Les parents d’une soldate tuée le 7 octobre : « Toutes les filles disaient que le Hamas planifiait quelque chose de gros »

Les parents de Roni Eshel ont aussi affirmé que les officiers avaient 'pris la fuite', laissant derrière eux les soldates, qui n'avaient ni armes, ni formation au combat

Roni Eshel, une soldate de l'armée israélienne, tuée par des terroristes du Hamas sur la base militaire du kibboutz Nahal Oz, à proximité de la frontière de Gaza le 7 octobre 2023. (Crédit : Eyal Eshel via AP)

Les parents de la sergente Roni Eshel, 19 ans, soldate de surveillance tuée lors de l’assaut lancé par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre, ont répété samedi que les troupes avaient tenté de tirer la sonnette d’alarme avant l’attaque mais que leurs avertissements avaient été ignorés.

Ils ont aussi affirmé que les officiers, dans la matinée de l’attaque meurtrière, avaient « pris la fuite », laissant derrière eux les soldates, qui n’étaient pas armées.

« Toutes les filles avaient dit à leurs parents qu’après Souccot, le Hamas planifiait quelque chose de gros », a dit Sharon Eshel devant les caméras de la Douzième chaîne.

« Si un observateur, au sein de l’armée, était au courant que quelque chose arriverait après la fête, ce serait véritablement explosif », a-t-elle ajouté. Le massacre avait eu lieu au dernier jour de Souccot.

« Finalement, ceux qui sont parvenus à quitter le Centre d’opération d’urgence ont été les officiers qui ont laissé les filles derrière eux. Depuis quand est-ce que les officiers sont les premiers à prendre la fuite ? Les soldates n’avaient pas de formation au combat, elles n’avaient pas d’armes et eux, ils se sont sauvés, ils les ont abandonnées. Elles ont été brûlées vives, il faut le dire. »

Il est difficile de dire si les officiers ont en effet pris la fuite, ou s’ils sont partis pour tenter de défendre la base en cette matinée du 7 octobre.

Eshel, 19 ans, était dans l’armée depuis un an et deux mois. Elle travaillait comme sentinelle spécialisée dans les communications dans une base militaire située au kibboutz Nahal Oz — elle faisait partie de l’équipe chargée de regarder les images retransmises par les caméras placées sur la barrière high-tech séparant Israël et la bande de Gaza, la barrière franchie par les terroristes du Hamas, ce jour-là.

Elle a d’abord été considérée comme portée-disparue pendant plus d’un mois alors que ses parents cherchaient désespérément des informations sur le sort qui lui avait été réservé. Le 9 novembre, l’armée a confirmé qu’elle avait été tuée pendant l’attaque initiale.

Sa famille a déclaré, dans de nombreux entretiens, que Roni avait informé ses proches des entraînements que le Hamas faisait à la frontière.

Selon des informations, les commandants avaient refusé d’écouter les mises en garde des jeunes soldates chargées de la surveillance et ces dernières estiment que le sexisme a pu être un facteur à l’origine de cette ignorance.

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