JD Vance : réduire l’immigration, le meilleur moyen de lutter contre l’antisémitisme

Selon le vice-président, le multiculturalisme a attiré aux États-Unis des personnes nourrissant des 'griefs ethniques' ; il souligne une différence entre 'ne pas aimer Israël' et l'antisémitisme

Le vice-président américain JD Vance montant sur scène sous les applaudissements lors d'une visite à Fort Campbell, dans le Kentucky, le 26 novembre 2025. (Crédit : John Amis/AP)

JTA — Sous le feu des critiques face à l’antisémitisme qui sévit au sein du parti républicain, le vice-président américain JD Vance a écrit lundi que « la mesure la plus importante que l’on puisse prendre pour éliminer l’antisémitisme » consiste à réduire l’immigration aux États-Unis.

Vance a également exposé son point de vue sur les critiques à l’égard d’Israël sur le réseau social X : « Je dirais qu’il y a une différence entre ne pas aimer Israël (ou être en désaccord avec une politique israélienne donnée) et l’antisémitisme. »

Il répondait à un journaliste qui avait partagé un essai de l’éditorialiste juif Yaïr Rosenberg exprimant son inquiétude face à l’antisémitisme chez les jeunes Américains.

Rosenberg avait écrit dans The Atlantic que « les recherches suggèrent collectivement que les États-Unis deviennent plus antisémites parce que leurs jeunes deviennent plus antisémites ».

Cette conclusion va à l’encontre de la croyance populaire selon laquelle les préjugés seraient l’apanage des personnes âgées et disparaîtraient avec elles.

Cette citation a poussé Vance à répondre par une série de commentaires qui constituent parmi ses déclarations les plus directes et les plus détaillées sur le sujet depuis que la fracture interne du parti républicain sur la question de l’antisémitisme a été révélée au grand jour à la suite de l’assassinat, en septembre, de Charlie Kirk, figure emblématique du conservatisme.


Depuis lors, certains membres du parti ont plaidé en faveur d’une lutte contre les sentiments antisémites qui semblent de plus en plus répandus parmi les jeunes républicains influencés en ligne par des personnalités telles que le négationniste Nick Fuentes.

Cependant, tout en affirmant s’opposer à l’antisémitisme, Vance n’a pas tenu compte de ces appels, rejetant les accusations d’antisémitisme croissant au sein du parti républicain et minimisant les propos antisémites tenus par de jeunes républicains, qu’il a qualifiés d’immaturité.

Aujourd’hui, il affirme que ceux qui s’inquiètent de la montée de l’antisémitisme d’extrême droite aux États-Unis font fausse route.

« Le journalisme traditionnel est tout simplement profondément inintéressant et médiocre, consumé par ses propres convictions pieuses. Écrire un article sur le ‘fossé générationnel’ dans l’antisémitisme sans aborder la démographie des différentes générations est ahurissant », a écrit Vance.

Son message suivant était une citation qui semblait vouloir exprimer de manière rhétorique ce qu’il considère comme une vision erronée : « Nous avons importé beaucoup de personnes qui avaient des griefs ethniques que les générations précédentes n’avaient pas. Nous avons célébré cela comme le fruit du multiculturalisme. Aujourd’hui, nous sommes très surpris que les personnes que nous avons importées avec leurs griefs ethniques aient toujours ces griefs ethniques. »

Vance a ensuite partagé sa conclusion. « La chose la plus importante que vous puissiez faire pour éliminer l’antisémitisme et toute autre forme de haine ethnique est de soutenir nos efforts visant à réduire l’immigration et à promouvoir l’assimilation », a-t-il écrit, faisant référence aux politiques de l’administration du président américain Donald Trump visant à réduire l’immigration.

« Mais ces gens-là ne le feront pas, car ils manquent tous de curiosité et d’introspection. »

Enfin, Vance a cité un chercheur qui a déclaré que ses recherches avaient révélé un sentiment antisémite plus élevé chez les résidents américains nés à l’étranger et chez les Américains dont les parents étaient immigrés.

« Comme je l’ai souligné dans mon article sur ce sujet, l’origine étrangère est un bien meilleur indicateur de l’antisémitisme que l’idéologie ou l’âge », a écrit Charles Fain Lehman, chercheur au Manhattan Institute, un groupe de réflexion conservateur.

Au début du mois, le Manhattan Institute a publié un rapport révélant que si la plupart des républicains rejettent l’antisémitisme, 17 % d’entre eux répondent à la définition de « républicains anti-juifs » établie par les chercheurs en raison de leurs opinions.

Le rapport décrit des niveaux plus élevés de sentiments antisémites chez les républicains de moins de 50 ans et chez les « nouveaux venus » au sein du parti républicain, c’est-à-dire ceux qui ont voté pour la première fois pour les républicains lors d’élections nationales.

« Les républicains antisémites sont généralement plus jeunes, majoritairement masculins, plus susceptibles d’avoir fait des études supérieures et nettement plus susceptibles d’être de nouveaux adhérents au parti républicain », indique le rapport.

Les journalistes Yaïr Rosenberg (magazine Tablet) et Jonathan Weisman (rédacteur en chef adjoint du New York Times à Washington) discutant des discours de haine sur les réseaux sociaux avec Brittan Heller (directrice du département Technologie et société de l’Anti-Defamation League) et Merrill Brown (fondateur de MSNBC.com). (Crédit : Anti-Defamation League)

Les sondages montrent que le sentiment anti-Israël gagne également du terrain parmi les jeunes républicains, fracturant ainsi le consensus au sein d’un parti qui s’est récemment félicité de son soutien indéfectible à Israël.

Le tweet de Vance, dans lequel il affirme ne pas nécessairement considérer le sentiment anti-Israël comme de l’antisémitisme, constitue sa déclaration la plus claire à ce jour sur sa tolérance à l’égard de cette opinion, alors qu’il est considéré comme un candidat potentiel à la présidence américaine en 2028.

Ces déclarations interviennent dans un contexte où l’administration Trump mène une politique hostile envers les immigrants, réprimant sévèrement ceux qui se trouvent illégalement sur le territoire et cherchant à bloquer totalement l’immigration en provenance de certains pays, notamment l’Iran, le Yémen, la Syrie et la « Palestine », où les convictions antisémites sont inculquées dès le plus jeune âge.

Les groupes juifs américains ont toujours soutenu les positions pro-immigration, en partie en raison de l’histoire commune des familles juives en tant que classe immigrée, mais ces opinions sont en train de changer.

La Société d’aide aux immigrants juifs (HIAS) a fermement condamné le traitement réservé aux immigrants et aux réfugiés par l’administration Trump.

L’administration Trump a également déclaré qu’elle examinerait les antécédents des touristes et des demandeurs de visa sur leurs réseaux sociaux afin de détecter tout signe d’antisémitisme, et a cherché à expulser les immigrants jugés antisémites, notamment en raison de leur participation à des manifestations anti-Israël.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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