Le Shin Bet participe à l’interrogatoire du terroriste de flydubai aux Émirats
Après avoir interrogé l’équipage, Israël estime qu’aucun autre membre n’était impliqué dans la tentative du copilote de faire s’écraser l’avion sur Tel Aviv ; Donald Trump tient l'Iran pour responsable
Des agents du Shin Bet ont participé à l’interrogatoire du copilote qui a tenté de commettre un attentat terroriste à bord d’un vol flydubai la semaine dernière, a appris le Times of Israel.
Des enquêteurs de l’agence de sécurité intérieure se sont rendus aux Émirats arabes unis pour participer à l’interrogatoire de Hamam al-Hammami, une information dont la publication a été autorisée lundi par les responsables israéliens de la sécurité.
L’agence de sécurité intérieure du Shin Bet n’a pas souhaité faire de commentaires pour l’instant.
Le copilote, Hamam al-Hammami, de nationalité omanaise, a déclaré aux enquêteurs des Émirats arabes unis qu’il avait planifié une attaque consistant à faire s’écraser un avion rempli d’Israéliens avant même d’être embauché par la compagnie aérienne détenue par Dubaï, ont déclaré à Reuters deux responsables israéliens au courant de l’enquête.
Une troisième source informée de l’enquête menée par les Émirats arabes unis a déclaré à Reuters qu’Hammami avait prévu de faire s’écraser le vol de la semaine dernière sur l’aéroport Ben Gurion, près de Tel Aviv, comme l’avaient déjà rapporté les médias israéliens. Il avait également piloté un vol à destination de Tel Aviv plus tôt cette année et avait alors l’intention de détourner l’avion et de le faire s’écraser, mais avait finalement renoncé à le faire, a ajouté la source, confirmant ainsi des informations précédentes.
Les deux responsables israéliens ont indiqué que le copilote avait déclaré aux enquêteurs qu’il avait postulé pour un emploi auprès de la compagnie aérienne publique de Dubaï, flydubai, après avoir recherché des compagnies aériennes desservant Tel Aviv.
Un désastre a été évité à bord du vol Dubaï-Tel Aviv après que les passagers et l’équipage ont maîtrisé Hammami, qui avait utilisé la hache de secours de l’appareil pour attaquer le commandant de bord, Smit Machchhar, un ressortissant indien. Ce dernier a survécu à l’attaque et a été salué comme un héros pour avoir réussi à ouvrir la porte du cockpit. L’avion transportait plus de 170 passagers et membres d’équipage, pour la plupart israéliens.
Selon la chaîne N12, Israël a déclaré ne pas croire que d’autres membres de l’équipage de flydubai aient été impliqués dans la tentative d’Hammami de faire s’écraser l’avion.
Les membres d’équipage ont été interrogés par les enquêteurs des Émirats arabes unis, qui ont conclu à leur non-implication. Ces interrogatoires ont eu lieu à la demande d’Israël, après que certains passagers eurent signalé ce qu’ils considéraient comme un comportement étrange de la part d’autres membres d’équipage. Ces derniers ont reconnu avoir été choqués et bouleversés par le déroulement de l’attaque.
Israël partage les conclusions des enquêteurs des Émirats arabes unis, selon le reportage.
La chaîne a également rapporté, sans citer de source, que le copilote omanais avait déclaré à ses interrogateurs qu’il agissait « par vengeance pour Gaza » et qu’il « voulait mourir en martyr ».
N12 a également cité deux sources affirmant qu’un responsable de l’agence de renseignement du Mossad avait déclaré dimanche aux ministres du gouvernement israélien qu’Hammami avait effectué ces dernières années de brefs séjours dans plusieurs pays hostiles à Israël.
« Nous vérifions si, au cours de ces séjours, un individu ou une organisation quelconque l’a mobilisé ou recruté », aurait déclaré un représentant du Mossad.
Interrogé mercredi pour savoir s’il pensait que l’Iran était responsable de l’attaque contre le vol flydubai, le président américain a répondu : « Oui, personnellement, je le pense. »
Trump n’a pas précisé comment il était parvenu à cette conclusion et a déclaré que l’Iran serait frappé « très durement » s’il s’avérait qu’il était impliqué.
Toutefois, le vice-président américain, JD Vance, a déclaré qu’il n’avait pas vu de preuves concluantes reliant l’Iran à l’attaque, ajoutant qu’il s’en remettrait au directeur de la CIA, John Ratcliffe, et à d’autres responsables.
« Je ne veux pas devancer les annonces à ce sujet », a ajouté Vance.
« C’est certainement un sujet sur lequel nous nous penchons, mais je ne dirais pas pour l’instant avoir vu quoi que ce soit de concluant. »
Interrogé sur ses éventuelles inquiétudes concernant les pilotes étrangers volant aux États-Unis, Vance a déclaré : « Chaque fois qu’une personne vient de l’extérieur des États-Unis, il faut redoubler de prudence pour s’assurer que cette personne est vraiment quelqu’un de bien et qu’elle va contribuer à la société américaine.
« C’est ce qui s’est passé lors des attentats terroristes du 11-Septembre : nous avons fait entrer aux États-Unis de nombreuses personnes qui n’auraient pas dû se trouver ici et qui n’auraient certainement pas dû piloter d’avions. »
« Ce qui est intéressant dans cette affaire [flydubai], c’est que nous savions que cet individu posait problème – je ne parle pas ici des services de renseignement américains -, mais si l’on examine l’historique, cette personne n’aurait jamais dû être autorisée à piloter un avion de ligne », a poursuivi Vance.
« Nous sommes donc bien sûr en train de revoir nos procédures aux États-Unis pour nous assurer que les personnes présentant manifestement un risque pour la sécurité aérienne ne se retrouvent pas aux commandes d’un avion », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que le copilote avait subi une radicalisation islamiste, mais a ajouté qu’il était encore trop tôt pour déterminer si l’Iran était derrière cette attaque.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.