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« Nous n’avons pas cédé » : à l’ONU, Pezeshkian défend la « résistance » de l’Iran et de Gaza

Le président iranien se dit ouvert au dialogue, mais refuse "le langage de la force" américain ; il affirme que Téhéran ne renoncera jamais au nucléaire "pacifique"

Le président iranien Massoud Pezeshkian tenant une photo du défunt guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, le 23 septembre 2026. (Crédit : Stefan Jeremiah/AP)
Le président iranien Massoud Pezeshkian tenant une photo du défunt guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, le 23 septembre 2026. (Crédit : Stefan Jeremiah/AP)

Le président iranien Massoud Pezeshkian a promis mercredi que Téhéran poursuivrait sa « résistance » face aux pressions et aux menaces des États-Unis, tout en affirmant que la « résistance » se poursuivrait également à Gaza tant que perdureraient, selon lui, « l’occupation, l’agression et l’injustice », dans un discours provocateur prononcé devant l’Assemblée générale des Nations unies (ONU).

« Les menaces ne feront que renforcer l’unité de notre peuple, accroître sa force et intensifier la résistance des Iraniens », a-t-il dit à la tribune de l’ONU, lors de sa première intervention devant cette instance depuis le début de la guerre qui oppose actuellement son pays aux États-Unis, une guerre qui avait été déclenchée fin février par des frappes américano-israéliennes.

Au cours du discours de Pezeshkian, le seul diplomate américain présent dans la salle a quitté les lieux. La mission des États-Unis auprès de l’ONU n’a pas répondu à une demande de commentaires.

« C’est ce que Trump et ceux qui veulent jouer les caïds doivent comprendre », a déclaré Pezeshkian en référence au président américain. « Nous sommes prêts au dialogue, mais ils doivent savoir que nous n’accepterons pas le langage de la force. »

« Les déclarations faites hier par le président américain… témoignent clairement d’une logique d’intimidation. … Le peuple iranien ne courbera pas l’échine devant la force. … Ceux qui sont eux-mêmes des terroristes et qui forment des terroristes nous traitent de terroristes », a-t-il ajouté, faisant référence aux propos tenus la veille par Trump, qui avait qualifié l’Iran de premier commanditaire mondial du terrorisme et déclaré qu’il pourrait « anéantir » le pays.

Abordant la question du détroit d’Ormuz, il a fait savoir que la République islamique ne pouvait pas accepter que « tous profitent de cette voie navigable » tandis que l’Iran, qu’il a présenté comme son « gardien historique », serait privé, en raison des sanctions, de la liberté de navigation jusque dans ses propres eaux.

Les sièges vides de la délégation américaine pendant l’adresse du président iranien Massoud Pezeshkian à la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 23 septembre 2026. (Crédit : Alexi J. Rosenfeld/Getty Images/AFP)

Téhéran a fait savoir aux États-Unis, par l’intermédiaire de médiateurs, à quelles conditions il accepterait de rouvrir cette voie navigable stratégique, ont indiqué mardi des sources iraniennes à Reuters.

Pezeshkian a accusé les États-Unis d’entraver le trafic maritime iranien tout en acheminant des missiles à leurs alliés via le détroit. Depuis le début de la guerre, l’Iran cherche à entraver la navigation dans cette voie essentielle à l’approvisionnement énergétique mondial. En réponse, les États-Unis ont imposé un blocus aux ports iraniens.

Abordant la situation à Gaza, Pezeshkian a affirmé que « tant que l’occupation, l’agression et l’injustice perdureront dans le monde, la résistance se poursuivra ».

« Si elle est affaiblie sous une forme, elle réapparaîtra sous d’autres, peut-être même plus forte », a-t-il ajouté. « Que devrait-elle faire d’autre ? Accepter de se soumettre à la loi du plus fort ? »

Le régime iranien soutient de longue date le groupe terroriste palestinien du Hamas, dont le pogrom lancé depuis Gaza contre Israël le 7 octobre 2023 a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.

Pezeshkian a accusé Israël de « commettre un génocide avec les moyens dont il dispose, puis de traiter les autres de terroristes ».

Israël rejette les accusations de « génocide » à Gaza. Il affirme chercher à limiter les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les habitants de Gaza comme boucliers humains, menant ses opérations depuis des zones civiles, notamment des habitations, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.

« Oui, ils nous ont attaqués, mais nous n’avons pas courbé l’échine », a déclaré Pezeshkian, faisant référence aux frappes israélo-américaines contre l’Iran.

Le président iranien Massoud Pezeshkian brandit des photographies alors qu’il prononce un discours lors de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 23 septembre 2026. (Crédit : Heather Khalifa/AP)

« Nos systèmes de défense ont été mis en place pour que personne ne puisse imaginer bombarder les villes iraniennes sans s’exposer à une riposte », a déclaré Pezeshkian.

Israël et l’Iran ont en grande partie cessé leurs échanges de tirs en avril, mais les tensions entre les États-Unis et l’Iran autour du détroit d’Ormuz et du programme nucléaire iranien persistent. Les Houthis du Yémen, soutenus par la République islamique d’Iran, affrontent également actuellement une coalition dirigée par l’Arabie saoudite.

Pezeshkian a aussi souligné que l’Iran ne transigerait jamais sur son droit à une technologie nucléaire à des fins pacifiques.

« Pour notre nation, la technologie nucléaire est une partie de notre droit au développement », a-t-il déclaré. « Nous l’affirmons explicitement : ni armes nucléaires ni privation du savoir nucléaire. »

« Nous voulons l’énergie pour le développement, pas pour fabriquer une bombe, détruire et menacer la société », a-t-il insisté, qualifiant la technologie nucléaire pacifique de « composante intrinsèque de notre progrès ».

Pezeshkian a accusé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’agence nucléaire de l’ONU, d’appliquer deux poids, deux mesures en matière d’inspections nucléaires, en faisant référence au programme nucléaire militaire présumé d’Israël.

« La bombe atomique et les autres armes de destruction massive de la région sont entre les mains du régime israélien, et pourtant c’est l’Iran que l’on soumet à des inspections », a-t-il déclaré.

L’Iran a toujours nié chercher à se doter d’armes nucléaires. Il a toutefois enrichi de l’uranium à des niveaux qui n’ont aucune application pacifique, empêché les inspecteurs internationaux de contrôler ses installations nucléaires et développé ses capacités en matière de missiles balistiques.

Le président Massoud Pezeshkian (2ᵉ à droite) écoute le directeur de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami, lors d’une visite d’une exposition consacrée aux réalisations nucléaires de l’Iran, à Téhéran, le 9 avril 2025. (Crédit : Présidence iranienne/AP)

Brandissant une photo du défunt guide suprême Ali Khamenei, tué lors des premières frappes de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, Pezeshkian a déclaré : « nous ne sommes pas terroristes ; nous sommes victimes du terrorisme ».

Pezeshkian a montré des images de civils iraniens tués lors d’attaques américaines et israéliennes, notamment des écolières de Minab tuées le premier jour de la guerre lors d’une frappe américaine.

Il a affirmé que l’Iran s’était contenté de « se défendre avec la plus grande fermeté » contre l’agression.

« Nous avons riposté, mais nous n’avons pas frappé les populations civiles », a-t-il affirmé à tort. Vingt et un civils israéliens et ressortissants étrangers ont été tués en Israël lors d’attaques de missiles balistiques iraniens pendant la guerre de 2026, ainsi que quatre Palestiniens en Cisjordanie.

Les frappes iraniennes ont également visé des zones civiles dans toute la région, notamment en Irak, aux Émirats arabes unis, au Koweït, à Bahreïn, en Arabie saoudite et au-delà.

Pezeshkian a également affirmé que « depuis 200 ans l’Iran n’a attaqué aucun pays. Deux cents ans. Nous nous sommes toujours défendus ».

Cette année, l’Iran et ses mandataires ont lancé des attaques répétées à la roquette et au drone contre presque tous les pays arabes du Moyen-Orient, ainsi que contre Israël, Chypre et la Turquie.

Un réseau de groupes terroristes soutenus par l’Iran a attaqué des zones civiles en Israël et participé à des conflits dans toute la région pendant des dizaines d’années.

Par ailleurs, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, a déclaré mercredi que l’Iran avait exposé ses conditions pour une reprise des négociations « d’une manière qui ne laisse place à aucun doute ni à aucune ambiguïté, qui n’offre aucune excuse ni aucun prétexte à aucune des parties », lors d’une réunion tenue la veille avec de hauts responsables américains.

Dans un message publié sur X, il a déclaré que la guerre devait prendre fin « sur tous les fronts », une référence apparente à l’arrêt des opérations israéliennes au Liban contre le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran.

Baghaei a réitéré les exigences iraniennes selon lesquelles le blocus américain des ports iraniens et les sanctions économiques devaient être levés, tandis que les avoirs iraniens gelés devaient être débloqués pour permettre la reprise des négociations.

Il a également déclaré que les États-Unis devaient accepter une « voie maritime sûre » à travers le détroit d’Ormuz, dont le tracé serait déterminé par l’Iran et Oman.

Trump a déclaré mardi que ses émissaires, Steve Witkoff et Jared Kushner, avaient rencontré pendant trois heures des membres d’une délégation iranienne, dont le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, et qu’une nouvelle réunion était prévue dans un « avenir très proche ».

Toutefois, selon l’agence de presse iranienne semi-officielle Tasnim, la rencontre entre Araghchi et les émissaires américains n’avait pas été autorisée par les instances décisionnelles du pays, notamment le puissant Conseil suprême de sécurité nationale.

Reuters a contribué à cet article.

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