La famille du soldat tué par un « tir ami » dit ne pas être en colère
Un ami proche du père du sergent-chef Natan Fitoussi dit que la famille est 'désolée' pour le soldat qui a ouvert le feu par erreur
Les parents du soldat israélien qui a été tué dans un accident de « tir ami » en Cisjordanie lundi soir ne sont pas en colère contre le soldat qui a tué leur fils, a déclaré un ami de la famille aux journalistes, mardi.
Natan Fitoussi, 20 ans, a été abattu par un camarade de la Brigade Kfir lundi soir, après avoir été apparemment mal identifié à son retour à un poste de garde le long de la barrière frontalière de Cisjordanie, près de la ville palestinienne de Tulkarem.
« La famille n’a aucune colère contre le soldat qui a tiré. Non seulement ils ne sont pas en colère contre lui, mais ils ont même de la peine pour lui et je ne doute pas qu’ils souhaiteraient le rencontrer », a déclaré Meir Fitoussi, un ami proche du père du défunt soldat.
« Le père est dentiste. Ils ont trois filles… et Natan était leur seul fils. Ils ont tout laissé en France et sont venus s’installer en Israël », a-t-il dit.
Fitoussi doit être enterré au cimetière militaire de Netanya à 18h45 ce mardi, a indiqué l’armée.
Selon l’enquête préliminaire de l’armée, le soldat qui a tiré a suivi la procédure militaire d’arrestation. Cette procédure consiste à crier au suspect de s’arrêter, à tirer en l’air et à n’utiliser la force mortelle que si le soldat se sent menacé.
Fitoussi a dit à ses camarades du poste de garde, près de Tulkarem, qu’il allait prier et qu’il reviendrait un peu plus tard. Mais lorsqu’il est revenu, son camarade « l’a abattu dans le cadre d’une procédure d’arrestation, qui comprenait des tirs en l’air et vers le bas du corps », a déclaré le porte-parole militaire, Ran Kochav, à la radio publique Kan mardi matin.
Il y avait plusieurs mètres de distance entre les deux hommes lors de la fusillade qui a eu lieu dans la nuit, selon l’enquête initiale. Par deux fois, Fitoussi s’est fait tirer dessus, et on ignore encore pourquoi il a été identifié – à tort – comme une menace.
Kochav a déclaré que le soldat qui a tiré coopérait pleinement avec l’enquête en cours. « Nous allons nous occuper de lui et essayer de comprendre ce qui lui est passé par la tête et pourquoi cette erreur a été commise », a-t-il déclaré.
Le soldat devait subir un interrogatoire de la police militaire plus tard dans la journée de mardi. Selon la radio militaire, Tsahal a chargé un officier d’accompagner le soldat qui a tiré et « d’essayer de l’aider à tenir le coup suite à l’incident ».
Tsahal a d’abord rapporté qu’il s’agissait d’un échange de coups de feu et, selon les médias palestiniens, les troupes se sont lancées à la recherche de tireurs présumés dans la ville palestinienne.
Mais peu après, un responsable militaire a déclaré que l’accident était probablement dû à un « tir ami ». Citant une enquête préliminaire, l’armée israélienne a déclaré que l’incident n’avait pas résulté d’une attaque par balles de Palestiniens.
Fitoussi a été transporté à l’hôpital et a ultérieurement succombé à ses blessures.
Plus tôt cette année, deux officiers de Tsahal appartenant à une unité de commando ont été tués dans un accident de « tir ami » sur une base de la vallée du Jourdain, en Cisjordanie.