Les chauffeurs de bus arabes confrontés à une recrudescence d’attaques racistes
La ministre des Transports, annonçant un programme pilote de sécurité, déclare que la violence a franchi la "ligne rouge" ; les chauffeurs sont agressés depuis des années
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Les chauffeurs de bus arabes en Israël affirment que les violences à leur encontre se sont amplifiées depuis le début de la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, déclenchée par le pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023, et qu’elles se sont poursuivies malgré le cessez-le-feu, accusant l’État d’inaction.
Le problème touche principalement les Palestiniens de Jérusalem-Est et la minorité arabe d’Israël, dont sont issus la plupart des conducteurs de bus dans certaines localités, comme Haïfa, la grande ville du nord du pays.
La ministre des Transports, Miri Regev, a récemment convenu que les violences dans les transports « franchissaient une ligne rouge ».
Aucun chiffre officiel ne recense ces agressions. Cependant, selon le syndicat Koach LaOvdim (« Le pouvoir aux travailleurs »), qui représente environ 5 000 des quelque 20 000 chauffeurs de bus, ces agressions ont augmenté de 30 % en 2025 par rapport à l’année précédente.
À Jérusalem, Koach LaOvdim a recensé 100 cas d’agressions physiques ayant blessé un chauffeur, tandis que les agressions verbales sont trop nombreuses pour être comptabilisées, selon le syndicat.
Des chauffeurs ont déclaré à l’AFP que les agressions se produisaient souvent en marge de matchs de football.
Fin 2025, la situation s’est tellement détériorée que l’ONG mixte Standing Together a organisé une « présence protectrice » à bord, une technique généralement utilisée pour dissuader les violences d’extrémistes juifs contre les Palestiniens en Cisjordanie.
« Nous constatons que cela dégénère parfois jusqu’à briser des vitres ou blesser les conducteurs », relève Elyashiv Newman.
Avec lui, une poignée d’autres militants montent dans des bus près du stade Teddy de Jérusalem un soir de février afin de documenter les violences et intervenir si nécessaire.
Aux abords du stade, une journaliste de l’AFP a vu de jeunes supporters donner des coups de pied et crier en direction d’un bus.
Un conducteur, qui a souhaité garder l’anonymat, accuse le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, d’attiser la violence.
« Nous n’avons personne pour nous soutenir, si ce n’est Dieu », lance-t-il.
« Ce qui nous fait le plus mal, ce n’est pas seulement le racisme, mais aussi la manière dont la police gère cette affaire », témoigne Mohamed Hresh, un chauffeur de 39 ans et responsable de Koach LaOvdim.
Il dénonce le peu d’arrestations, malgré la présence de preuves vidéo d’agressions, et le fait que la grande majorité des dossiers sont classés sans inculpation.
La minorité arabe israélienne (moins de 20 % de la population) dénonce régulièrement des discriminations.
La police n’a pas répondu aux demandes de commentaire de l’AFP.
Début février, le ministère des Transports a lancé une unité pilote de sécurité dans les bus de plusieurs villes, dont Jérusalem, où des équipes motorisées d’intervention rapide travailleront en coordination avec la police.
Micha Vaknin, 50 ans, conducteur juif et autre dirigeant de Koach LaOvdim, a salué cette mesure. Pour lui comme pour Mohamed Hresh, la solidarité entre Juifs et Arabes est cruciale.
« Nous devons rester unis, ne pas nous laisser déchirer », dit-il.
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