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Une bannière qui représente le défunt guide suprême iranien, l'ayatollah Ruhollah Khomeini (à gauche), observant son successeur, le défunt ayatollah Ali Khamenei (au centre), remettre un drapeau de la République islamique d'Iran à son fils et nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei (à droite) déployée sur la place Valiasr, dans le centre de Téhéran, le 10 mars 2026. (Crédit : AFP)
Une bannière qui représente le défunt guide suprême iranien, l'ayatollah Ruhollah Khomeini (à gauche), observant son successeur, le défunt ayatollah Ali Khamenei (au centre), remettre un drapeau de la République islamique d'Iran à son fils et nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei (à droite) déployée sur la place Valiasr, dans le centre de Téhéran, le 10 mars 2026. (Crédit : AFP)
Interview

La guerre visant à empêcher l’Iran d’avoir la bombe nucléaire pourrait l’y conduire, selon un ex-expert de Tsahal

Danny Citrinowicz craint que le régime ne redouble d’efforts en réponse à l’élimination d’Ali Khamenei, dont la politique consistait à maintenir Téhéran au seuil du nucléaire

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a vu sa stratégie nucléaire lui exploser au visage lorsqu’une frappe israélienne l’a éliminé au premier jour de la guerre que Jérusalem a déclenchée, aux côtés des États-Unis, contre la République islamique d’Iran le 28 février.

Pendant des décennies, Khamenei a mené une politique visant à développer la capacité de fabriquer une arme nucléaire sans toutefois franchir le pas.

La stratégie de Khamenei visait à dissuader les attaques américaines et israéliennes, tout en restant fidèle à sa fatwa – interdiction religieuse – d’utiliser des armes nucléaires, prononcée en 2005.

Ce stratagème n’a pas épargné à l’Iran les sanctions américaines paralysantes imposées tant par les administrations démocrates que républicaines, mais jusqu’à la guerre de douze jours de l’an dernier, Téhéran avait évité de payer le prix fort en termes de pertes humaines.

Insensible aux dégâts massifs infligés aux trois principaux sites nucléaires de son pays en juin 2025, Khamenei a ordonné à ses négociateurs de continuer à insister pour que l’Iran conserve le droit d’enrichir de l’uranium lors des pourparlers avec les États-Unis, le mois dernier.

Pour le président américain Donald Trump, un accord avec l’Iran offrait l’occasion de bloquer la voie de Téhéran vers l’arme nucléaire. Mais l’allègement des sanctions que Washington devait accorder en échange aurait renforcé un régime déstabilisateur alors qu’il était au plus bas.

L’envoyé spécial américain Steve Witkoff (au centre) et Jared Kushner s’entretiennent avec le ministre des Affaires étrangères d’Oman Badr Albusaidi (à droite), à Genève, le 26 février 2026. (Crédit : Ministère des Affaires étrangères d’Oman/AFP)

Doutant sérieusement des intentions du régime, Trump a autorisé le lancement de l’Opération « Fureur épique », plutôt que d’envoyer ses principaux conseillers pour un nouveau cycle de négociations.

Ces deux dernières semaines, une campagne de bombardements incessants menée par les États-Unis et Israël a ébranlé les fondements de toute la région. Les pays du Golfe et au-delà ont été la cible d’une grande partie des attaques iraniennes.

Alors que les États-Unis et Israël espèrent que cette guerre privera l’Iran de sa capacité à obtenir une arme nucléaire, voire à l’utiliser, un ancien analyste de l’armée israélienne, spécialiste de l’Iran, estime qu’elle pourrait en fait avoir l’effet inverse.

En effet, les frappes préventives américano-israéliennes ont prouvé l’inefficacité de la stratégie de seuil de Khamenei.

Le régime iranien n’a donc plus que deux options : abandonner complètement son programme nucléaire ou se précipiter vers la bombe.

Danny Citrinowicz, qui a dirigé la branche iranienne de la Division de la recherche et de l’analyse de l’agence de renseignement militaire israélienne, estime qu’un Iran se sentant menacé serait plus enclin à choisir la deuxième option, d’autant que le pays est désormais dirigé par Mojtaba, le fils de Khamenei, déterminé à venger la mort des membres de sa famille, tués avec son père lors de la première frappe contre la République islamique.

Un changement de régime permettrait de résoudre cette crise extrêmement grave, mais bien qu’Israël ait clairement indiqué qu’il s’agissait d’un objectif prioritaire, les États-Unis ont refusé de suivre cette voie. Trump a déclaré qu’il souhaitait choisir le prochain dirigeant iranien et a exhorté le peuple iranien à se soulever contre le régime une fois les bombardements terminés, tout en insistant sur le fait que la guerre prendrait bientôt fin.

« Les chances de renverser le régime sont minces, et en menant une action militaire, on pousse les Iraniens à franchir le Rubicon sur le dossier nucléaire », a déclaré Citrinowicz lors d’une interview accordée la semaine dernière au Times of Israel.

Danny Citrinowicz. (Crédit : Atlantic Council)

« C’est ce que je crains : que cette guerre n’empêche pas l’Iran de se doter de la bombe, mais qu’elle accélère au contraire ses plans en ce sens », a-t-il souligné.

Au cours de cette longue interview, Citrinowicz a expliqué pourquoi l’incompréhension mutuelle entre les deux parties avait condamné les négociations sur le nucléaire à l’échec. Il a également souligné l’importance et la difficulté de récupérer les stocks d’uranium iranien hautement enrichi, maintenant que la guerre est en cours.

L’ancien analyste de Tsahal a mis en garde contre l’hypothèse selon laquelle Trump serait en mesure de déclarer unilatéralement la victoire pour mettre fin au conflit, tout en suggérant que de nouvelles victoires militaires ne se traduiraient pas par une amélioration de la position stratégique d’Israël dans la région.

« Dialogue de sourds »

Citrinowicz a qualifié les négociations de février qui ont précédé la guerre de « dialogue de sourds », Washington étant convaincu que Téhéran capitulerait complètement si la pression était suffisante.

Alors que l’Iran continuait d’insister pour conserver le droit d’enrichir de l’uranium lors des pourparlers, le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, qui jouait le rôle de médiateur, a déclaré que Téhéran avait assuré qu’il avait accepté de ne pas stocker l’uranium qu’il enrichissait.

À LIRE : Cet ex-chef des renseignements israéliens qui a un autre point de vue sur l’Iran

« C’était une avancée importante, car cela signifiait que l’Iran cherchait uniquement à maintenir son projet d’enrichissement pour sauver la face », a soutenu Citrinowicz, qui est actuellement chercheur senior à l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS) basé à Tel Aviv.

« Si l’on voulait empêcher l’Iran de fabriquer une bombe, et c’est bien ce que les Iraniens ont proposé, alors ce type d’accord n’était pas une mauvaise option », a-t-il déclaré, soulignant qu’il aurait également inclus un régime d’inspections, afin que rien ne se résume à faire aveuglément confiance à la République islamique.

« Le problème, c’est qu’un accord empêche les Iraniens de se doter de la bombe, mais renforce le régime, tandis qu’[une frappe militaire] affaiblit le régime, mais renforce sa [détermination] à se doter de la bombe », a expliqué Citrinowicz, laissant entendre que les États-Unis avaient en fait choisi cette dernière option.

Interrogé sur la possibilité de trouver une issue à ce dilemme, le chercheur de l’INSS a reconnu la difficulté d’y parvenir, alors que la confiance entre les deux parties est pour ainsi dire inexistante.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi (à gauche) s’entretenant avec le ministre omanais des Affaires étrangères Badr Albusaidi (à droite), à Genève, le 26 février 2026. (Crédit : Ministère omanais des Affaires étrangères/AFP)

« Du point de vue iranien, ils ont accepté de négocier à deux reprises, et à chaque fois, les États-Unis et Israël ont attaqué. Je ne pense donc pas que le processus de médiation omanaise sera à l’ordre du jour de sitôt », a déclaré Citrinowicz, faisant référence aux pourparlers américano-iraniens de 2025 qui ont précédé la guerre de juin.

La « victoire » passe par la saisie d’uranium hautement enrichi

Citrinowicz a émis l’hypothèse que le Premier ministre Benjamin Netanyahu déclarerait victoire quel que soit le résultat, rappelant sa déclaration, il y a tout juste neuf mois, à l’issue de la guerre de douze jours, selon laquelle les coups infligés aux programmes nucléaires et de missiles de l’Iran « resteraient gravés dans les mémoires pour des générations ».

« Nous comprenons désormais qu’il y a peut-être eu des avancées, mais certainement pas d’ordre stratégique », a noté Citrinowicz.

De la fumée s’élevant du site des frappes aériennes, près de la tour Azadi, dans l’ouest de Téhéran, le 10 mars 2026. (Crédit : Atta Kenare/AFP)

« Si la guerre prend fin demain, nous aurons à nouveau des succès opérationnels à mettre en avant, mais ils seront érodés à l’avenir car ce régime – s’il reste en place, et je suppose que ce sera le cas, malheureusement – reconstruira ses capacités nucléaires », a-t-il ajouté.

Mais même ces succès opérationnels seraient limités, a-t-il averti, s’ils n’incluaient pas la récupération des 440 kilogrammes d’uranium hautement enrichi que l’Iran serait en train de stocker en profondeur sur le site d’Ispahan.

« Si l’objectif de la guerre est d’empêcher l’Iran de fabriquer une bombe et que ces 440 kilogrammes ne sont pas saisis, alors on ne peut certainement pas parler de gains stratégiques », estime Citrinowicz, car Téhéran resterait alors en possession d’uranium ayant déjà subi la majeure partie du traitement nécessaire pour atteindre le niveau requis pour la fabrication d’armes.

Si la guerre vise à empêcher l’Iran de fabriquer une bombe et que ces 440 kilogrammes [d’uranium enrichi] ne sont pas saisis, alors on ne peut certainement pas parler de gains stratégiques

Les États-Unis et Israël disposent d’un avantage militaire indéniable sur l’Iran, mais récupérer cet uranium nécessitera plus qu’une petite équipe de commandos expérimentés.

Une unité massive serait probablement nécessaire pour conquérir la zone entourant le site nucléaire et donner aux soldats américains ou israéliens le temps d’atteindre le stock enfoui profondément sous terre et de charger les cylindres d’acier sur un camion. Les troupes auraient du mal à prendre les Iraniens au dépourvu, car Téhéran sait combien l’uranium hautement enrichi est une cible.

Si Netanyahu affirme qu’Israël sait où se trouve ce matériau, certains rapportent que l’Iran l’aurait dispersé en plusieurs endroits.

Récupérer l’uranium enrichi retarderait certes la construction d’une arme nucléaire par l’Iran, mais Téhéran disposerait toujours d’uranium enrichi à des niveaux plus faibles, du savoir-faire pour l’enrichir davantage et d’une motivation potentielle renouvelée pour se précipiter vers la fabrication d’une arme, même si cela prend plus de temps, a déclaré Citrinowicz.

Montage photos : Une vue du complexe nucléaire de Natanz, près de Natanz, dans la province d’Ispahan, en Iran, le 1ᵉʳ mars 2026 (en haut) et le 2 mars 2026, avec des dégâts observés sur plusieurs bâtiments. (Crédit : Image satellite ©2026 Vantor/AFP)

Mojtaba n’est pas la Delcy Rodríguez du Venezuela

La volonté de ne pas céder aux pressions américaines et israéliennes s’est manifestée par la nomination de Mojtaba, le deuxième des fils de Khamenei, au poste de prochain guide suprême, dès le huitième jour de la guerre, alors que Trump avait mis en garde contre une telle décision.

Citrinowicz a affirmé que Mojtaba n’aurait pas été choisi par l’Assemblée des Experts cléricale du régime – lors d’une « élection » qui aurait été orchestrée par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien – si son père n’avait pas été éliminé.

Selon Citrinowicz, Khamenei père « était contre » l’idée que Mojtaba prenne sa place, « et beaucoup de membres du régime y étaient également opposés ».

Danny Citrinowicz, représentant de l’agence de renseignement militaire israélienne à Washington, sur une base de l’US Air Force, à Pensacola, en Floride, en 2018. (Crédit : Autorisation)

« L’Iran n’est pas une monarchie. Mais quand on tue [Ali] et que le président Trump menace [de s’opposer à la nomination de Mojtaba], on pousse alors ceux qui veulent manifester leur défiance envers les États-Unis à l’élire », a-t-il souligné.

Citrinowicz insinue qu’Israël aurait peut-être été mieux loti si Khamenei père était resté aux commandes.

« [Ali] Khamenei était un adversaire farouche d’Israël et des États-Unis, et je ne verse pas une larme sur le fait qu’il soit parti. Mais il avait ses avantages », a-t-il précisé, faisant valoir que Khamenei était plus prévisible et avait des lignes rouges bien définies.

Ali Khamenei s’était engagé dans un programme d’enrichissement à des fins militaires jusqu’en 2003, date à laquelle l’Iran avait accepté de mettre fin à la filière militaire au profit d’une filière purement civile, craignant que les États-Unis ne frappent à la suite de l’invasion de l’Irak voisin.

L’ayatollah Ali Khamenei s’adressant à des étudiants lors d’une réunion à Téhéran, en Iran, le 3 novembre 2025. (Crédit : KHAMENEI.IR/AFP)

Après que Trump eut abandonné l’accord nucléaire – connu sous le nom de JCPOA – signé par Washington avec Téhéran en 2015, Khamenei avait approuvé l’accélération de l’enrichissement iranien jusqu’à 60 % de pureté, un niveau sans application civile, tout en restant juste en deçà du niveau requis pour la fabrication d’armes.

« Nous avons désormais une version ‘améliorée’ d’[Ali Khamenei] – quelqu’un d’extrémiste, quelqu’un qui veut venger la mort des membres de sa famille. »

« Je ne sais pas si Mojtaba vivra assez longtemps pour voir le lendemain de la guerre, et quoi qu’il en soit, l’Iran aura une montagne à gravir en ce qui concerne ses problèmes en interne », selon Citrinowicz.

« Mais [Ali] Khamenei jouait un rôle d’équilibre entre le CGRI et les forces plus modérées au sein du régime. Nous avons désormais quelqu’un qui est sous la coupe du CGRI, et je pense que cela se reflétera dans la stratégie nucléaire future de l’Iran. »

Citrinowicz a rejeté l’idée selon laquelle l’Iran réagirait à la guerre en cours en décidant d’abandonner complètement son programme nucléaire.

« Le régime y verrait une capitulation et une trahison de son héritage, ainsi que de tout ce que Khamenei a accompli en Iran. »

Si Israël ou les États-Unis seraient tout à fait capables d’éliminer Mojtaba, comme ils l’ont fait avec son père, ce serait probablement plus difficile en pleine guerre, alors que le nouveau guide suprême n’est pas encore apparu en public.

Quoi qu’il en soit, Trump ne devrait pas s’attendre à ce que les événements en Iran se déroulent comme au Venezuela, a noté Citrinowicz.

« Il n’y a pas de Delcy Rodríguez en Iran », a-t-il déclaré, faisant référence à la vice-présidente vénézuélienne qui a accepté de collaborer avec l’administration Trump après que les États-Unis eurent capturé le dirigeant de son pays, Nicolás Maduro.

« Avec ce régime [iranien], collaborer avec les États-Unis vous vaut d’être abattu, surtout après l’assassinat de Khamenei. »

C’est pourquoi mettre fin à la guerre sera si problématique, a-t-il poursuivi, car il n’y a aucun moyen de garantir que le régime iranien actuel ne recommencera pas à enrichir l’uranium.

« On peut menacer de revenir et de les bombarder à nouveau si nécessaire, mais il faudra ramener les porte-avions, et on ne sait pas si les deux pays seraient disposés à agir à nouveau », a fait valoir Citrinowicz.

Mojtaba Khamenei, le fils du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, assistant au rassemblement annuel de la Journée al-Qod, à Téhéran, le 31 mai 2019. (Crédit : Vahid Salemi/AP Photo)

« L’Iran attendra donc quelques mois, retirera son uranium et recommencera à l’enrichir. »

Israël souhaite-t-il réellement un changement de régime ?

Ce sont probablement ces questions qui ont conduit Israël à conclure que la seule solution était de renverser complètement le régime.

Toutefois, Citrinowicz a exprimé de sérieux doutes quant à la faisabilité d’une telle entreprise.

Illustration : Des manifestants marchant dans le centre-ville de Téhéran, en Iran, le 29 décembre 2025. (Crédit : Agence de presse Fars via AP)

Cela exigerait que le peuple iranien redescende dans la rue, sachant que ceux qui s’y étaient risqués auparavant avaient été massacrés par dizaines de milliers au cours des semaines précédant la guerre.

« Même si les manifestants descendent dans la rue une fois les bombardements cessés, le régime sera toujours en train de se battre pour sa survie. [Les forces iraniennes] seront redevables à Mojtaba et se montreront très violentes envers quiconque descendra dans la rue », a affirmé Citrinowicz.

Et bien qu’il existe une opposition interne généralisée au régime, on ignore si ces dissidents seraient prêts à suivre les ordres des pays qui attaquent actuellement le leur et leur disent que le moment est venu de renverser la République islamique de l’intérieur.

Selon Citrinowicz, Israël aurait mieux fait de laisser « la nature suivre son cours », car une nouvelle vague de manifestations aurait fini par prendre de l’ampleur, le régime restant fondamentalement incapable de subvenir aux besoins de ses citoyens.

Il a également remis en question la sincérité de l’engagement d’Israël à renverser la République islamique, plutôt que de simplement affaiblir le régime actuel, en faisant valoir que, si tel était le cas, Israël n’aurait pas pris pour cible les installations pétrolières iraniennes à Téhéran, infligeant ainsi des dommages qui dépassent le cadre de l’élite au pouvoir.

« Pour Netanyahu, l’essentiel est d’empêcher l’Iran de constituer une menace stratégique pour l’État d’Israël, et s’il faut que le chaos ou la guerre civile s’installent en Iran pour y parvenir, qu’il en soit ainsi. Il considère que n’importe quoi vaut mieux que le régime actuel », a affirmé Citrinowicz.

« Netanyahu n’a pas l’intention de poursuivre la guerre jusqu’à ce que [le fils du dernier shah d’Iran, Reza] Pahlavi soit installé pour prendre soin du peuple iranien. »

Qui aura le dernier mot ?

Citrinowicz a reconnu qu’il était difficile de prédire l’évolution de la guerre, mais selon lui, le scénario le plus probable, en l’absence d’un autre rebondissement spectaculaire, serait que Trump tente de proclamer unilatéralement la victoire.

Cependant, même si les États-Unis pouvaient affirmer avoir considérablement affaibli les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran, cela ne reviendrait pas à détruire ces deux programmes de manière irréversible.

« On ne peut pas vraiment parler d’une guerre de vainqueurs », a-t-il soutenu.

Un homme observant le site des frappes aériennes israéliennes menées pendant la nuit contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 12 mars 2026. (Crédit : AFP)

Cet expert de l’Iran s’est également montré très sceptique quant à la possibilité que Téhéran et ses alliés acceptent immédiatement un cessez-le-feu, comme ils l’avaient fait lorsque Trump en avait décrété un, il y a neuf mois.

« Les Iraniens comprennent qu’un cessez-le-feu unilatéral n’apporte rien de bon. C’est ce qu’ils ont connu en juin. Ils veulent des conditions différentes : [ils chercheront à obtenir] un pacte de non-agression, ou menaceront de continuer à tirer, ou de laisser leurs mandataires lancer des missiles, ou de mener des actions terroristes », a déclaré Citrinowicz.

« Ce n’est pas que les Iraniens veulent une guerre sans fin. Mais ils veulent créer une nouvelle réalité qui empêchera Israël et les États-Unis de les attaquer tous les huit mois », a-t-il ajouté.

« Nous devrions réfléchir longuement et sérieusement à la question de savoir si nous pouvons bombarder l’Iran tous les quelques mois, compte tenu de tous les prix que nous payons. Il est peut-être temps d’envisager une solution différente », a fait valoir Citrinowicz.

Interrogé sur le fait de savoir s’il était pacifiste, il a répondu : « Allez renverser le régime. Je suis favorable à cette idée [en théorie]. Ce serait un séisme positif pour la région. »

« Cela ne résoudra pas les problèmes d’Israël concernant la question palestinienne ou la normalisation avec ses voisins, mais cela permettrait sans aucun doute à la région de prospérer. Je ne pense simplement pas que les chances de succès soient très élevées », a expliqué Citrinowicz.

« Changer de régime prend du temps. Nous pouvons trouver quelqu’un au sein de l’opposition, nous pouvons armer l’opposition, nous pouvons faire beaucoup de choses, mais je ne suis pas sûr que cela aidera dans un avenir proche », a-t-il déclaré.

« Nous sommes entrés dans cette guerre sans aucun plan stratégique. »

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