Les Kurdes d’Irak se demandent qui les protègera après le départ de la coalition
Les forces de la coalition avaient été déployées en Irak et en Syrie en 2014 pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI), qui s'était emparé de vastes pans de territoire dans les deux pays
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A l’approche du retrait complet d’Irak de la coalition internationale antijihadiste dirigée par les Etats-Unis, l’inquiétude grandit à Erbil, où les Kurdes se demandent qui les protègera des attaques ciblant régulièrement leur région autonome.
A l’évidence, cela va devenir « très dangereux après le retrait », redoute Sherzad Farhadi, 47 ans, marchand de produits électroniques dans le vieux bazar de la capitale du Kurdistan irakien. « On ne peut pas intercepter nous-mêmes les missiles qui viennent d’Iran ».
« Si les Etats-Unis n’étaient pas là, qui les intercepteraient ? », s’interroge également Hashem Saeed, vendeur d’objets de dévotion de 62 ans. « Ce n’est pas avec nos armes que nous y parviendrons ».
Les forces de la coalition avaient été déployées en Irak et en Syrie en 2014 pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI), qui s’était emparé de vastes pans de territoire dans les deux pays où ils avaient perpétré des massacres et d’autres atrocités.
Le groupe a été vaincu en Irak en 2017 et en Syrie en 2019.
Bagdad et Washington ont décidé en 2024 de mettre fin à cette mission. Après avoir quitté la Syrie plus tôt cette année, la coalition a entamé son retrait d’Irak en 2025 et n’est désormais plus présente qu’à l’aéroport d’Erbil, avec un départ prévu d’ici au 30 septembre.
Au fil des années, les forces de la coalition ont abattu dans l’espace aérien du Kurdistan d’innombrables drones et missiles, certains ciblant leurs propres bases et d’autres visant les sites pétroliers de la région.
Les autorités kurdes accusent les groupes armés soutenus par Téhéran d’être derrière ces attaques, qui se sont intensifiées dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
Outre les troupes de la coalition, les factions ont ciblé des groupes kurdes iraniens en exil, que la République islamique accuse de servir les intérêts américains ou israéliens.
Certaines de ces attaques ont touché Erbil en son coeur et le commerçant Sherzad Farhadi craint lui que l’EI profite de ce vide sécuritaire pour refaire surface et « déstabiliser » encore une fois la région.
La présence de la coalition, en particulier après la défaite de l’EI, a nourri des tensions régulières entre les autorités irakiennes et les groupes armés pro-iraniens qui opèrent dans le pays.
Dans ces conditions, le vendeur d’électronique Zeravan Saeed pense que ce retrait prive les factions de prétexte pour attaquer. « Voilà l’aspect positif », dit-il.
A Badgad, le départ des troupes est au contraire accueilli plutôt favorablement. Dans le quartier animé de Karada, Abdullah al-Kinani estime que « le pays ne sera pas souverain tant que les forces étrangères n’auront pas quitté le sol irakien ».
Le Premier ministre Ali al-Zaidi a d’ailleurs décidé de célébrer le 1er octobre, quand les derniers soldats de la coalition seront partis, comme un « Jour de la souveraineté ».
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