance sera tirée par les exportations et la demande privée, selon l'organisation, qui s'inquiète toutefois des politiques budgétaires et fiscales
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit une reprise de l’économie israélienne en 2025 et se montre plus optimiste que les projections locales en ce qui concerne le rythme de la croissance – mettant toutefois en garde contre des perspectives qui restent vulnérables, susceptibles d’être touchées par une reprise des hostilités. L’OCDE a également ajouté que ces perspectives dépendaient également d’une politique budgétaire responsable.
Dans un rapport qui a été diffusé mardi, l’OCDE a noté qu’elle prévoyait une reprise de la croissance au lendemain du retour des otages et de la conclusion de l’accord de cessez-le-feu qui a été signé au mois d’octobre et qui a mis fin à deux ans de combats avec le groupe terroriste du Hamas à Gaza.
L’OCDE anticipe une croissance de l’économie du pays de 3,3 % en 2025 et de 4,9 % en 2026 – un rythme supérieur aux prévisions de croissance moyenne de l’organisation, dont le siège est à Paris, pour l’économie mondiale, qui sont de 3,2 % en 2025 et de 2,9 % en 2026. La Banque d’Israël prévoit une croissance plus lente de l’économie locale, à 2,5 % en 2025 et 4,7 % en 2026. Le ministère des Finances a parié, de son côté, sur une croissance de 2,8 % en 2025.
« Le secteur privé sera le moteur de l’expansion économique au fur et à mesure que les dépenses militaires diminueront », indique l’OCDE dans son rapport. « Les investissements seront importants compte-tenu du retard qui s’est accumulé pendant la guerre, et l’amélioration de la confiance des ménages dans un contexte plus pacifique viendra soutenir la consommation privée ».
Les guerres menées par l’État juif contre le Hamas et contre le groupe terroriste du Hezbollah, soutenu par l’Iran, au Liban ont fait exploser les dépenses publiques consacrées aux besoins militaires et civils et elles ont eu des conséquences négatives sur les exportations et les investissements du pays. L’économie israélienne a connu une croissance d’environ 1 % en 2024, contre 1,8 % en 2023 et 6,3 % en 2022, avant le début des combats – un conflit qui a été déclenché par le pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
La première phase de l’accord avec le Hamas, qui a été négocié par les États-Unis et qui est entré en vigueur le 10 octobre, touche à son terme, deux corps sans vie d’otages n’ayant pas encore été restitués. La phase suivante du plan n’a pas encore été finalisée.
Le reste du plan soutenu par les États-Unis, qui n’a pas encore été formellement approuvé, prévoit le retrait des soldats israéliens de l’enclave, le désarmement du Hamas et la prise de contrôle, dans la bande, d’une instance qui fera office de gouvernement transitoire et d’une force multinationale de maintien de la paix.
Ces dernières semaines, Israël a également intensifié ses frappes contre le Hezbollah, accusant le groupe terroriste de violer le cessez-le-feu qui est en vigueur depuis un an et de tenter de reconstruire ses capacités.
« Du côté négatif, la reprise des hostilités creuserait le déficit budgétaire et nuirait à la demande privée », estime l’OCDE. « Du côté positif, la conclusion d’un accord de paix allant au-delà du cessez-le-feu pourrait fortement stimuler la croissance, en particulier en 2027, surtout si de nouveaux accords commerciaux devaient être signés avec les grands pays du Moyen-Orient ».
L’organisation souligne que, dans le sillage du cessez-le-feu, l’amélioration des conditions nécessaires au commerce international permettra aux exportations de regagner une partie des parts de marché qui ont été perdues pendant la guerre.
« Le cessez-le-feu a des répercussions économiques importantes, avec notamment une baisse de la prime de risque », note l’OCDE. « Le commerce international bénéficiera de meilleures conditions géopolitiques et de la spécialisation industrielle d’Israël ».
« Le cessez-le-feu devrait éliminer une source de réticence à l’idée de faire des affaires avec Israël », a ajouté l’organisation.
Au moment où Israël était enlisé dans la plus longue guerre de son Histoire, de nombreux gouvernements européens avaient annulé des contrats d’armement avec de grandes entreprises du secteur israélien de la Défense israéliens, notamment Elbit Systems et Rafael Advanced Defense Systems, tout en essayant d’imposer des sanctions à Jérusalem en raison de la guerre. Un contexte qui avait compliqué l’obtention du soutien des investisseurs étrangers pour les start-ups et pour les entreprises technologiques du pays.
« Le cessez-le-feu permet également le retour progressif des réservistes à leur emploi civil, ce qui atténue la pénurie de main-d’œuvre », fait remarquer l’OCDE. « De plus, une meilleure situation géopolitique facilite l’attraction de travailleurs étrangers ».
L’OCDE exhorte le gouvernement à réorienter ses dépenses et à limiter « les transferts aux étudiants religieux, ce qui les décourage de prendre part au marché du travail, tout en accordant la priorité aux dépenses d’infrastructure et d’éducation ».
Pour augmenter les recettes de l’État, le gouvernement doit mettre en œuvre des mesures telles que l’augmentation des taux de la taxe carbone, la suppression des exonérations de TVA, la mise en place d’une taxe kilométrique ainsi que la taxation des terrains inutilisés, des boissons sucrées et des articles en plastique à usage unique, recommande l’organisation.
« La croissance du secteur privé bénéficierait grandement de l’accélération des initiatives qui visent à libérer le dynamisme des entreprises, en commençant par réduire les formalités administratives liées à la création d’entreprises, par réduire les barrières à l’entrée pour les professionnels et les importateurs, et par rationaliser les procédures d’octroi de permis de construire », déclare l’OCDE.
L’organisation prévoit que le déficit du pays atteindra 5,4 % du PIB avant de se réduire à 4,1 % en 2026 et à 2,7 % en 2027, grâce à l’amélioration de la situation géopolitique, à la réduction des dépenses de défense et à la modération des dépenses non liées à la Défense.
la Communauté du Times of Israël !







