Katz approuve la nomination d’Itai Ofir au poste de procureur général militaire

Tally Gotliv a traité le chef de la police « d'idiot » pour avoir vraisemblablement refusé de remettre des preuves sur les fuites concernant Sde Teiman à la personne choisie par le ministre de la Justice pour mener l'enquête

Maître Itai Ofir. (Crédit: Elad Malka/ministère de la Défense)

Itai Ofir deviendra procureur général militaire à la fin du mois, après que le ministre de la Défense, Israel Katz, a ratifié sa nomination dimanche. Il succédera à la générale de division Yifat Tomer-Yerushalmi, qui a démissionné et admis avoir autorisé la fuite d’une vidéo montrant des sévices infligés à des détenus palestiniens dans la prison de Sde Teiman.

Ofir sera promu au grade de major général avant d’entrer en fonction le 24 novembre, a annoncé lundi le bureau de Katz, alors que des informations indiquaient que le Premier ministre Benjamin Netanyahu était choqué et irrité par la nomination d’Ofir et ne s’attendait pas à ce que le ministre de la Défense la ratifie.

La chaîne d’information N12 avait précédemment rapporté que le fils de Netanyahu, Yair, avait invoqué plusieurs griefs contre Ofir et souhaitait que cette nomination soit annulée.

Ofir est un avocat qui a occupé le poste de conseiller juridique du ministère de la Défense entre 2017 et 2024. Auparavant, il a travaillé comme avocat dans le secteur privé en Israël et aux États-Unis.

Dans l’armée, Ofir était officier de combat dans la brigade Givati et, dans la réserve, il a servi dans la brigade Negev.

Cela signifie qu’Ofir sera promu de cinq grades, passant de capitaine à général de division. De telles promotions sont rares, mais pas sans précédent dans l’armée israélienne.

L’ancienne avocate générale de l’armée israélienne, Yifat Tomer-Yerushalmi, est libérée et assignée à résidence, à l’extérieur de la prison pour femmes de Neve Tirtza, à Ramla, le 7 novembre 2025. (Crédit : Flash90)

« Idiot » : Gotliv s’en prend au chef de la police au sujet de l’enquête

Par ailleurs, les législateurs de la coalition ont fait pression sur la police pour qu’elle autorise Asher Kula, le médiateur de l’État pour les juges, à superviser l’enquête sur Tomer-Yerushalmi.

Kula a été choisi la semaine dernière par le ministre de la Justice Yariv Levin dans le but d’écarter la procureure générale Gali Baharav-Miara de l’enquête. Le ministre du Likud affirme qu’elle est compromise, après qu’une enquête interne précédente qu’elle a supervisée n’a pas réussi à impliquer Tomer-Yerushalmi dans la fuite.

Lundi, la députée du Likud Tally Gotliv a qualifié le chef de la police israélienne Danny Levy « d’idiot » pour avoir refusé de remettre à Kula les éléments d’enquête concernant la fuite de la vidéo, dans l’attente d’une décision de la Haute Cour de justice sur sa nomination.

« Il n’y a pas de crise constitutionnelle ici, ni même quoi que ce soit qui s’en rapproche. Nous avons simplement un chef de police idiot », a-t-elle déclaré à Radio Kol Barama, se demandant pourquoi le haut responsable des forces de l’ordre ne convoquait pas Baharav-Miara pour l’interroger sur cette affaire.

Gotliv semblait faire référence à un commentaire fait vendredi par une source haut placée des forces de l’ordre aux médias israéliens, selon lequel les agents avaient contrecarré une tentative du gouvernement de « bafouer la démocratie » en remettant des preuves à Kula sans l’accord de la Haute Cour.

Le bureau du procureur général militaire « s’est transformé en une organisation criminelle qui utilise les méthodes d’une organisation criminelle », a déclaré le député du Likud Moshe Saada au Times of Israel, faisant écho aux propos tenus quelques instants auparavant devant la commission de la Constitution, de la Loi et de la Justice.

Tout le monde, « y compris le bureau du procureur, a maintenu un lien de silence, et il n’y avait aucun homme juste à Sodome pour dire : ‘Mes amis, il y a ici un conflit d’intérêts, et ce système doit donc être corrigé’ », a-t-il affirmé.

La députée du Likud Tally Gotliv arrive à une audience devant la Cour suprême à Jérusalem, le 10 novembre 2025. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Baharav-Miara, que le gouvernement cherche à évincer, a fait valoir la semaine dernière que Levin n’avait pas le pouvoir de nommer quelqu’un à sa place. La Haute Cour devrait rendre mardi matin une décision sur la personne qui supervisera l’enquête.

De nombreux législateurs de droite ont accusé Baharav-Miara, sans preuve, d’avoir aidé à dissimuler la fuite de la vidéo de Sde Teiman. Cinq soldats accusés des abus présumés dans la vidéo ont été inculpés, mais pas encore condamnés, pour blessures graves et voies de fait graves.

Dans l’intervalle, la police mène l’enquête de manière indépendante, mais le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a rencontré dimanche le chef de la police et Boaz Blatt, le chef de la division des enquêtes et des renseignements de la police, pour leur demander d’associer Kula à l’enquête.

Avant la réunion, Kula a approché Blatt et lui a demandé de lui remettre les documents de l’enquête, mais le haut responsable a refusé, selon un article publié dimanche par Ynet. Blatt a informé Levy de la demande de Kula, et le chef de la police a doublé la mise, ordonnant aux agents de ne partager les documents avec personne jusqu’à ce que le tribunal se prononce sur la question.

Kula a semblé faire marche arrière après la réunion entre Ben Gvir, Levy et Blatt, et a annoncé qu’il s’abstiendrait d’agir dans le cadre de l’enquête jusqu’à ce qu’une décision soit rendue.

Ben Gvir, qui a choisi Levy comme chef de la police l’année dernière, s’était déjà opposé à lui lorsque celui-ci s’était engagé publiquement à obéir à la Cour suprême, que le gouvernement cherche à affaiblir par le biais de son programme de refonte judiciaire.

Le juge Asher Kula, au tribunal de Nazareth, le 7 juin 2022. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Par ailleurs, le chef de la police a confirmé dimanche soir que l’hospitalisation de Tomer-Yerushalmi faisait suite à une tentative de suicide.

« Sa vie n’est pas rose », a déclaré Levy à propos de la procureure. Selon des informations précédentes, Tomer-Yerushalmi aurait avalé une vingtaine de somnifères.

« Si elle a commis cette infraction, cela affecte l’image de l’armée et le comportement des soldats. Nous envoyons nos enfants dans une organisation où ils doivent être sûrs que personne ne divulgue d’informations, et c’est pourquoi nous menons cette enquête », a-t-il ajouté.

A la tribune de la Knesset, Netanyahu a qualifié la fuite de la vidéo de « terrible diffamation ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprimant lors d’une réunion du cabinet, le 2 novembre 2025. (Crédit : Capture d’écran/ GPO)

Il affirme que cela a causé « un préjudice indescriptible à Israël et à l’armée israélienne ».

Il a précisé que la vidéo a été visionnée plus de 100 millions de fois dans le monde entier et a donné lieu à des allégations selon lesquelles Israël gérerait des camps de concentration et à des comparaisons entre les soldats israéliens et les nazis.

« Des questions difficiles sont soulevées », a-t-dit, « des questions très difficiles ».
« Ceux qui sont chargés de découvrir la vérité ont utilisé leur pouvoir pour pervertir la vérité », a-t-il accusé, affirmant qu’ils ont donné des munitions aux pires ennemis d’Israël.

Il a affirmé que la vidéo a été « montée » et suggère que cela a été fait pour en déformer le contenu.

À ce jour, aucune preuve crédible n’a été apportée quant à la non-authenticité de la vidéo, et plusieurs soldats ont été inculpés pour maltraitance dans cette affaire.

Netanyahu a demandé l’ouverture d’une enquête sur l’affaire Sde Teiman. « La question n’est pas seulement de savoir ce qu’il faut enquêter, ni seulement qui doit faire l’objet de l’enquête, la question cruciale est de savoir qui enquête sur la vérité », a-t-il déclaré.

L’enquête sur la fuite concernant Sde Teiman est devenue le dernier front dans l’offensive menée par le gouvernement contre le pouvoir judiciaire, après que Baharav-Miara a ordonné la réouverture de l’enquête à la fin du mois dernier en raison de nouvelles informations.

À la suite de la réouverture de l’enquête, Tomer-Yerushalmi a admis avoir été à l’origine de la fuite et a démissionné de son poste de procureur général militaire. Elle a été placée en garde à vue dimanche dernier après avoir disparu pendant plusieurs heures, laissant craindre qu’elle ait mis fin à ses jours.

Les forces de l’ordre n’ont pas réussi à localiser le téléphone de Tomer-Yerushalmi, ce qui les a amenées à soupçonner qu’elle avait simulé une tentative de suicide afin de se débarrasser des preuves numériques. Un nageur civil a trouvé le téléphone par hasard vendredi et l’a remis à la police.

Tomer-Yerushalmi a été libérée et assignée à résidence vendredi après avoir versé une caution, mais elle a été transférée dimanche matin à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv après avoir avalé des somnifères et que les secouristes ont été appelés à son domicile à Ramat Hasharon.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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