La Histadrout ne participera pas à la grève des familles d’otages

Selon Arnon Bar-David, la participation du syndicat 'n'apportera rien de concret' ; plusieurs universités, le secteur de la high-tech et le Barreau y prendront part le 17 août

Le président de l'organisation syndicale de la Histadrout, Arnon Bar-David (au centre), rencontrant des représentants de haut rang du secteur des affaires et des représentants des familles des otages, le 11 août 2025. (Crédit : Autorisation)

La Histadrout, la principale organisation syndicale du pays, a annoncé lundi qu’elle ne participerait pas à la grève générale prévue le 17 août pour protester contre la poursuite de la guerre et l’approbation par le gouvernement d’un plan de prise de contrôle militaire de Gaza-City. Le syndicat a toutefois indiqué qu’il soutiendrait les travailleurs qui souhaitaient se rendre à un rassemblement de protestation ce jour-là.

Une grande partie du secteur privé israélien des technologies a déclaré qu’il soutenait la grève générale prévue la semaine prochaine, tout comme l’Association du barreau israélien (IBA).

Cette décision fait suite à une réunion entre Arnon Bar-David, le président de la Histadrout, des hauts représentants du secteur des affaires et des représentants des familles d’otages à l’origine de l’appel à la grève prévu dimanche.

Bar-David, qui a demandé à rencontrer les familles pour leur expliquer sa décision, craint que l’implication de la puissante organisation syndicale ne détourne le débat public sur le retour des otages vers la sphère politique.

« Si je savais qu’une grève – pas seulement pendant une journée, mais plus longtemps – mettrait fin à cette affaire, arrêterait la guerre et ramènerait les otages, je n’hésiterais pas », a expliqué Bar-David.

« Malheureusement, même si cela me met en colère, je sais que cela n’apportera rien de concret. »

Des membres des familles des otages et des personnes tuées le 7 octobre lors d’une conférence de presse, à Tel Aviv, le 10 août 2025. (Crédit : Capture d’écran/Facebook)

La Histadrout ne participera donc pas à la grève de manière organisée, mais Bar-David s’est engagé à demander aux chefs d’entreprise et aux comités d’entreprise d’autoriser leurs employés à y prendre part, le 17 août prochain, sans que cela ne leur porte préjudice.

L’appel à la grève a été lancé par des groupes représentant les familles des otages, des soldats tués et des victimes du massacre perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, quelques jours après que le cabinet a voté la prise de contrôle de la ville densément peuplée de Gaza. Ce vote a été adopté malgré les objections de l’armée, qui estime que cette décision mettrait en danger les otages, exposerait inutilement les troupes à des risques et aggraverait la crise humanitaire dans la bande de Gaza.

Lors d’une conférence de presse tenue dimanche à Tel Aviv, en face de la base militaire de la Kirya qui abrite les quartiers généraux de l’armée et le ministère de la Défense, les organisateurs ont appelé les entreprises privées, les organisations, les syndicats et les citoyens en général à prendre un jour de congé et à paralyser l’économie.

Un groupe de protestation anti-gouvernement, qui représente des dizaines des plus grandes entreprises du secteur de la haute technologie du pays employant au total des dizaines de milliers de personnes, a déclaré dimanche qu’il se joindra à la grève. Parmi ces entreprises figurent Wix, Fiverr, Meta, Papaya Global, HoneyBook, Natural Intelligence et Fireblocks. Le groupe comprend également des fonds de capital-risque tels que Qumra Capital, Pitango, Disruptive et NFX.

« Nous sommes à un moment décisif de l’histoire de la nation israélienne, et nous n’avons pas l’intention de résister », a déclaré le groupe dans un communiqué, soulignant l’opposition du chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, au projet du Premier ministre Benjamin Netanyahu de prendre le contrôle de Gaza-City.

« Nous envoyons nos soldats dans un piège mortel et nous mettons en danger la vie des otages », a-t-il ajouté.

« Le temps presse, et nous espérons et attendons la participation totale de tous les secteurs du pays aux côtés des familles [des otages]. »

L’IBA a annoncé son soutien à la grève, appelant les avocats du pays à y participer.

Des travailleurs du secteur de la haute technologie manifestant contre les changements proposés au système judiciaire, à Tel Aviv, le 7 février 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« La libération des otages est un acte moral, sioniste et juif de toute première importance, une condition sine qua non de la sécurité et de l’existence même d’Israël », a déclaré Amit Becher, président de l’IBA, dans un communiqué.

Il a invité les grands cabinets d’avocats d’Israël à suivre l’exemple du Barreau en autorisant leurs collaborateurs à s’absenter du bureau dimanche sans pénalité salariale.

« Nous en appelons au gouvernement israélien : écoutez le chef d’état-major de Tsahal, les chefs des services de sécurité et le peuple, faites le nécessaire pour faire libérer les otages, concluez un accord dans ce sens, maintenant, avant qu’il ne soit trop tard », a ajouté Becher.

Des universités de renom et des dizaines d’autorités locales ont apporté mardi leur soutien à la grève nationale organisée par le groupe de pression « Conseil d’octobre », qui représente certains membres des familles d’otages, de soldats tués au combat et de victimes du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

La Place des Otages, à Tel Aviv, le 11 août 2025. (Crédit : Miriam Alster/ Flash90)

Les universités et les municipalités ont déclaré qu’elles autoriseraient leur personnel à participer aux manifestations, mais se sont abstenues de déclarer officiellement une grève.

Le président de l’université de Tel Aviv, Ariel Porat, a informé le personnel que l’établissement leur permettrait de participer à la grève du 17 août et qu’il prévoyait lui-même d’y prendre part.

« Que le cri des otages et de leurs familles soit entendu et touche le cœur de ceux qui peuvent œuvrer pour leur retour », a-t-il écrit dans un message adressé au personnel.

L’université hébraïque de Jérusalem a indiqué qu’elle se joindrait également à la grève générale.

Dans une lettre adressée à la communauté universitaire, la direction, le doyen et les chefs d’établissement de l’université hébraïque ont déclaré qu’ils se joindraient à la grève et ont exhorté le gouvernement à « faire tout ce qui est en son pouvoir, y compris mettre fin à la guerre, pour libérer immédiatement les otages ».

« Le retour des otages est un objectif primordial, qui prime sur tous les autres, aussi importants soient-ils », ont-ils déclaré.

Toutefois, les examens prévus ce jour-là se dérouleront normalement.

Le Technion – Institut de technologie d’Israël situé à Haïfa, a également annoncé qu’il se joindrait à la grève, les membres de son conseil d’administration ayant décidé de suspendre leurs activités pour participer aux manifestations. L’établissement a déclaré qu’il autoriserait le personnel académique et administratif qui le souhaiterait à ne pas venir travailler.

Vue du campus du Technion – Institut de technologie d’Israël, à Haïfa, dans le nord d’Israël, le 19 février 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90

L’Université ouverte d’Israël (OUI) a également déclaré que le président, le recteur et le directeur se joindraient à cette initiative, permettant ainsi au corps enseignant, au personnel et aux étudiants de participer.

Les universités Ben Gurion et de Haïfa ont également annoncé leur participation à la grève du 17 août.

Cette grève est organisée par le Conseil d’octobre, qui représente certaines des familles des victimes du 7 octobre. Dans un communiqué, le groupe a remercié les universités et déclaré que « le monde universitaire israélien comprend que le silence tue ».

De plus, environ 75 autorités locales ont signé une lettre de soutien à la grève. Parmi les signataires figurent Ron Huldaï, maire de Tel Aviv, Haïm Bibas, président de la Fédération des autorités locales, et Shay Hajaj, président du Centre des conseils régionaux et chef du conseil régional de Merhavim, dans le sud du Néguev, selon Ynet.

Des manifestants protestant pour demander la fin de la guerre à Gaza, tandis que d’autres manifestent en faveur de la poursuite des combats, à l’université hébraïque de Jérusalem, le 12 mai 2025. (Crédit : Flash90)

« Nous soutiendrons toute action légale visant à rappeler aux décideurs que le retour des otages est un objectif national suprême », ont-ils écrit.

« Nous nous engageons à soutenir les familles des otages, à leur apporter notre force et à faire entendre leurs cris. »

Les autorités ont souligné qu’elles ne pouvaient pas, selon la loi, appeler à une grève officielle, et qu’elles consacreraient donc leur travail public de ce dimanche à la cause des otages.

La chaîne N12 a rapporté que la Fédération des autorités locales a indiqué qu’elle laisserait chaque municipalité décider elle-même de ce qu’elle ferait dimanche.

La principale organisation représentant les familles des otages a également lancé un appel à la grève, renforçant ainsi les efforts déployés par le Conseil d’octobre.

Le Forum des familles des otages et des disparus a indiqué avoir rencontré Bar-David pour discuter d’une action collective, même si la Histadrout a indiqué, en raison de la loi, qu’elle ne participerait pas à la grève du 17 août, mais qu’elle la soutiendrait tout de même.

En septembre, le tribunal du travail de Tel Aviv avait jugé que l’action syndicale visant à faire pression sur le gouvernement pour qu’il conclue un accord de cessez-le-feu et de libération des otages à Gaza, après la découverte des corps de six otages assassinés par leurs geôliers à Gaza, était illégale, car elle était politique et sans lien avec les droits des travailleurs.

L’État et le Forum Tikva (« espoir » en hébreu), qui regroupe les familles d’otages opposées à la conclusion d’un accord avec le Hamas et qui soutiennent largement la priorité donnée par le gouvernement à l’action militaire plutôt qu’aux concessions pour obtenir la libération des otages, avaient alors saisi la justice pour obtenir une injonction contre la décision de la Histadrout, arguant que la grève était motivée par des considérations politiques et n’avait aucun rapport avec les droits des travailleurs, et qu’elle était donc illégale.

Le tribunal avait accepté leurs arguments, rejetant la position de la Histadrout selon laquelle l’incapacité du gouvernement à conclure un accord nuisait à l’économie.

« C’est le moment d’agir, de descendre dans la rue, de soutenir les familles des otages, de soutenir les familles des soldats, de décider du sort des otages et de l’avenir de notre État », a déclaré le Forum des familles des otages et des disparus dans un communiqué.

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