L’ex procureure de Tsahal hospitalisée ; la police demande l’application des conditions de résidence surveillée
Les services d'urgence ont été appelés au domicile de Yifat Tomer-Yerushalmi ; la police aurait également cherché à confisquer son passeport, craignant qu'elle ne prenne la fuite
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

La générale de division et ancienne avocate générale de l’armée israélienne Yifat Tomer-Yerushalmi, qui a été placée en résidence surveillée la semaine dernière après avoir été arrêtée pour avoir fait fuiter la vidéo de Sde Teiman, a été hospitalisée ce matin après que les secours ont été appelés à son domicile.
Tomer-Yerushalmi a été libérée vendredi et assignée à résidence pour 10 jours, cinq jours après avoir disparu sur une plage, et une semaine après avoir démissionné de son poste et admis avoir divulgué une vidéo filmée par des caméras de surveillance, semblant montrer des soldats maltraitant gravement un détenu gazaoui au centre de détention de Sde Teiman, dans le sud d’Israël, l’an dernier.
Selon les médias israéliens, Tomer-Yerushalmi était consciente lorsqu’elle a été transférée à l’hôpital depuis son domicile de Ramat Hasharon. Son pronostic vital n’était pas engagé.
L’hôpital Sourasky de Tel Aviv (Ichilov) a confirmé que l’ancienne avocate général de l’armée avait été admise dans ses services, et faisait l’objet d’une évaluation.
Selon le site d’information Ynet, la police s’apprête à demander au tribunal que les conditions régissant l’assignation à résidence de Tomer-Yerushalmi soient également appliquées à l’hôpital, et que son passeport lui soit confisqué, afin de l’empêcher de fuir le pays.
Selon un haut responsable de la police s’exprimant sous couvert d’anonymat, dont les propos ont été cités par Ynet, l’hospitalisation de Tomer-Yerushalmi a suscité des inquiétudes au sein des forces de l’ordre, qui craignent qu’elle ne tente d’entraver l’enquête sur la vidéo divulguée.
Tomer-Yerushalmi est soupçonnée de fraude et d’abus de confiance, d’abus de pouvoir, d’entrave à la justice et de divulgation illégale d’informations dans le cadre de son rôle dans la fuite de la vidéo.
L’ancienne avocate générale militaire a été arrêtée le 2 novembre, après avoir disparu pendant plusieurs heures au large de de la plage de Hatzuk, près de Tel Aviv, une absence qui avait alors conduit la police à craindre qu’elle n’ait mis fin à ses jours.
Les forces de l’ordre ont finalement retrouvé Tomer-Yerushalmi à Herzliya, non loin de là. Mais elles n’ont pas réussi à localiser son téléphone, ce qui les a amenées à suspecter une mise en scène évoquant une tentative de suicide dans le but de se débarrasser des preuves numériques liées à la fuite de la vidéo et à la dissimulation qui l’a suivie.
Les forces de l’ordre, secondées par des bénévoles, ont passé plusieurs jours à inspecter le front de mer de Tel Aviv et l’océan à la recherche du téléphone, dont elles soupçonnaient qu’il contenait des preuves incriminantes. Tomer-Yerushalmi, pour sa part, a continué à nier avoir mis en scène l’incident, insistant sur le fait qu’elle avait réellement eu l’intention de mettre fin à ses jours.
Les recherches sont restées infructueuses jusqu’à vendredi matin, date à laquelle le téléphone a été retrouvé dans la mer, près de la plage Hatzuk, au nord de Tel Aviv, peu avant la libération de Tomer-Yerushalmi et son placement en résidence surveillée.
Samedi soir, les autorités chargées de la cybersécurité ont confirmé qu’il s’agissait bien du téléphone de Tomer-Yerushalmi.
La vidéo filmée par les caméras de surveillance de Sde Teiman a été divulguée à la chaîne N12 en août 2024, quelques jours après que des policiers militaires masqués ont arrêté neuf réservistes de la base soupçonnés d’avoir participé aux mauvais traitements infligés à un prisonnier gazaoui. L’homme souffrait de blessures graves, notamment au rectum.
Tomer-Yerushalmi, qui a démissionné la semaine dernière après avoir avoué qu’elle était à l’origine de la fuite de la vidéo, a déclaré avoir agi ainsi afin de parer aux critiques publiques qui, à leur paroxysme, ont entraîné des foules de droite rendues furieuses par la détention des soldats – et incluant des députés de la coalition – à lancer l’assaut sur Sde Teiman et le tribunal militaire de Beit Lid, où les suspects avaient été emmenés.
Cinq des réservistes ont été inculpés en février. L’issue de leur procès reste toutefois incertaine, des informations ayant révélé, la semaine dernière, que le détenu maltraité avait été relâché à Gaza dans le cadre de l’accord de trêve et d’échange d’otages conclu le 9 octobre entre Israël et le Hamas.
La semaine dernière, Tomer-Yerushalmi a affirmé à la police qu’elle avait dissimulé son identité en tant que source de la fuite, et que personne en dehors de son bureau n’était impliqué dans cette divulgation ni ne savait qu’elle en était à l’origine, a rapporté vendredi la chaîne publique Kan.
la Communauté du Times of Israël !







