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Des soldates avaient signalé les activités suspectes du Hamas avant le 7 octobre

Les observatrices rescapées du massacre affirment avoir averti le commandement d'excavations et d'entraînements près de la barrière, mais elles ont été ignorées

Des membres du Hamas photographiés à la frontière un mois avant l'assaut du groupe terroriste le 7 octobre (Crédit : Capture d'écran utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Des membres du Hamas photographiés à la frontière un mois avant l'assaut du groupe terroriste le 7 octobre (Crédit : Capture d'écran utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Le massacre brutal perpétré par le Hamas le 7 octobre a été précédé par des mois de signes précurseurs relevés par les soldates aux postes d’observation de Tsahal et ignorés par les responsables des services de renseignement qui les considéraient comme insignifiants, d’après les témoignages recueillis ces derniers jours.

Au moins trois mois avant l’attaque, des observatrices servant dans une base à Nahal Oz ont signalé la présence d’activités inhabituelles à la frontière déjà agitée de Gaza, située à seulement un kilomètre de là.

Les activités signalées par les observatrices portaient notamment sur les séances d’entraînement organisées plusieurs fois par jour par le Hamas, sur les trous creusés et sur la mise en place d’explosifs le long de la frontière. Selon les témoignages des soldates, aucune mesure n’a été prise par ceux qui ont reçu ces informations.

Les soldates des postes d’observations de Tsahal, appelées en hébreu tatzpitaniyot, appartiennent au Corps de renseignement de combat et opèrent le long des frontières du pays, ainsi que dans toute la Cisjordanie.

Ces observatrices sont souvent appelées « les yeux de l’armée », car elles fournissent des informations en temps réel aux soldats sur le terrain, 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Les soldates collectent des informations au moyen de diverses caméras, capteurs et cartes, et ont pour mission de signaler le moindre mouvement sur les 15 à 30 kilomètres de terrain qu’elles sont chargées de surveiller.

Une fois les informations pertinentes recueillies par les observatrices, elles sont transmises à la chaîne de commandement, notamment aux chefs des services de renseignement, qui décident alors des mesures à prendre. Or, selon les témoignages de deux soldates de l’unité de surveillance stationnée sur une base du kibboutz Nahal Oz, les signes précurseurs du 7 octobre n’ont à aucun moment été pris au sérieux.

Yael Rotenberg (Crédit : Kan TV screenshot ; utilisé conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Dans une émission diffusée sur Kan News mercredi soir, deux soldates, Yael Rotenberg et Maya Desiatnik, ont décrit les événements qu’elles ont observés au cours des mois qui ont précédé l’attaque et jusqu’à 6h30 du matin le samedi 7 octobre.

Yael Rotenberg a raconté comment elle voyait très souvent de nombreux Palestiniens habillés en civil s’approcher de la barrière frontalière avec des cartes, examiner le sol autour de la barrière et creuser des trous. Lorsqu’elle a transmis l’information, on lui a répondu qu’il s’agissait de fermiers et qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter.

Rotenberg dormait lorsque l’attaque a commencé, et de toutes les soldates des postes d’observation se trouvant dans les quartiers d’habitation ce matin-là, elle est la seule à avoir survécu. Desiatnik, qui était en service, est la seule autre soldate de la base à ne pas avoir été tuée ou enlevée.

Des terroristes du Hamas franchissent la barrière frontalière entre Israël et Gaza le 7 octobre 2023 (Crédit : capture d’écran de Kan TV ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

« C’est insupportable », a-t-elle déclaré à Kan au sujet de l’échec des services de renseignement. « Nous avons vu ce qui se passait, nous leur en avons parlé, et c’est nous qui avons été assassinées. »

Maya Desiatnik (Crédit : capture d’écran de Kan TV ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

« Les terroristes du Hamas étaient constamment en train de s’entraîner à la barrière frontalière », a expliqué Maya Desiatnik à la chaîne de télévision Kan TV. « Au début, c’était une fois par semaine, puis une fois par jour, et enfin presque constamment. »

En plus de transmettre des informations sur la fréquence des entraînements à la barrière, la soldate a indiqué qu’elle avait recueilli des renseignements sur la nature de ces entraînements, qui portaient notamment sur la conduite d’un char d’assaut et sur la manière de pénétrer en Israël par un tunnel. Au fur et à mesure que l’activité à la frontière augmentait, elle s’est rendu compte que « ce n’était qu’une question de temps » avant que quelque chose ne se produise.

Amit Yerushalmi et Noa Melman, deux anciennes tatzpitaniyot ont corroboré les récits des deux survivantes dans une interview publiée par la Douzième chaîne jeudi matin.

Amit Yerushalmi venait de terminer son service obligatoire un mois avant le 7 octobre et avait pu constater l’augmentation de l’activité à la frontière de Gaza au cours des mois qui ont précédé son retour à la vie civile.

« Nous étions en poste et nous avons vu les convois de camionnettes. Nous avons vu les entraînements, les gens qui tiraient et roulaient, qui s’entraînaient à prendre le contrôle d’un char. L’entraînement est passé d’une fois par semaine à deux fois par semaine, de tous les jours à plusieurs fois par jour », explique-t-elle à la Douzième chaîne.

« Nous avons vu les patrouilles le long de la frontière, des hommes munis d’appareils photo et de jumelles. Cela se passait à 300 mètres de la clôture. Il y a eu beaucoup de troubles, des individus s’approchaient de la clôture et déclenchaient une quantité incroyable d’explosifs ; la quantité d’explosifs était vraiment énorme. »

Comme Rotenberg et Desiatnik, Yerushalmi dit avoir transmis ces informations, mais personne n’a semblé les prendre au sérieux.

« J’ai vu ce qui se passait, j’ai tout noté sur l’ordinateur et je l’ai transmis. Je ne sais pas ce qu’il en est advenu, nous ne savons pas ce comment les informations sont traitées. »

Melman a terminé son service obligatoire il y a environ neuf mois, mais elle a confié à la Douzième chaîne qu’à l’époque déjà, il y avait des indications de ce qui allait se passer, notamment une fausse barrière frontalière mise en place par le Hamas pour que les terroristes puissent s’entraîner, encore et encore, à faire exploser la frontière et à passer de l’autre côté.

« Nos commandants nous ont dit de rapporter ce que nous voyions, mais tout le monde a réagi comme si c’était normal, comme si c’était de la routine », a-t-elle déclaré.

Mercredi soir, la douzième chaîne a acquis et diffusé des images vidéo dans lesquelles on peut voir un convoi de camionnettes blanches, très prisées par les terroristes du Hamas et utilisées le 7 octobre, passer devant la barrière frontalière et s’arrêter à un moment donné, les conducteurs observant la frontière.

Selon la Douzième chaîne, ces images auraient été prises un mois avant le 7 octobre, une affirmation qui a été contestée, d’autres informations affirmant qu’elles avaient été prises une semaine cette date fatidique.

Un correspondant militaire de Ynet a parlé de ces images comme de « vieilles nouvelles » dans une publication sur X. « Ce sont des camionnettes avec des membres du Hamas ; depuis 2015, ils patrouillent quotidiennement la frontière de Gaza », a-t-il ajouté.

Un reportage réalisé en 2015 par la chaîne l’a confirmé, et l’on y voit des images du Hamas patrouillant la route frontalière, alors nouvellement construite, à quelque 300 mètres de la clôture.

À l’époque, Ynet avait indiqué qu’il n’était pas en mesure de déterminer si les patrouilles étaient effectuées à des fins de renseignement ou si elles avaient pour but d’intimider Tsahal.

La Douzième chaîne a néanmoins précisé que la patrouille dans la dernière vidéo différait des patrouilles habituelles, sans en expliquer les raisons.

« Lorsque nous avons vu le convoi de camionnettes, nous avons signalé qu’il était suspect, qu’il ne devrait pas être là, que cela ne faisait pas partie des exercices habituels. En deux ans de service, je n’avais jamais rien vu de tel. »

Dans les semaines qui ont précédé le 7 octobre, Rotenberg a remarqué que les activités des soldats du Hamas se concentraient sur deux points précis de la zone qu’elle était chargée de surveiller. Mais ses supérieurs ont continué à lui dire que ce n’était pas important et qu’il n’y avait rien à faire.

Le 7 octobre, les zones mises en évidence par Rotenberg n’étaient que deux des multiples points le long de la clôture par lesquels 2 500 terroristes du Hamas ont pénétré en Israël.

Desiatnik est arrivée à son poste à 3 h 30 du matin le 7 octobre. Tout a commencé normalement, a-t-elle confié sur Kan, mais à 6 h 30, tout a changé.

« On a vu des hommes, armés de fusils, arriver de toutes parts vers la frontière. Il y avait des motos et des camionnettes qui se dirigeaient tout droit vers la barrière », raconte-t-elle.  » On les a vus faire exploser la barrière et la démolir. On pleurait peut-être, mais on a continué à remplir notre mission. »

C’est à ce moment-là que leurs caméras ont été coupées.

Des terroristes du Hamas sous un poste d’observation de Tsahal à la barrière frontalière entre Israël et Gaza, le 7 octobre 2023 (Crédit : capture d’écran de Kan TV ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

S’adressant à la Douzième chaîne, Yerushalmi a parlé du sentiment des survivantes du massacre de l’échec total de Tsahal à les protéger après avoir manqué de prendre leurs avertissements au sérieux.

« Elles [les observatrices] ont compris ce qui se passait et savaient exactement ce qu’elles devaient faire. D’habitude, dans ce genre d’événements, on comprend très vite ce qui se passe. »

« On nous a appris que notre tâche était de signaler l’incident, de diriger les hélicoptères vers la scène et que quelqu’un viendrait nous sauver », dit-elle. « Notre mission était de protéger le kibboutz, pas nous-mêmes. Ils nous ont toujours assuré que quelqu’un viendrait nous protéger. »

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