Jérusalem : Un policier interpelle brutalement un chauffeur de bus arabe – vidéo

L’agent affirme que le conducteur a franchi un carrefour encombré et refusé de s’identifier, tandis que des passagers dénoncent son comportement

Capture d’écran d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un policier immobilise au sol un chauffeur de bus arabe sur un trottoir de Jérusalem, le 22 octobre 2026. (Crédit : Ahmad Tibi/X)

Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux a suscité des réactions après qu’un policier a été filmé à Jérusalem, assis sur un chauffeur de bus arabe plaqué au sol sur un trottoir, en train de le menotter.

L’agent l’avait interpellé pour une infraction présumée au Code de la route et un refus de présenter ses papiers d’identité.

Sur les images, on entend le conducteur supplier le policier d’arrêter et, dans une autre séquence, lui dire « Je suis malade. »

Ce à quoi le policier lui rétorque « Moi aussi, je suis malade ».

Des passagers ont précisé au policier que le chauffeur n’avait rien fait de mal et lui ont reproché son comportement. L’agent ne leur a prêté aucune attention et a consulté un ordinateur de la police pour vérifier l’identité du conducteur.

À la suite de la diffusion de la vidéo, la police a expliqué dans un communiqué que l’agent avait interpellé le conducteur mercredi après que celui-ci « s’était engagé dans un carrefour qui n’était pas dégagé », puis « avait refusé à plusieurs reprises de se conformer aux demandes de l’agent de s’identifier » et de présenter son permis de conduire.

Le conducteur a été relâché après vérification de son identité et établissement d’une contravention, a précisé la police.

Ahmad Tibi, député arabe de longue date et numéro deux sur la liste de la Liste arabe unie pour les élections à la Knesset de mardi, a partagé la vidéo sur X, dénonçant le comportement du policier « Il n’y a pas que les voyous de rue qui tabassent les chauffeurs de bus arabes, il y a aussi la police. »

Cet été et l’an dernier ont été marqués par une vague d’agressions contre des conducteurs de bus arabes perpétrées par des jeunes juifs ultra-nationalistes, dont beaucoup ont eu lieu à Jérusalem et dans ses environs.

Le groupe syndical Koach LaOvdim avait déclaré en août dans un communiqué : « Si nous n’agissons pas, les agressions contre les agents des transports publics ne cesseront pas tant qu’un conducteur ou un contrôleur n’aura pas payé de sa vie. »

En février, le groupe avait indiqué que les agressions contre les conducteurs de bus avaient augmenté de 30 % en 2025 par rapport à 2024. Rien qu’à Jérusalem, Koach LaOvdim avait recensé une centaine de cas d’agressions physiques au cours desquelles un conducteur a dû être transporté à l’hôpital.

Itay Cohen, qui dirige la branche « transports » du groupe, avait exigé le renforcement de la protection policière des agents des transports en commun, la mise en place d’une barrière physique totale entre les conducteurs et leurs passagers, ainsi que la reconnaissance des conducteurs de bus en tant que fonctionnaires, dont l’agression constitue un délit particulièrement grave aux yeux de la loi.

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