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Un fonds de Floride poursuit le New York Times pour parti pris présumé anti-Israël

La plainte cite une ex-employée affirmant que le journal a écarté ses critiques et qualifié de « simples blagues » les éloges d’Hitler émises par un pigiste de Gaza

Des manifestants devant les bureaux du New York Times, à New York, le 14 mai 2026. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
Des manifestants devant les bureaux du New York Times, à New York, le 14 mai 2026. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Le fonds de retraite public de l’État de Floride et un groupe de réflexion conservateur ont intenté mercredi une action en justice contre le New York Times afin d’obtenir l’accès à des documents permettant de déterminer si le conseil d’administration de l’entreprise a laissé le journal adopter une ligne éditoriale partiale à l’égard d’Israël.

Les deux plaignants sont actionnaires de l’entreprise. Le fonds de retraite de Floride gérait environ 235,7 milliards de dollars d’actifs au 31 août.

Selon une requête déposée devant un tribunal de l’État de New York, à Manhattan, une série d’erreurs factuelles relevées dans des articles du Times sur différents sujets permettrait raisonnablement de penser que le conseil d’administration a laissé les normes journalistiques être « utilisées comme une arme au sein de l’entreprise pour servir les intérêts personnels de rédacteurs en chef échappant à tout contrôle ».

Le State Board of Administration of Florida (SBA), qui supervise le Fonds fiduciaire du système de retraite de Floride, et le National Center for Public Policy Research ont assuré ne pas remettre en cause les choix éditoriaux du journal. Ils souhaitent en revanche s’assurer que le conseil d’administration a mis en place les garde-fous nécessaires pour garantir le respect des normes éditoriales du Times et éviter toute couverture « partiale et peu fiable ».

« Cette action en justice est dénuée de fondement et a été intentée à des fins abusives », a estimé Charlie Stadtlander, porte-parole du Times.

La requête déposée mercredi repose en partie sur les allégations d’une ancienne employée anonyme de la rédaction du Times, qui y a travaillé pendant dix ans et avait fait part, dès 2019, de ses inquiétudes face à ce qu’elle considérait comme un parti pris anti-Israël, soit quatre ans avant le pogrom du 7-Octobre perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui a déclenché la guerre à Gaza.

Des policiers new-yorkais montent la garde devant le bâtiment du New York Times, vandalisé à la peinture rouge par des manifestants pro-palestiniens qui défilaient pour réclamer un cessez-le-feu à Gaza, à New York, le 10 novembre 2023. (Crédit : Eduardo Munoz Alvarez/AP)

Selon la requête, le Times aurait ignoré les plaintes répétées de la lanceuse d’alerte au sujet d’un parti pris anti-Israël qu’elle jugeait largement répandu au sein de la rédaction. Un responsable des ressources humaines lui aurait notamment suggéré « d’aller chercher un endroit dont les valeurs correspondent aux vôtres ».

La lanceuse d’alerte a également fait état de réticences, au sein de la rédaction, à établir un lien entre le ministère de la Santé de Gaza et le Hamas, qui le contrôle, ainsi qu’à qualifier les assaillants du Hamas de « terroristes ».

Elle a par ailleurs affirmé que des membres de la rédaction écartaient des images provenant d’une source jugée « pro-Israël », réclamaient l’emploi du terme « génocide » à propos de la guerre menée contre le Hamas et les autres groupes terroristes palestiniens de l’enclave et minimisaient les éloges d’Adolf Hitler formulés par un pigiste de Gaza en les qualifiant de « simples blagues ».

Trois administrateurs, dont le gouverneur de Floride Ron DeSantis et le procureur général de Floride James Uthmeier, tous deux républicains, supervisent la SBA, qui compte plus de 1,2 million de membres et de bénéficiaires.

Le bureau d’Uthmeier, le National Jewish Advocacy Center, qui représente la SBA, ainsi que le National Center for Public Policy Research n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

« La question n’est pas de savoir si le New York Times a le droit de publier des articles controversés. Bien sûr que oui », a déclaré Steve Milloy, directeur exécutif du Free Enterprise Project du groupe de réflexion, dans un communiqué. « La question est de savoir si l’entreprise respecte réellement les garde-fous qu’elle présente à ses lecteurs et à ses investisseurs comme essentiels à la production d’un journalisme précis et digne de confiance. »

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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