US: Des Démocrates juifs s’opposent à la fusion des postes sur la Shoah et l’antisémitisme
Dans une lettre à Marco Rubio, 19 élus demandent de préserver un bureau distinct et permanent pour la Shoah ; le rabbin Yehuda Kaploun défend son rattachement
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

JTA – Près d’une vingtaine de démocrates juifs du Congrès ont signé une lettre s’opposant au projet de fusionner le bureau autonome de l’envoyé spécial pour les questions liées à la Shoah du Département d’État avec celui du rabbin Yehuda Kaploun, envoyé spécial de l’administration Trump chargé de surveiller et de lutter contre l’antisémitisme.
Kaploun a plaidé en faveur de cette fusion depuis des mois, une initiative qui a divisé les dirigeants juifs sur l’avenir de la diplomatie liée à la Shoah. Ses partisans estiment qu’elle permettrait de gagner en efficacité, tandis que ses détracteurs craignent qu’elle ne dilue l’attention accordée aux questions propres à la Shoah. Ils dénoncent une tentative de Kaploun d’étendre son pouvoir.
L’opposition au projet s’est accentuée mercredi, lorsque 19 membres du Congrès ont, dans une lettre qui a été communiquée en exclusivité à la Jewish Telegraphic Agency (JTA), appelé le secrétaire d’État Marco Rubio à maintenir le poste d’envoyé spécial pour les questions liées à la Shoah comme « un bureau distinct et permanent, dirigé par un fonctionnaire de carrière du Département d’État entièrement consacré à cette mission ».
Ces élus, tous membres du Congressional Jewish Caucus, ont écrit que les deux fonctions « sont complémentaires, mais ne sont pas interchangeables ». Le bureau de Kaploun est « chargé de lutter contre l’antisémitisme contemporain à travers le monde », précise la lettre, tandis que celui de l’envoyé spécial pour la Shoah « se concentre sur la restitution des biens datant de l’époque de la Shoah, la justice historique, la mémoire et la responsabilité ».
Parmi les signataires figurent des démocrates modérés, tels que les représentants Jared Moskowitz et Josh Gottheimer, ainsi que des progressistes, notamment Jamie Raskin et Jan Schakowsky.
Le représentant de New York Jerry Nadler, qui a co-rédigé la lettre avec son collègue de l’Illinois Brad Schneider, avait qualifié en juin cette éventuelle fusion « d’abominable » et de « vaine tentative de Yehuda Kaploun de concentrer davantage de pouvoir entre ses mains ».
« Si le soutien aux victimes de la Shoah et à leurs familles constituait une priorité pour cette administration, elle chercherait davantage de moyens de renforcer le SEHI, au lieu de vouloir le supprimer », a déclaré Nadler, doyen des élus juifs à la Chambre des représentants, en utilisant l’acronyme du bureau de l’envoyé spécial pour les questions liées à la Shoah.
La lettre publiée mercredi appelle Rubio non seulement à maintenir ce poste, actuellement vacant, mais aussi à « nommer immédiatement un nouvel envoyé spécial pour les questions liées à la Shoah ». Rubio n’a pas encore désigné de successeur à Ellen Germain, en poste depuis août 2021 et dont le mandat s’est achevé le 31 juillet.
Germain avait notamment insisté sur la nécessité pour les nations européennes de perpétuer la mémoire de la Shoah et de reconnaître leur rôle dans sa perpétration. Plusieurs hauts responsables de l’administration Trump, dont le vice-président JD Vance, ont estimé que la place accordée aujourd’hui à la commémoration de la Shoah en Europe était contre-productive.
Un groupe d’organisations juives, dont l’Anti-Defamation League (ADL), l’American Jewish Committee (AJC) et B’nai Brith International, avait appelé Rubio dès avril à pourvoir le poste vacant. Selon elles, cela permettrait de « montrer l’importance que les États-Unis accordent à la préservation du caractère unique de la Shoah à travers ce bureau spécial » et de « garantir la poursuite de son travail essentiel ».
Un autre groupe d’organisations juives, comprenant notamment le Combat Antisemitism Movement, l’Union of Orthodox Jewish Congregations of America, le Congrès juif mondial et le siège mondial de Habad-Loubavitch, avait appelé Rubio en juin à aller de l’avant avec la fusion afin de gagner en efficacité et d’éviter les « doublons » entre les deux bureaux.
La lettre des démocrates juifs publiée cette semaine a rejeté cet argument.
« Leur fusion ne permettrait ni de gagner réellement en efficacité ni d’éliminer de véritables doublons ; elle risquerait au contraire d’affaiblir la spécialisation, l’expérience et les capacités institutionnelles nécessaires à chacune de ces missions », peut-on lire dans la lettre.
la Communauté du Times of Israël !







