Marine Le Pen : « Israël fait ce qu’il peut dans une situation difficile »
Estimant que « personne ne comprend » la ligne du président Macron depuis le 7 octobre, la leader du RN dit partager l'objectif du gouvernement israélien « d'éradiquer le Hamas »
Après la visite du président du parti Jordan Bardella, en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement israélien, Marine le Pen a déclaré « qu’Israël fait ce qu’il peut dans une situation difficile » lors d’une interview accordée à la chaîne i24News, jeudi 15 mai dernier.
« J’ai à l’égard du Hamas, je crois, une grande lucidité que ne me semble pas partager des dirigeants français », a affirmé la leader d’extrême-droite. « Le Hamas est un mouvement terroriste qui se planque au milieu des civils, qui met ses caches [d’armes] dans les hôpitaux, dans les écoles, qui se sert de la population civile comme bouclier humain et qui, de surcroît, lorsqu’il est confronté à une manifestation d’opposants à sa politique, eh bien, les massacre joyeusement. »
Marine Le Pen fait référence aux manifestations de Gazaouis qui s’opposent au Hamas et à la poursuite de la guerre, et qui se sont multipliées depuis l’échec du dernier cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste.
Récemment, le Comité pour la protection des journalistes a révélé que des journalistes avaient été battus et menacés par le Hamas lorsqu’ils couvraient les manifestations anti-Hamas et la dissidence à l’intérieur de la bande de Gaza.
« Je pense qu’Israël fait ce qu’il peut dans un situation extrêmement difficile », a ajouté Le Pen. « Je partage l’objectif qui est l’éradication du Hamas qui est, encore une fois, une structure fondamentaliste, islamiste, terroriste. »
« Maintenant, il faut préserver évidemment les civils, bien sûr. Tout le monde veut préserver les civils », a-t-elle dit, précisant qu’il ne « faut pas mettre Israël [face] à des injonctions contradictoires » en l’accusant à la fois de déplacer la population de Gaza pour éviter de « servir de bouclier humain » et en même temps de bombarder des zones où se trouvent des civils.
La cheffe de file des députés RN à l’Assemblée nationale a par ailleurs partagé sa vision de la poursuite du conflit entre l’État hébreu et le Hamas, un plan qu’elle résume en trois points chronologiques : libération des otages, éradication du Hamas, conférence des acteurs régionaux sur l’avenir de la bande de Gaza.
Interrogé sur le fait de savoir si elle comprenait la « ligne » du président Emmanuel Macron vis-à-vis d’Israël depuis le 7 octobre 2023, Le Pen a répondu : « Personne ne comprend rien ».
Estimant « qu’il y a beaucoup de pays dans le monde qui ont intérêt à combattre le fondamentalisme islamiste », elle souligne qu’Israël a besoin de « soutien ».
Malgré une condamnation pour détournement de fonds européens, Marine Le Pen est toujours la principale incarnation du Rassemblement national (RN), parti qu’elle a hérité de son père Jean-Marie Le Pen, qui s’est notamment illustré par des prises de position négationnistes et antisémites par le passé.
Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, le RN est soupçonné de chercher à parachever sa stratégie de dédiabolisation en donnant des gages de protection en direction de la communauté juive de France.
Au cours de l’entretien sur i24News, Marine Le Pen a lancé un appel aux Juifs de France qui hésiteraient à partir à cause de la recrudescence de l’antisémitisme : « Coucou, la France c’est chez vous, donc on va se battre ensemble. Si on part tous à droite, à gauche en se disant ‘c’est compliqué’, bon… ».
La visite de Jordan Bardella en Israël a également mis en évidence un rapprochement idéologique d’avec le gouvernement de Benjamin Netanyahu.
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