Israël en guerre - Jour 195

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Nisan Zeevi, à l'extrême droite, avec d'autres membres du Lobby 1701 lors d'une cérémonie de commémoration de la bataille de Tel Hai en 1920, le 21 mars 2024. (Crédit : Autorisation)
Nisan Zeevi, à l'extrême droite, avec d'autres membres du Lobby 1701 lors d'une cérémonie de commémoration de la bataille de Tel Hai en 1920, le 21 mars 2024. (Crédit : Autorisation)

Les Israéliens du nord exhortent les leaders mondiaux à faire respecter au Hezbollah les lignes de l’ONU

Le groupe terroriste refuse de retirer ses forces comme le prévoit la résolution 1701 de l’ONU de 2006 ; le Lobby 1701 cherche à éviter une répétition du 7 octobre

Pendant neuf ans, Nisan Zeevi a travaillé au développement de la région de Haute Galilée. En décembre dernier, il a fondé Lobby 1701 pour la sauver.

Lobby 1701, un groupe de citoyens, a appelé le président américain Joe Biden, le président français Emmanuel Macron et la communauté internationale à exiger le respect de la résolution 1701 de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette résolution, qui a mis fin à la deuxième guerre du Liban en 2006, préconise un cessez-le-feu permanent entre Israël et le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, appuyé par l’Iran. Elle prévoit également la création d’une zone démilitarisée entre la frontière nord d’Israël et le fleuve Litani au Liban.

Malgré la présence de la Force internationale des Nations unies au Liban (FINUL), le Hezbollah enfreint la résolution 1701 depuis 17 ans. Il a ainsi transformé le sud du Liban en un véritable bastion, où il dispose de quelque 150 000 roquettes et missiles dirigés contre Israël.

Presque immédiatement après le massacre du 7 octobre, au cours duquel 3 000 terroristes du Hamas ont déferlé sur Israël depuis la bande de Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime, tuant près de 1 200 personnes et prenant 253 otages, pour la plupart des civils, le Hezbollah a commencé ses frappes sur les communautés et les postes militaires israéliens. Ces frappes ont forcé quelque 80 000 habitants à évacuer 43 villes de Haute Galilée et du nord d’Israël.

Mercredi, un tir de roquette du Hezbollah a tué un homme de 25 ans à Kiryat Shmona. Il a été identifié dans la presse comme étant Zaher Bashara, un habitant du village druze d’Ein Qiniyye. Jusqu’à présent, les affrontements à la frontière nord ont causé la mort de huit civils du côté israélien, ainsi que celle de dix soldats et réservistes de Tsahal. Plusieurs attaques ont également été lancées depuis la Syrie, mais sans faire de blessés.

Le groupe de pression, Lobby 1701, a exhorté la communauté internationale à utiliser tous ses moyens diplomatiques pour faire pression sur le Hezbollah afin qu’il se conforme à la résolution 1701 et qu’il retire ses forces jusqu’à la rivière Litani. Cela n’a pas encore été fait. Le ministre de la Défense Yoav Gallant a prévenu que si la diplomatie ne fonctionnait pas, Israël repousserait le Hezbollah loin de la frontière par la force. Cela non plus n’a pas encore eu lieu, a indiqué Zeevi.

« La réalité est que ni la diplomatie ni la FINUL n’ont réussi à faire disparaître les roquettes, les équipements militaires et les armes du Hezbollah des maisons et des bunkers souterrains des habitants du sud du Liban », a ajouté Zeevi, ancien vice-président de Margalit Startup City Galil, un groupe qui a oeuvré pour le développement du commerce et de l’éducation en Haute-Galilée afin d’attirer des gens dans la région. Mais aujourd’hui, la Haute Galilée est devenue une zone militaire fermée.


Nisan Zeevi, fondateur de Lobby 1701, devant la porte de Kfar Giladi. (Crédit : Autorisation)

« Nous avons été chassés de nos maisons », a récemment raconté Bat-Hen Lavi, une habitante de Kiryat Shmona et membre de Lobby 1701, à la chaîne d’information israélienne i24. « Si l’ONU n’est pas en mesure de soutenir cette résolution pour garantir notre sécurité, nous ferons pression sur le gouvernement pour qu’il résolve le problème par des moyens militaires. »

« La résolution 1701 stipule clairement qu’il ne doit pas y avoir d’organisations terroristes au sud du fleuve Litani », a déclaré Dror Gavish, 40 ans, officier de santé mentale réserviste de la division nord de Tsahal, qui est resté au kibboutz HaGoshrim alors que sa famille compte désormais parmi les « réfugiés internes ». Gavish a expliqué que les États-Unis, la France et les Nations unies avaient signé la résolution, mais qu’Israël n’avait jamais exigé qu’elle soit appliquée. Les habitants du nord d’Israël avaient un faux sentiment de sécurité qui a brutalement pris fin le 7 octobre.

« Nous avons vu ce qu’ont vécu nos frères et sœurs dans le sud », a expliqué Gavish. « Nous pourrions être les prochains, et nous ne le permettrons pas. »

Gavish a ajouté que la situation était devenue « insupportable » et qu’Israël devait faire « tout ce qu’il faut » pour permettre aux Israéliens de rentrer chez eux.

Le mirador de Misgav Am, endommagé par les roquettes du Hezbollah. (Crédit : Autorisation)

« Si le gouvernement des États-Unis a persuadé Israël de retirer ses troupes du Liban en 2006, nous attendons de lui aujourd’hui qu’il soutienne Israël », a ajouté Gavish.

Des médiateurs américains et français ont tenté de négocier une solution diplomatique afin d’éviter ce qui, selon de nombreux observateurs, serait une guerre dévastatrice qui ferait des milliers de victimes de part et d’autre. Mais le Hezbollah « fait tout ce qu’il peut pour pousser Israël à la guerre », selon Sarit Zehavi, fondatrice et présidente du centre d’éducation et de recherche Alma, dans le nord d’Israël.

« Nous attendons le Hezbollah, c’est aussi simple que ça », a affirmé Omri Sofer, membre du Lobby 1701 et commandant de l’unité de défense locale du kibboutz Misgav Am, situé au sommet d’une colline à la frontière nord. Au lieu d’avoir une bande démilitarisée à l’intérieur du Sud-Liban pour garantir la sécurité d’Israël, c’est le nord du pays qui a été évacué et qui est devenu la bande de sécurité.

« Nous sommes le bouclier d’Israël », a indiqué Sofer, 41 ans, moins par fierté que par désarroi. « Nous sommes sur la ligne de front. Nous ne voulons pas être le bouclier. Nous voulons être protégés par des soldats, mais ce n’est pas le cas. Il n’y a pas de soldats entre nous et le Hezbollah ».

Selon lui, la première responsabilité d’un État est de défendre ses citoyens.

« C’est comme un contrat », a ajouté Sofer. « En Israël, ce contrat a été rompu le 7 octobre. » Lorsqu’il patrouille dans le kibboutz, il voit les maisons et les imagine incendiées et détruites après le passage du Hezbollah, comme l’a fait le Hamas quand il a ravagé les communautés du sud.

« C’est une chance que les massacres du 7 octobre n’aient pas eu lieu ici », a expliqué Sofer. Selon Orna Mizrach, ancienne directrice adjointe du Conseil national de sécurité, le Hezbollah avait, en fait, prévu d’attaquer Israël de cette manière, mais le Hamas lui a « piqué » son idée et a commis les atrocités à sa place.

Selon Zeevi, le point « positif » est que l’attaque du 7 octobre n’ayant pas eu lieu dans le nord du pays, « cela nous a donné une seconde chance de nous préparer ».

Omri Sofer, au centre, avec une banderole de remerciement des enfants de l’équipe d’intervention d’urgence au kibboutz Misgav Am. Les enfants ont tous été évacués et seule l’équipe se trouve dans le kibboutz. (Crédit : Autorisation)

Le gouvernement ne voit pas le Nord

Bien que la guerre avec le Hezbollah n’ait pas encore officiellement éclaté, les membres de Lobby 1701 affirment que les communautés abandonnées et les attaques quotidiennes sont la preuve que la guerre en réalité bel et bien commencé. Du 17 au 23 mars, le Hezbollah a tiré 76 obus de mortier et d’artillerie sur Israël, ainsi que 14 missiles à guidage de précision et neuf infiltrations de drones. Deux soldats israéliens ont été blessés. Et cela en une seule semaine.

130 maisons de la ville de Metula ont été endommagées par des roquettes du Hezbollah. Le maire, David Azulay, qui passe presque tout son temps dans la salle de crise de la ville depuis le 7 octobre, a la triste tâche d’appeler les habitants évacués pour les informer que leurs maisons ont été endommagées.

Partout dans cette ville pittoresque, on trouve des signes de guerre : bâtiments bombardés, structures effondrées, fenêtres brisées. Azulay est frustré par ce qu’il considère comme un abandon de la part du gouvernement israélien.

A LIRE : Un seul élu présent et 11 absents à la commission de la Knesset sur l’économie du nord dévastée

« Le gouvernement ne voit pas le nord », a-t-il déclaré par téléphone au Times of Israel. « Il ne nous aide pas économiquement, culturellement ou en termes de sécurité. Nous continuons à être la cible d’attaques à la roquette. Personne ne nous dit rien et nous ne savons rien. » Il a l’air exaspéré – et épuisé.

Que pense-t-il du lobby 1701 ?

« Je soutiens tous les groupes qui essaient de trouver une solution pour nous », a répondu Azulay.

Les membres de la Knesset en visite dans le nord, de gauche à droite : Eliyahu Revivo, Yoav Segalovich, Omri Sofer, membre du Lobby 1701, Efrat Rayten et Merav Goldich, de l’équipe d’intervention d’urgence de Misgav Am. (Crédit : Autorisation)

Efrat Rayten, députée de la Knesset, a récemment effectué une tournée dans le nord du pays avec des membres du Lobby 1701. Elle a initié le Caucus pour la réhabilitation des communautés du Nord, précisant que les responsables des conseils régionaux, des organisations civiques et des initiatives locales sont venus en aide aux résidents.

Elle a également rencontré des citoyens « incroyablement débrouillards et entreprenants, frustrés par le manque d’attention et l’incertitude. Ils veulent des réponses, ils veulent la sécurité, ils veulent retrouver leur vie », explique-t-elle.

Dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu, Rayten a exigé la création d’une Direction du Nord, « mais le gouvernement traîne les pieds sur la question. Combien de temps encore va-t-il normaliser cette terrible routine ? »

Nisan Zeevi s’adressant à un groupe de diplomates à Tel Aviv : « Il est impossible de compter sur une solution diplomatique à la situation avec le Hezbollah » (Crédit : Autorisation)

Zeevi a indiqué qu’il avait créé Lobby 1701 avec quelques-uns de ses meilleurs amis dans la région pour faire avancer la question de la sécurité à long terme dans le nord du pays. Le groupe, qui, selon lui, représente les 80 000 Israéliens évacués, a fait l’objet d’une couverture médiatique par divers médias étrangers, dont Le Figaro, The Daily Telegraph et CNN. Ils ont reçu des messages de soutien, mais aucune action concrète. Lorsqu’il entend des manifestants anti-Israël dire « Du fleuve à la mer », il pense « de la frontière au fleuve ».

Le député Yoav Segalovich, ancien vice-ministre de la Sécurité intérieure, a également fait le tour du nord avec les membres de la Knesset Rayten et Eliyahu Revivo.

Segalovich a souligné qu’avec le Lobby 1701, « nous demandons la mise en œuvre d’un plan national pour le nord du pays ».

Il a plaidé en faveur d’un plan global portant sur l’économie, l’emploi, la recherche universitaire, la culture et le retour des entreprises de biotechnologie et de high-tech, mais aucun budget de l’État n’est prévu à cet effet.

En neuf ans, Zeevi a contribué à l’installation de 85 start-ups en Haute Galilée. Il a encouragé les jeunes familles à s’installer dans la région, ce qu’elles ont fait. « Nous pensions que nous vivions en Toscane », a-t-il déclaré. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

Les habitants ont été informés qu’ils ne pourraient pas retourner chez eux avant juillet 2024, mais une source militaire a indiqué qu’il était plus probable que la date soit reportée à janvier 2025.

Selon Zeevi, des milliers de familles risquent de ne jamais retourner chez elles si le Hezbollah continue de les menacer.

« Un autre abri, une nouvelle barrière ou un nouveau dôme de fer ne suffiront plus à nous convaincre », a-t-il déclaré. « Nous voulons la sécurité, pas un faux sentiment de sécurité. Il a ajouté que si les gens ne retournent pas dans la région, cela signifiera que « le Hezbollah aura de facto occupé le nord ».

Gavish a ajouté : « Si nous abandonnons nos maisons à la frontière, alors plus personne n’est en sécurité dans l’État d’Israël ».

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