L’AP en campagne en Europe pour la reconnaissance d’un État palestinien – Shtayyeh

Depuis le siège de l'ONU à Genève, l'émissaire de Mahmoud Abbas a indiqué qu'il comptait se rendre ensuite aux Pays-Bas et en Autriche pour poursuivre ses efforts

Illustration : Le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Mohammad Shtayyeh recevant la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à Ramallah, le 14 juin 2022. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Des représentants de l’Autorité palestinienne (AP) se rendront dans plusieurs pays européens afin d’obtenir la reconnaissance d’un État de Palestine, a indiqué mercredi un émissaire palestinien à l’issue d’une rencontre avec le chef de la diplomatie suisse.

Lors d’une conférence de presse au siège des Nations unies à Genève, l’émissaire du dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, Mohammed Shtayyeh, ancien Premier ministre, a indiqué qu’il comptait se rendre ensuite aux Pays-Bas et en Autriche pour poursuivre ses efforts.

« Une autre délégation se rendra dans les États baltes et notre président, espérons-le, ira en Italie et en Allemagne », a-t-il indiqué, expliquant que l’objectif est que ces pays rejoignent le camp de ceux qui ont reconnu un État palestinien.

Le 21 septembre, à la veille d’annonces similaires d’autres pays, dont la France, et avant l’Assemblée générale de l’ONU, le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada et le Portugal ont officiellement reconnu un État de Palestine. Cette décision, historique mais surtout symbolique, a été critiquée par Israël, ayant appelé à étendre la présence juive en Judée-Samarie, le nom biblique de la Cisjordanie.

« Il reste donc 34 pays qui n’ont pas encore reconnu la Palestine. Nous sommes donc simplement en contact avec ces pays pour les inciter à passer à l’acte et à rejoindre le camp de ceux qui reconnaissent la Palestine, et non celui de ceux qui ne l’ont pas reconnue », a expliqué Shtayyeh aux journalistes.

En Suisse, il a notamment rencontré le ministre des Affaires étrangères, Ignazio Cassis.

Le dirigeant de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, applaudit pendant son discours vidéo lors d’un sommet de l’ONU sur la solution à deux États à New York, depuis son quartier général à Ramallah, le 22 septembre 2025. (Crédit : Thaer Ghanaïm/PPO/AFP)

« Mon message aux dirigeants suisses […] est très simple : la Suisse est le pays qui accueille les agences de l’ONU et est dépositaire des Conventions de Genève », a-t-il affirmé, soulignant que le rôle de la Suisse est « important et crucial ».

« J’ai exhorté les dirigeants suisses à joindre le geste à la parole et à reconnaître la Palestine comme un État », a-t-il ajouté.

Mardi, une coalition de la société civile, d’ONG et de politiciens a officiellement lancé une initiative populaire en ce sens en Suisse. Elle a dix-huit mois pour récolter 100 000 signatures. Ce n’est qu’après cela que la population suisse pourra se prononcer lors d’un vote dont le résultat sera contraignant pour les autorités. Pour être validé, le vote doit obtenir la majorité des votants et la majorité des vingt-six cantons du pays.

Concrètement, le texte demande d’inscrire la reconnaissance de « la Palestine comme État souverain et indépendant » dans la Constitution fédérale.

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