Le documentaire controversé « NAZA » sera diffusé gratuitement en ligne en novembre
Les producteurs ont proposé le film gratuitement aux cinémas israéliens dans l'espoir qu'ils prennent la "décision courageuse" de le projeter avant sa sortie en ligne, selon Yuval Abraham
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Yuval Abraham, co-réalisateur de « NAZA », a déclaré jeudi que ce film très controversé sur des meurtres de civils à Gaza serait diffusé gratuitement en ligne en novembre « en raison de l’intérêt public et de son importance ».
Ce documentaire, qui s’appuie sur les reportages d’investigation réalisés par Yuval Abraham pour les médias israéliens d’extrême-gauche +972 et Local Call, présente des entretiens avec 24 soldats israéliens anonymes, dont les visages ont été masqués numériquement. Il s’agirait principalement d’agents des services de renseignement. Il affirme également que l’armée israélienne a utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour cibler systématiquement des civils gazaouis, ce que Tsahal réfute catégoriquement.
Selon The Guardian, qui a produit le film, celui-ci devrait sortir en salles le 28 septembre dans 56 pays et territoires, mais pas en Israël, en Cisjordanie ni à Gaza.
« Le film a été proposé à plusieurs distributeurs et cinémas en Israël. The Guardian va également explorer d’autres moyens pour que le film puisse être vu dans les Territoires palestiniens », a déclaré le journal.
Dans son premier message publié sur le réseau social X depuis que la polémique autour de NAZA a éclaté en Israël, Abraham a indiqué que le film avait été proposé gratuitement aux cinémas du pays.
« Le projeter serait une décision courageuse face à la violence intense qui cherche à l’étouffer », a déclaré Abraham dans ce message rédigé en hébreu.
Le film, dont le titre est l’acronyme hébreu de « dommages collatéraux », a été présenté en avant-première sous un tonnerre d’applaudissements au Festival du film de Venise le 10 septembre, avant de remporter le prix spécial du jury du festival. Il n’est pas encore sorti en salles.
Le succès du film au festival a conduit le ministre de la Culture, Miki Zohar, à accuser Abraham et sa co-réalisatrice Rachel Szor de trahison et à demander que leur citoyenneté israélienne soit révoquée. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a depuis déclaré qu’il présenterait un projet de loi visant à révoquer la citoyenneté des Israéliens qui « calomnient Tsahal à l’étranger ».
Parallèlement, des partisans du gouvernement ont manifesté devant le domicile des parents de Szor et ont promis de harceler Abraham et Szor à leur retour en Israël.
Dans un message publié sur X, Abraham a déclaré que « les menaces ne serviront à rien » et que Szor et lui reviendraient en Israël « pour continuer à se battre pour l’avenir de ce pays aux côtés de nombreux partenaires ».
« Beaucoup de choses erronées » ont été dites au sujet du film, qui s’appuie sur « trois années d’enquête journalistique approfondie », a ajouté Abraham.
Il a également déclaré qu’après que ses articles publiés dans Local Call n’avaient guère fait de vagues en Israël, « aujourd’hui, pour la première fois, une fissure est apparue dans le mur de l’apathie, et c’est une bonne chose ».
Abraham a ajouté qu’il y avait en Israël des milliers de soldats qui « verront le film et reconnaîtront personnellement » les meurtres qu’il décrit.
« Même si cela fait peur, c’est votre devoir de trouver le moyen de témoigner de ce que vous avez vu. On vous dira que la vérité doit être cachée pour le bien de la hasbara à l’étranger, mais c’est faux », a-t-il déclaré, faisant référence à la diplomatie publique israélienne.
Faisant allusion aux accusations selon lesquelles le film ignorerait l’assaut barbare et sadique du Hamas, qui a déclenché la guerre de Gaza, Abraham a déclaré que « reconnaître les horreurs commises à Gaza ne minimise en rien le pogrom criminel du 7-Octobre, dont le Hamas est responsable, dont les soldats parlent dans le film, et qui n’a aucune justification ».
Le 7-Octobre, des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut le sud d’Israël, tuant plus de 1 200 personnes et prenant 251 otages.
Selon le ministère de la Santé du groupe terroriste palestinien, plus de 73 500 personnes seraient mortes à Gaza depuis le début de la guerre, dont plus de 1 330 depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025.
Ce bilan, qui ne peut être vérifié, ne fait pas la distinction entre terroristes et civils.
Si l’armée israélienne estime que le bilan du Hamas est globalement exact, elle note que le ratio de morts serait d’environ un terroriste pour trois civils.
Tsahal assure prendre « de nombreuses mesures » pour minimiser les atteintes aux civils et souligne que le groupe terroriste viole systématiquement le droit international et exploite brutalement les institutions civiles et la population comme bouclier humain pour ses activités de terrorisme, en combattant depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
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