Lapid appelle à la dissolution anticipée de la Knesset et à la tenue d’élections
'Finissons-en avant que l'État ne subisse davantage de dommages irréversibles. Nous devons dissoudre la Knesset dès la semaine prochaine', a proposé le chef de l'opposition
Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a appelé lundi à une dissolution de la Knesset dès la semaine prochaine, ce qui entraînerait le déclenchement d’élections anticipées. Il ne serait ainsi pas nécessaire d’attendre la fin du mois d’octobre pour se rendre aux urnes.
S’adressant aux journalistes à la Knesset avant la réunion hebdomadaire de son parti Yesh Atid, Lapid a affirmé que le Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et ses alliés ont « présenté à la Knesset une série de lois antidémocratiques, parmi lesquelles certaines tentent ouvertement de fausser les élections ».
« Ne laissons pas s’étirer encore tout un été de corruption et de haine fratricide. Finissons-en avant que l’État ne subisse davantage de dommages irréversibles. Nous devons dissoudre la Knesset dès la semaine prochaine », a-t-il proposé.
Les élections sont actuellement programmées pour le 27 octobre, mais en cas de dissolution de la Knesset la semaine prochaine, elles pourraient avoir lieu dès la mi-août.
Se tenant devant une pancarte arborant le logo de son parti « BeYahad », une alliance créée avec l’ancien Premier ministre Naftali Bennett, Lapid a promis que leur nouvelle liste commune « remplacera le gouvernement, et apportera redressement, unité, changement et apaisement au pays ».
« Dans tous les sondages possibles, BeYahad est le plus important parti en lice », a-t-il ajouté.
Lapid : « Je pense qu’il y aura d’autres fusions » de partis à l’approche des élections
Interrogé sur les propos du chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, pour qui cette alliance sans lui « n’est pas la manière dont on bâtit des partenariats », Lapid a répondu : « Gadi devrait rejoindre notre alliance. Nous serions ravis de l’accueillir et de travailler avec lui. »
Selon la chaîne N12, Eisenkot avait confié dimanche soir aux participants d’une conférence privée qu’il était « un partisan convaincu de la nécessité de former des alliances, qui donneraient naissance à un parti nettement plus important que le Likud ». « Le véritable défi consiste à créer une alliance susceptible de remporter entre 35 et 40 sièges. C’est mon engagement et je ferai tout pour y parvenir », avait affirmé Eisenkot, selon la chaîne.
Lapid a aussi dit s’attendre à de nouvelles fusions de partis politiques, affirmant que les politiciens en désaccord peuvent tout de même s’unir autour d’un objectif commun.
« Je pense qu’il y aura d’autres fusions », a plus tard déclaré Lapid cette fois lors d’un discours prononcé au Centre pour le judaïsme et la politique d’État de l’Institut Shalom Hartman à Jérusalem.
« J’ai estimé qu’il était important de faire le premier pas, afin que le pays se souvienne que des personnes en désaccord les unes avec les autres savent travailler ensemble pour un objectif qui les dépasse. »
Il a rappelé qu’il ne pouvait pas s’allier à Itamar Ben Gvir, car le fossé entre eux était « trop profond », mais a ajouté : « Je peux m’unir à des personnes comme Naftali Bennett et Gadi Eisenkot sur la base de valeurs communes. »
Eisenkot a laissé entendre qu’il n’avait pas l’intention d’accepter cette offre, et des rumeurs laissent entendre qu’il pourrait chercher à fusionner avec le parti d’opposition belliciste d’Avigdor Liberman, Yisrael Beytenu, alors que des informations indiquent que les deux hommes s’efforcent d’étendre leur coopération à l’approche des élections.
Liberman a pour sa part déclaré qu’il n’y avait pas de projet immédiat de fusion entre son parti et celui d’Eisenkot, malgré des contacts réguliers entre les deux hommes.
Interrogé lundi lors d’une conférence de presse, avant la réunion hebdomadaire de son groupe parlementaire à la Knesset, sur sa disposition à occuper la deuxième place derrière Eisenkot, si les deux dirigeants devaient former une alliance politique (Eisenkot le devançant dans les sondages), Liberman a répondu : « Pour l’instant, il n’y a aucun intérêt à s’engager dans une fusion. Ce genre de choses se fait à la dernière minute. »
« Nous nous sommes assis, nous avons longuement discuté, nous nous réunissons tout le temps, et nous avons convenu que, pour l’instant, chacun devait maximiser sa propre force… Juste avant les élections, nous nous réunirons et déciderons s’il est utile de fusionner. »
Liberman a déclaré qu’il avait l’intention de devenir le prochain Premier ministre d’Israël, affirmant aux journalistes qu’il se croyait « capable de remporter une victoire décisive sur tous les… fronts » et que, contrairement au Premier ministre Benjamin Netanyahu, « avec moi, le massacre du 7-Octobre ne se serait jamais produit ».
« Ce que nous voyons aussi clairement, c’est un gouvernement qui, depuis deux ans et demi, n’a pas su remporter de victoire décisive sur quelconque front, ni contre le Hezbollah, ni contre le Hamas, ni contre les Houthis, ni contre les Iraniens, ni contre la criminalité. Il ne saura pas non plus remporter de victoire décisive dans cinq ans. »
Gantz : le reste de l’opposition compromet les chances de remplacer le gouvernement
Le chef du parti Kakhol Lavan, Benny Gantz, a de son côté vivement critiqué ses homologues de l’opposition pour avoir refusé de s’associer au Likud de Netanyahu et cherché à former à la place « un gouvernement minoritaire » qui « effraie », selon lui, les électeurs indécis.
« Quiconque pense pouvoir brandir une pancarte appelant les partisans du Likud à voter pour lui tout en disqualifiant simultanément le parti du Likud compromet les chances de remplacer le pire gouvernement de l’histoire d’Israël », a déclaré lundi Gantz aux journalistes avant la réunion hebdomadaire de son parti à la Knesset. Il faisait référence aux récents messages de campagne de Bennett qui insiste sur le fait que « les vrais partisans du Likud votent Bennett ».
« Il y a de nombreux électeurs, dont certains ont voté pour le Likud par le passé, qui sont indécis, qui observent ce qui se passe ici et souhaitent voir, après les élections, un gouvernement sioniste large capable de redresser la situation – et non un gouvernement restreint qui les effraie, à juste titre », a-t-il poursuivi.
« Quiconque… prétend qu’il fera adopter [la conscription universelle] au sein d’un gouvernement minoritaire s’appuyant sur les partis arabes ne dit pas la vérité », a affirmé Gantz.
« Ceux qui se disputent la direction du ‘bloc’ plutôt que la nature du gouvernement qui sera formé ici n’offrent pas d’alternative. »
« La solution n’est pas de mettre en place une autre coalition extrémiste. »