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Le Conseil de Paix dévoile un plan de reconstruction de Gaza de 2,4 Mds de $, mais des obstacles subsistent

Des représentants de l’instance soutenue par les États-Unis ont présenté à des diplomates étrangers 66 projets et sollicité des financements, sans calendrier précis pour leur lancement

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Sir Tony Blair, membre fondateur du Conseil de Paix et ancien Premier ministre britannique, s'exprimant lors d'une réunion d'information de haut niveau organisée par le Conseil de Paix, à New York, le 23 septembre 2026. (Crédit : Ryan Murphy/Getty Images/AFP)
Sir Tony Blair, membre fondateur du Conseil de Paix et ancien Premier ministre britannique, s'exprimant lors d'une réunion d'information de haut niveau organisée par le Conseil de Paix, à New York, le 23 septembre 2026. (Crédit : Ryan Murphy/Getty Images/AFP)

NEW YORK — Mercredi, le Conseil de Paix, sous l’égide des États-Unis, a dévoilé son plan semestriel visant à lancer la reconstruction de la bande de Gaza, dévastée par la guerre. Ses émissaires ont indiqué aux représentants des dizaines de pays présents qu’ils auraient besoin de 2,45 milliards de dollars pour mettre en œuvre leurs 66 premiers projets.

« Au cours de l’année à venir, nous passerons de la phase de préparation à celle de mise en œuvre », a déclaré Tony Blair, envoyé spécial du Conseil de Paix et ancien Premier ministre britannique, en présentant le « Programme de relance de Gaza sur six mois » à plusieurs centaines de diplomates étrangers et de journalistes en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

Aucune date de lancement n’a toutefois été communiquée pour ce programme, car celui-ci dépend presque entièrement de la remise par le groupe terroriste palestinien du Hamas de ses armes et du contrôle de Gaza au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), un nouveau gouvernement de technocrates palestiniens supervisé par le Conseil de Paix.

Après des mois de négociations, le Hamas a accepté, le 30 juillet, le plan de désarmement proposé par le Conseil de Paix, mais sa mise en œuvre est au point mort en raison du rejet de cette proposition par Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a insisté sur le fait que l’armée israélienne ne se retirerait qu’une fois le Hamas complètement désarmé, rejetant ainsi le cadre progressif et réciproque envisagé dans la proposition.

Les responsables du Conseil de Paix estiment que Netanyahu refuse de coopérer à l’approche des prochaines élections israéliennes et pensent que leur influence sur Jérusalem reviendra après le scrutin, quel que soit le vainqueur. Cependant, Israël est confronté à un risque réel d’impasse lors du scrutin du 27 octobre, ce qui compliquerait considérablement les efforts visant à faire avancer le programme de relance.

Nickolay Mladenov, un autre envoyé de haut rang du Conseil de Paix, a reconnu que « les discussions avec Israël ne sont pas faciles en ce moment en raison des élections dans ce pays ».

« Tout est un peu plus chargé en émotions, un peu plus sensible sur le plan politique. »

Il a toutefois insisté sur le fait qu’Israël et le Conseil de Paix s’accordaient sur l’objectif final, à savoir la démilitarisation du Hamas et le transfert des armes de toutes les factions armées au NCAG.

Une nouvelle force de police de Gaza fait partie des instances chargées de remplacer le Hamas et de contribuer au processus de désarmement. Cependant, son déploiement est bloqué par Israël, qui refuse d’autoriser les recrues qu’il a lui-même sélectionnées à quitter la bande de Gaza pour suivre une formation en Égypte.

Les représentants du Conseil de Paix qui ont présenté le programme de reconstruction aux diplomates étrangers n’ont pas insisté sur ces obstacles.

Des pompiers gazaouis éteignant l’incendie d’un véhicule touché par une frappe aérienne israélienne à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 23 septembre 2026. (Crédit : Ramadan Abed/Reuters)

« Nous n’avons pas parlé de qui était responsable. Les gens se sont simplement concentrés sur les solutions, pas sur les slogans ni sur les discours politiques. C’était vraiment l’objectif de cette journée », a déclaré l’envoyé spécial américain Jared Kushner en conclusion.

La semaine dernière, le Times of Israel a été le premier à révéler ces projets ainsi que le programme de la réunion d’information de mercredi.

Leur mise en œuvre apporterait un soulagement considérable aux Gazaouis grâce à la remise en état des routes, des habitations, des écoles, des mosquées, des hôpitaux, des ports et des points de passage, à l’augmentation des livraisons de carburant et de denrées alimentaires, à l’amélioration de la connectivité Internet et mobile, à la relance du système judiciaire et d’une compagnie aérienne palestinienne, à la création d’entrepôts et de pôles logistiques, d’un parc technologique à Gaza, d’un nouveau système de paiement numérique, d’un centre de règlement alternatif des litiges et d’une radio communautaire.

Il existe également des projets visant à désarmer le Hamas, notamment le démantèlement des tunnels, un programme de rachat d’armes, la mobilisation de la Force internationale de stabilisation (ISF) et la formation d’une nouvelle force de police à Gaza.

Sir Tony Blair, Steve Witkoff et Jared Kushner assistant à une présentation lors d’une réunion d’information de haut niveau du Conseil de Paix, à New York, le 23 septembre 2026. (Crédit : Ryan Murphy/Getty Images/AFP)

Le commissaire en chef du NCAG, Ali Shaath, a déclaré que la priorité absolue serait accordée aux projets visant à préparer Gaza pour l’hiver. Les responsables du Conseil de Paix ont en effet reçu des avertissements d’experts météorologiques israéliens qui prévoient un hiver plus précoce cette année, avec des conditions plus extrêmes que la normale, ont indiqué deux sources proches du dossier.

Shaath a insisté sur le fait que le comité ferait preuve « d’impartialité » en matière de projets de reconstruction, en planifiant des initiatives tant pour la « zone rouge » de Gaza, actuellement contrôlée par le Hamas, que pour la « zone verte » de la bande de Gaza, actuellement sous contrôle israélien.

Les sceptiques craignent que la reconstruction ne se fasse qu’en dehors de la « zone rouge », où vit la grande majorité des Gazaouis. On peut se demander s’ils seront disposés à s’installer dans la « zone verte » si Israël ne retire pas ses troupes.

Le mois dernier, Mladenov a dénoncé les restrictions « inacceptables » imposées par Israël à l’entrée d’abris temporaires, qui ont entravé la capacité à venir en aide à plus d’un million de Gazaouis vivant encore sous des tentes dans la « zone rouge », la partie côtière de l’enclave, après trois ans de conflit.

Le Dr. Ali Shaath, commissaire en chef du Comité national pour l’administration de Gaza, s’exprimant lors d’une réunion d’information de haut niveau du Conseil de Paix, à New York, le 23 septembre 2026. (Crédit : Ryan Murphy/Getty Images/AFP)

L’un des 66 projets consiste à fournir des caravanes à environ 400 000 Gazaouis vivant actuellement sous des tentes. Cela laisse supposer que la grande majorité de ceux qui ne sont pas concernés par ce projet resteront sous tente dans un avenir prévisible.

Le « Programme de relance de Gaza sur six mois », consulté par le Times of Israel, indique que la Turquie s’est engagée à faire don de 70 000 mobil-homes et que 5 000 mobil-homes offerts par l’Égypte et le Qatar se trouvent actuellement du côté égyptien de la frontière de Gaza, Israël refusant de les laisser entrer dans la bande de Gaza.

Avec 2,45 milliards de dollars nécessaires rien que pour mettre en œuvre les six premiers mois des programmes de relance, les représentants du Conseil de Paix vont demander aux gouvernements étrangers d’honorer les engagements pris lors d’une conférence des donateurs en février.

Une dizaine de pays ont promis 17 milliards de dollars, mais seuls 280 millions ont été versés. Mladenov a précisé que le Conseil de Paix ne sollicitait des fonds que lorsqu’il était prêt à les utiliser, et a indiqué que ce moment approchait.

Par ailleurs, lors de cette réunion d’information, le général Jasper Jeffers, commandant de l’ISF et de l’armée américaine, a présenté une approche en cinq étapes pour traiter la question épineuse de la démilitarisation du Hamas.

La première étape prévoit le déploiement de 500 soldats marocains et kosovars, première vague de l’unité multinationale, qui sera ensuite renforcée par des troupes venues d’Albanie et du Kazakhstan.

Leur mission consistera à démilitariser l’enclave et à contribuer au démantèlement des infrastructures militaires du groupe terroriste palestinien du Hamas.

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