Juste après la visite de Netanyahu, Londres dénonce la loi de Régulation
La loi qui légalise les avant-postes de Cisjordanie “nuit à l’image d’Israël auprès de ses partenaires internationaux”
Quelques heures après le départ de Londres du Premier ministre Benjamin Netanyahu, le gouvernement britannique a dénoncé mardi l’adoption d’une loi permettant à Israël de saisir des terrains palestiniens privés, affirmant que cela nuit à l’image d’Israël auprès de ses alliés.
La condamnation a eu lieu au lendemain de la première visite de Netanyahu à son homologue britannique Theresa May, pendant laquelle le Premier ministre a refusé de soutenir pleinement la reconnaissance par la dirigeante britannique de la solution à deux états comme meilleur moyen de conclure un accord de paix.
« En tant qu’ami de longue date d’Israël, je condamne l’adoption de la loi de Régulation par la Knesset, qui nuit à l’image d’Israël auprès de ses partenaires internationaux », a déclaré dans un communiqué Tobias Ellwood, secrétaire d’Etat britannique chargé du Moyen Orient. « C’est une grande inquiétude que la loi ouvre la voie à une croissance importante des colonies enfoncées en Cisjordanie, menaçant ainsi la viabilité de la solution à deux états. »
Ellwood a conclu son communiqué en rappelant le soutien du Royaume-Uni à la solution à deux états, « menant à un Israël sûr protégé du terrorisme, et à un état palestinien continu, viable et souverain. »
La Knesset a adopté lundi le controversé projet de loi de régulation par 60 voix contre 52.
La loi légalise de manière rétroactive un peu moins de 4 000 logements construits par des Israéliens sur des terrains palestiniens privés en Cisjordanie, mais sera probablement annulée par la Haute cour de Justice.
Netanyahu, qui a rencontré lundi May et le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, n’a pas pris part au vote car il était toujours dans l’avion à ce moment-là. Cependant, il a déclaré depuis Londres qu’il soutenait la loi après en avoir parlé avec des responsables de l’administration américaine.
Le Royaume-Uni a été le premier allié occidental majeur à condamner la loi. La Maison Blanche a déclaré lundi soir que le président Donald Trump discuterait du sujet avec Netanyahu pendant sa visite à Washington la semaine prochaine.
La Turquie a affirmé mardi que la loi était « inacceptable », déclarant dans un communiqué qu’elle « détruisait » les perspectives d’une solution à deux états.
Lundi également, May avait dit à Netanyahu que le Royaume-Uni continuait à penser que la solution à deux états était « le meilleur moyen d’apporter paix et stabilité à la région ». Elle a répété l’opposition de son gouvernement à l’activité d’implantation, selon son porte-parole.
Pendant leur rencontre au 10 Downing Street, May a également dit à son invité israélien que la loi de Régulation n’aidait pas et rendait plus difficile pour les amis d’Israël de défendre le pays sur la scène internationale, a annoncé le quotidien Haaretz.
Netanyahu, pendant sa déclaration avant la rencontre, a déclaré qu’il partageait le désir de paix de la Grande-Bretagne, et qu’Israël « n’abandonnera jamais sa quête de paix avec tous nos voisins ».
Pendant un point presse avec les journalistes israéliens qui a suivi la rencontre, Netanyahu a déclaré que May avait abordé le sujet de la construction dans les implantations, mais n’avait pas été au-delà des discussions habituelles sur le sujet, malgré le pic d’annonces israéliennes de nouvelles constructions depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche.
« Elle a abordé le sujet et j’ai exprimé la position, connue, de mon gouvernement. Le sujet est venu dans notre conversation, à un niveau habituel, mais pas plus », a déclaré Netanyahu.
Il a ajouté avoir dit à May que « les implantations ne sont pas le cœur du conflit israélo-palestinien et ne sont pas un obstacle à la paix » et ne font que détourner l’attention de la vraie raison pour laquelle un accord de paix n’a toujours pas été conclu : le refus constant des Palestiniens de reconnaître Israël comme l’état nation du peuple juif.
Le Premier ministre a ajouté qu’il avait exposé ses positions sur la question d’un état palestinien, affirmant qu’il n’avait pas changé d’avis et que tout accord de paix devrait être conditionné à la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif et à une présence sécuritaire israélienne entre la Ligne verte et le Jourdain.
Même si Netanyahu n’a pas explicitement déclaré son soutien à la solution à deux états, il a déclaré que sa position n’avait pas changé.
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