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  • Nita Raya et Maurice Chevalier à la Bocca pendant la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
    Nita Raya et Maurice Chevalier à la Bocca pendant la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
  • Photographie Harcourt de Nita Raya en 1934. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
    Photographie Harcourt de Nita Raya en 1934. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
  • Nita Raya et Maurice Chevalier en vacances en Égypte. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
    Nita Raya et Maurice Chevalier en vacances en Égypte. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
  • Nita Raya et Maurice Chevalier avec des amis. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
    Nita Raya et Maurice Chevalier avec des amis. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
  • Jaquette du livre L’amour ou la mort de Grégoire Akcelrod.
    Jaquette du livre L’amour ou la mort de Grégoire Akcelrod.
  • Une affiche de Nita Raya.
(Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
    Une affiche de Nita Raya. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
  • Planche de Nita Raya. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
    Planche de Nita Raya. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
  • Article de presse de Nita Raya et Maurice Chevalier.
(Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
    Article de presse de Nita Raya et Maurice Chevalier. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
  • Nita Raya et Maurice Chevalier à un défilé de mode (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)
    Nita Raya et Maurice Chevalier à un défilé de mode (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)

La vedette Maurice Chevalier réhabilitée après des accusations de collaboration

Le petit-fils de son ex-fiancée juive raconte comment la star du music-hall a sauvé sa famille des griffes nazies et a joué pour les Allemands afin de sauver son neveu prisonnier

Grégoire Akcelrod est l’auteur de L’amour ou la mort (l’Archipel). Ce livre capte le lecteur car, au travers du portrait de sa fiancée oubliée, l’artiste Nita Raya, il réhabilite la vedette du music-hall Maurice Chevalier (1988-1972). Une carrière exemplaire, exportant son charme de grand séducteur à l’international, pourtant entachée par des accusations de collaboration avec l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, la vérité est dite.

Le roman de Grégoire Akcelrod met un point final aux rumeurs de collaboration en dévoilant la folle histoire d’amour entre Maurice Chevalier et Nita Raya, grand-mère de l’auteur. En effet, sous le nom de scène de Nita Raya, cette jeune comédienne juive originaire de Moldavie fut sauvée avec ses parents de la Shoah par son compagnon de l’époque, Maurice Chevalier. Une histoire oubliée ou peut-être méconnue.

Lorsqu’ils se rencontrent en 1936, Maurice Chevalier est à 47 ans une immense vedette aussi bien en France que de l’autre côté de l’Atlantique. Nita Raya n’a que 19 ans. La jeune danseuse éblouit chaque soir le public par sa beauté et son énergie. Maurice Chevalier qui la voit sur scène a un coup de foudre, lequel sera réciproque. Dans la France d’avant-guerre, les deux artistes mènent une existence folle, côtoyant les célébrités de l’époque (Édith Piaf, Tino Rossi, le jeune Yves Montand, mais aussi Joséphine Baker, Colette, le Duc et la Duchesse de Windsor, etc.).

La déclaration de guerre de mai 1939 rebat les cartes. Avec Nita, Maurice Chevalier file se réfugier dans sa villa de Cannes car sa compagne est juive. Maurice la rassure, il fera tout pour la protéger, elle et ses parents, mais l’étau se resserre avec l’annexion de la zone libre.

Nita Raya et Maurice Chevalier à un défilé de mode (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)

Maurice et Nita se réfugient dès lors en Dordogne avec des amis. Maurice vit dans la terreur qu’elle soit dénoncée et grâce à ses relations, il lui procure des faux-papiers attestant qu’elle est de religion orthodoxe. Pourtant, à la libération, Maurice Chevalier accusé de collaboration, est menacé d’exécution sommaire, Nita volera à son secours. C’est elle qui le sauvera à son tour. Dans ce roman historique, le vrai visage de Maurice Chevalier nous est dévoilé ainsi que la destinée romanesque de sa compagne, aujourd’hui oubliée.

Après la guerre, Nita Raya se sépare de Maurice Chevalier pour qui elle gardera une admiration sans bornes. Elle épouse alors à 34 ans en 1949, Joseph Akcelrod, juif de l’Est également, avec qui elle aura son unique enfant. Lequel est le père de Grégoire qui signe aujourd’hui ce roman historique sept après sa disparition.

« Quand mon père est né, ma grand-mère a continué à chanter, en France et à l’étranger. Quand on a été la compagne de Maurice Chevalier, les rôles au cinéma sont plus faciles, » confie Grégoire Akcelrod pour le Times of Israel.

Grégoire Akcelrod, petit-fils de Nita Raya et auteur de L’amour ou la mort.
(Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)

Réputée pour son élégance et sa beauté, elle jouera notamment dans des films cultes comme « Le roi des gangsters » (1935), »Chipée « (1938) ou « Bécassine » (1940). Nita Raya comptera particulièrement dans la fin de carrière d’Edith Piaf, née comme elle en 1915. Non seulement elle chante en première partie de ses concerts, mais surtout elle lui écrira deux chansons inoubliables : « Je m’imagine » en 1960, (musique de Marguerite Monnot), et « Toujours aimer » en 1961, (musique de Charles Dumont). Elle est aussi l’auteure de
« Pourquoi je l’aime » chantée par Théo Sarapo, le dernier mari de Piaf.

Et son petit-fils d’ajouter : « À côté de cela, Nita Raya est toujours restée quelqu’un de simple, sans doute en raison de ses origines juives moldaves qui lui ont appris l’humilité. Quand je l’ai connue, elle avait plus de 80 ans, elle était en pleine forme physique. Elle a fait une grande carrière. Malheureusement, je n’ai pas connu cette époque glorieuse, mais quand je vois les journaux de ces années-là, je remarque qu’elle faisait les Unes avec Maurice. »

Article de presse de Nita Raya et Maurice Chevalier.
(Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)

Dans ce roman, le récit est tellement extraordinaire que l’on se demande si la fiction ne côtoie pas la réalité. Grégoire Akcelrod nous éclaire : « C’est une histoire vraie à 99 %. La seule chose que je romance, c’est leurs fiançailles. Des discussions ont eu lieu au Fouquet’s, que je ne pouvais pas connaître alors je les ai inventées. L’essentiel est donc vrai de A à Z, tout a été vérifié. Maurice a écrit ses Mémoires, ce qui nous a aidés. Et puis, j’ai conservé tous les souvenirs de ma grand-mère. C’était une personnalité unique et quel destin ! »

L’auteur de L’amour ou la mort confirme au Times of Israël : « Ma grand- mère était ma meilleure amie jusqu’à sa disparition. Quand j’habitais Paris, j’allais la voir très régulièrement. Elle était très mystérieuse. Elle n’aimait pas raconter sa vie, disant que ce n’était pas intéressant, mais c’est souvent les gens peu diserts qui sont les plus fascinants. »

Maurice Chevalier et son Oscar aux Etats-Unis. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)

Grégoire Akcelrod ajoute : « Quand j’allais chez elle, je voyais des portraits de Maurice, des statues de Maurice, des tableaux de Maurice et je me demandais, mais qui est cette personne ? Dans ma famille, le sujet était un peu tabou. Personne ne m’avait raconté qui était Maurice Chevalier et on ne m’avait pas non plus donné beaucoup d’informations sur ma grand-mère. Mais un jour, elle a commencé à me raconter qu’il avait eu un Oscar d’Honneur à Hollywood. Ce n’était pas n’importe quoi pour un Français et, petit à petit, elle a commencé à me parler. Elle m’a alors montré des articles de presse de l’époque, des photographies avec des personnalités, etc. Et là j’ai compris qu’avec Maurice Chevalier, ma grand-mère jouait dans une autre cour. »

Grégoire Akcelrod apprendra dans la foulée la relation de douze années entre la vedette internationale et la jeune comédienne et danseuse qu’était alors sa grand-mère paternelle. « Nita Raya rêvait d’épouser Maurice, mais il avait été marié une fois et ne souhaitait plus recommencer, » nous confie Grégoire.

Photographie Harcourt de Nita Raya en 1934. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)

Le livre rappelle donc la destinée de Nita Raya que beaucoup découvriront. Son vrai nom est Raïssa Beloff Jerkovitch. Elle voit le jour le 15 octobre 1915 à Kichinev en Moldavie. Cette jeune femme incroyablement belle, arrivée en France en 1926, devient danseuse, meneuse de revues, chanteuse et actrice. Maurice Chevalier l’aperçoit 10 ans plus tard dans un petit rôle dans une pièce américaine dans laquelle Marlène Dietrich fait ses débuts. Maurice Chevalier lui fait la cour alors qu’elle ne le connaît pas. Arrivant des pays de l’Est, la renommée du crooner n’est pas encore parvenue jusqu’à elle. Immédiatement, elle tombe sous son charme. Ils partageront leur vie comme la scène pendant 12 années.

Comment expliquer qu’aujourd’hui, Nita Raya soit totalement oubliée ? Grégoire Akcelrod nous offre des éléments de réponse : « C’est vraiment triste car on oublie notre culture en France. Nous ne sommes pas des gens sans passé, surtout quand on connaît la renommée de notre pays. Maurice Chevalier était une vedette en France, mais pas seulement. Il était connu à l’étranger et notamment aux États-Unis. Aujourd’hui encore, les Américains ont davantage de respect pour Maurice que les Français. Ça m’attriste, mais j’ai écrit ce livre et je suis confiant. Je sais qu’il y a des producteurs de cinéma qui sont intéressés pour l’adapter. Donc je pense qu’un jour ou l’autre, il aidera à faire redécouvrir Maurice Chevalier et sa fiancée Nita Raya. »

Un épisode raconté dans le livre nous interpelle. Après la déclaration de guerre, Maurice Chevalier remonte sur scène et finalement il est « coincé » par son entourage. Il va chanter en Allemagne devant des prisonniers français. Cet épisode lui sera reproché, pour collaboration avec l’ennemi. Il restera une tare, salissant la légende.

Mais réellement que s’est-il passé ?

Jaquette du livre L’amour ou la mort de Grégoire Akcelrod.

La vérité, Grégoire Akcelrod la raconte dans le livre et nous la commente : « Maurice Chevalier était une personne apolitique. Il ne donnait jamais son avis politique, parce qu’il n’en avait pas, c’était un artiste. Il côtoyait les grands de ce monde, les présidents, les ministres aussi. Or son neveu a été fait prisonnier en Allemagne au début de la guerre. Il avait négocié avec les nazis de chanter dans un camp où son neveu se trouvait en échange de sa libération et de celle de neuf autres prisonniers. Cela devait rester discret. Mais, finalement, les nazis ont bien libéré 10 prisonniers, mais pas son neveu. Sans doute pour garder sur lui un moyen de pression pour d’autres tours de chant. Dans le cadre de leur propagande, les Allemands ont publié une photographie de Maurice dans le camp disant qu’il faisait une tournée en Allemagne, ce qui était complètement faux. La désinformation a alors sévi et Maurice Chevalier est passé pour une crapule collaborant artistiquement avec les nazis. Et puis, il faut dire aussi que Pierre Dac, qui était humoriste à l’époque sur Radio Londres, n’a pas vérifié les faits et a diffusé une chanson contre Maurice. Elle s’est propagée et à cause d’elle, il aurait pu se faire fusiller, même plusieurs fois. C’est ma grand-mère qui l’a sauvé. »

Or si Pierre Dac a fait marche arrière par la suite, rencontrant même Maurice Chevalier, le mal était fait. Son image est restée longtemps accolée à celle d’un artiste ayant fricoté avec l’ennemi. « Pour moi, c’est terrible, ajoute l’auteur, car c’est envoyer quelqu’un à la mort. Toute sa vie, on lui en a parlé alors qu’il a été chanté en Allemagne pour libérer des prisonniers français. Il n’a pas été payé, il n’a pas fait une tournée en Allemagne. Cela a été très compliqué à gérer pour lui et toute sa vie ce poids a pesé très lourd. C’était d’autant plus terrible que Maurice était une bonne personne qui a sauvé ma grand-mère. »

Pierre Dac devant son micro à Paris en 1935. (Collection particulière © Estate Brassaï — RMN-Grand Palais
Photo © RMN-Grand Palais/Jean-Gilles Berizzi)

Quelle est donc la réalité ? Elle est délivrée dans le livre. Pendant l’Occupation, Nita Raya tombe sous le coup des lois anti-juives. Maurice Chevalier la cache dans sa villa La Louque à la Bocca près de Cannes jusqu’à la réquisition des lieux.

Nita se réfugie ensuite en Dordogne dans la propriété des danseurs Desha Delteil et son mari Jean Myrio, des amis de Maurice Chevalier ; et lorsque l’armée allemande envahit la zone libre le 11 novembre 1942, Maurice Chevalier y fait venir les parents de Nita Raya et leur fournit de faux papiers grâce à un faux certificat rédigé en roumain.

Nita Raya échappera à la déportation grâce au document reconnu authentique, établissant que sa famille n’était pas juive, mais catholique orthodoxe.

Nita Raya et Maurice Chevalier à la Bocca pendant la Seconde Guerre mondiale. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)

Maurice Chevalier a fait tout ce qu’il a pu pour sauver non seulement son amour, mais aussi la famille de son amour.

« C’est ce qui est horrible, c’est qu’on le dénonce comme ‘collabo’ alors que chez lui, il y a des juifs qu’il sauve et il ne peut pas dire la vérité. Heureusement, il avait des amis à la préfecture qui l’ont aidé à avoir ces faux papiers. Pour Maurice, c’était aussi compliqué de refuser les demandes nazies. Maurice prétextait : “J’ai mal à la gorge, je suis malade, je ne peux pas”. Et au bout d’un moment si on refuse trop, les nazis s’énervent et ce n’est pas la même histoire. Ce qu’il a fait était courageux. D’une part de sauver ma grand-mère et ses parents et d’autre part de refuser les spectacles et de chanter car il avait une pression monumentale, Maurice était une légende. »

Dans le livre, on lit en effet que Nita Raya est convoquée à plusieurs reprises par la Gestapo et on ne sait pas si c’est parce qu’on traque sa judaïté ou si c’est pour faire pression sur Maurice Chevalier pour qu’il remonte sur scène. Grégoire explique : « Les nazis voulaient que Maurice aille à Paris, soit visible car c’était un artiste important à l’époque. Mais ils avaient un petit doute sur ma grand-mère. Il y avait une enquête en cours, ils avaient un œil sur elle. Donc après, ils sont partis en Dordogne. Maurice avait une pression énorme entre les nazis qui l’obligeaient à repartir à Paris et le fait de sauver ma grand-mère. »

Si Maurice Chevalier sauve la vie de Nita Raya et ses parents, elle lui sauvera la vie en retour au moment de l’épuration. « C’est dans les Mémoires de Maurice, nous confie Grégoire Akcelrod. D’ailleurs, tout a été vérifié même si c’est énorme. Maurice a été convoqué pour être fusillé, car il avait été condamné à mort à Alger. Il a eu droit à un interrogatoire très musclé et comme personne ne connaissait la réalité, ils étaient prêts à le tuer. Grâce à ma grand-mère qui a pris une voiture pour aller chercher à Toulouse le grand résistant René Laporte, une course contre la montre s’est jouée. À 24 heures près, il se faisait fusiller. Et quelle injustice, se faire fusiller pour collaboration alors qu’on a caché des juifs chez soi ! »

Nita Raya et Maurice Chevalier avec des amis. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)

Malgré ce lien qui restera indéfectible, une année après la fin de la guerre, Maurice Chevalier et Nita Raya se séparent… « C’est ma grand-mère qui est partie. C’était une femme libre et indépendante. Je crois qu’elle a eu une petite relation avec son pianiste. Vous savez la guerre ça détruit tout et il reste des séquelles très fortes. Et c’est dommage, car leur relation était partie sur des chapeaux de roues. Ma grand-mère a toujours suivi son instinct. Après, ils se sont revus et sont restés amis toute leur vie. Elle a même hérité de Maurice. »

Mireille Chevalier, sa nièce, a accepté de préfacer l’ouvrage, expliquant que ce livre réhabilite une mémoire douloureuse pour la famille. Elle formule ainsi ses vœux : « Puisse ce livre mettre un point final à la calomnie qui a poursuivi Maurice Chevalier, prétendu ‘collaborateur’, malgré les innombrables démentis publiés depuis. Il a tous les ingrédients pour y parvenir ».

Photographie Harcourt de Nita Raya en 1934. (Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)

Et quid du judaïsme de Nita Raya ? « Après la guerre, ma grand-mère a toujours eu peur d’aborder ce sujet même avec moi. Quand on a vécu la Seconde Guerre mondiale et ces années horribles de doute où il fallait mentir sur son origine juive, elle ne voulait plus parler de son passé. Mais ma grand-mère m’a transmis beaucoup de valeurs, qui viennent de son éducation juive. » Finalement, entre réhabiliter une vedette décriée et rappeler la mémoire d’une grande artiste oubliée, Grégoire tranche : « Je voulais raconter l’histoire exceptionnelle de ma grand-mère. J’avais en tête de la raconter depuis des années, et ça s’est fait par le prisme de la Shoah, la période la plus forte. Même si Nita et Maurice se sont rencontrés en 1935, la Seconde Guerre mondiale a été pour eux à la vie à la mort car ils auraient pu disparaître tous les deux. »

La littérature n’est pas le milieu d’origine de Grégoire Akcelrod qui vient du monde du football. L’amour ou la mort est son second ouvrage. Le premier a fait parler de lui. Facétieux, l’auteur raconte comment il a osé le tout pour le tout avant de se faire démasquer. En effet, en enjolivant son CV, Grégoire Akcelrod a parcouru le monde pour faire des essais dans des clubs professionnels de football. Il a même failli signer un contrat en 2009 avec l’équipe nationale de Roumanie, le CSK Sofia, avant que la supercherie ne soit découverte. Son parcours de « filou du foot » a été raconté dans Pro à tout prix.

Grégoire Akcelrod, petit-fils de Nita Raya et auteur de L’amour ou la mort.
(Crédit : Collection personnelle de Grégoire Akcelrod)

Il nous avoue : « L’écriture est arrivée tard pour moi avec mon premier livre. J’ai raconté comment faire des essais dans le monde du foot quand on est nul. C’est un livre drôle qui va être adapté en documentaire. Je parle aussi de Maurice et de Nita dans ce premier livre parce que si j’ai fait le tour du monde pour devenir footballeur professionnel en montant un faux site internet et en étant créatif, c’est parce que j’ai grandi avec ma grand-mère. Si elle n’avait pas été une grande artiste et n’avait pas côtoyé quelqu’un qui a gagné un Oscar d’Honneur à Hollywood je n’aurais pas été assez fou pour faire ce que j’ai fait. On est lié. Je suis maintenant agent de joueurs de foot. »

Et Grégoire de conclure concernant sa motivation pour écrire la biographie de sa grand-mère : « Je voulais raconter de l’intérieur de la Shoah une grande histoire d’amour vécue par des personnages de légende. »

Cette année 2022 marque le cinquantième anniversaire de la mort de Maurice Chevalier, elle sera également celle de sa réhabilitation. Une lecture de vacances à conseiller, à la fois légère — une histoire d’amour -, et profonde — la petite histoire qui rencontre la grande histoire de la Seconde Guerre mondiale.

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Grégoire Akcelrod, L’amour ou la mort, L’Archipel, 2022, 240 pages, 18 euros.

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