Le chef du renseignement égyptien dément s’être rendu en Israël avant le 7-Octobre
Après avoir affirmé qu’Abbas Kamel était venu mettre en garde contre une attaque du Hamas, plusieurs médias indiquent désormais qu’il n’était pas à bord de l’avion égyptien arrivé le 26 septembre 2023
Le jet privé égyptien qui a débarqué à l’aéroport Ben Gurion pendant une heure le 26 septembre 2023 ne transportait pas le chef des services de renseignement égyptiens, Abbas Kamel, mais deux hommes d’affaires égyptiens, ont rapporté mercredi des médias israéliens, citant des sources haut placées au sein des services de renseignement.
Le magazine The Atlantic avait initialement rapporté que l’avion transportait Kamel, qui s’était rendu en Israël quelques jours avant le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, afin d’avertir que le groupe terroriste planifiait une attaque de grande envergure. Cet article s’inscrivait dans une série d’allégations selon lesquelles le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait reçu des avertissements précoces concernant une attaque majeure en provenance de Gaza à l’approche du 7-Octobre, mais n’aurait pas donné suite à ces informations. Netanyahu a toutefois catégoriquement nié ces allégations et a imputé aux services de sécurité la responsabilité des défaillances du renseignement entourant l’assaut barbare et sadique.
De plus, mardi, Netanyahu a déclaré que Kamel se trouvait en Israël à cette date, mais a souligné qu’il ne savait pas qui il avait rencontré et qu’il n’avait reçu aucun avertissement concernant une attaque du Hamas.
« Il ne m’a pas rencontré, il ne m’a pas parlé », a déclaré Netanyahu à la Quatorzième chaîne de droite.
« Quand un chef des services de renseignement rencontre-t-il un chef d’État ? » a-t-il demandé.
Pourtant, Netanyahu a bel et bien rencontré Kamel, qu’il avait reçu en 2021 à la résidence du Premier ministre à Jérusalem.
Mais de hauts responsables ont contredit à la fois les affirmations de Netanyahu et l’article de The Atlantic, déclarant à la chaîne publique Kan et à N12 que Kamel ne se trouvait même pas à bord de l’avion égyptien qui a atterri en Israël le 26 septembre, précisant qu’il transportait en réalité deux hommes d’affaires égyptiens.
L’avion de la compagnie charter égyptienne Smart Aviation a bénéficié des services au sol habituels assurés en Israël par QAS après son atterrissage à 9 h 50. Il est ensuite reparti sans passagers à 10 h 57, a rapporté Kan en citant les registres de vol.
Kan a également indiqué que les noms des hommes d’affaires ayant atterri au terminal privé Fattal de l’aéroport étaient connus des autorités israéliennes.
L’objet de la visite des hommes d’affaires égyptiens n’a toutefois pas été précisé dans les deux reportages.
Les informations précédentes, selon lesquelles Kamel s’était rendu en Israël pour avertir ses dirigeants d’une attaque imminente du Hamas juste avant le 7-Octobre, ont été publiées quelques semaines seulement après un article fracassant du journal Haaretz, qui révélait que le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, avait appelé Netanyahu personnellement fin septembre 2023 pour l’avertir d’une menace imminente du Hamas, et que les deux hommes s’étaient entretenus pendant environ 45 minutes.
Une source émiratie a confirmé au Times of Israel que cet appel d’alerte de ben Zayed avait bien eu lieu.
Netanyahu a nié à plusieurs reprises avoir reçu le moindre avertissement – de la part des Émirats arabes unis ou de l’Égypte – concernant une menace imminente du Hamas. Il a régulièrement imputé la responsabilité de l’échec du 7-Octobre aux responsables israéliens de la sécurité et affirmé qu’il aurait ordonné une intervention rapide et empêché ce massacre s’il avait été réveillé aux premières heures de cette journée, alors que les chefs des services de sécurité discutaient de signes inquiétants en provenance de Gaza.
Netanyahu, qui cherche à conserver son poste de Premier ministre à l’issue des élections du 27 octobre, a refusé de mettre en place une commission d’enquête nationale – la plus haute instance d’enquête en Israël – sur la catastrophe du 7-Octobre, arguant qu’une commission indépendante nommée par la Cour suprême serait partiale envers le gouvernement. Il a plutôt plaidé en faveur d’une commission nommée par les législateurs, dont le mandat et le champ d’action seraient définis par les responsables politiques. Cependant, le gouvernement n’a mis en place aucune forme d’enquête au cours des trois années suivant les attaques du Hamas.