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  • Image de la série "Whispered in Gaza" (Murmuré depuis Gaza), une série d'interviews avec des Gazaouis qui sont présentées sous forme de dessins animés. (Autorisation)
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Partie 1/3

« Murmuré depuis Gaza », des témoignages inédits sur la vie sous le joug du Hamas

Dans une série unique de dessins animés inspirés d’interviews menées par le Center for Peace Communications, des citoyens ordinaires racontent des histoires déchirantes

Image de la série "Whispered in Gaza" (Murmuré depuis Gaza), une série d'interviews avec des Gazaouis qui sont présentées sous forme de dessins animés. (Autorisation)

Cet article – le premier d’une série de trois autres – présente huit courts entretiens avec des résidents de la bande de Gaza qui ont été retranscrits sous forme de dessin animé.

Produites par l’organisation à but non-lucratif Center for Peace Communications dont le siège est à New York, ces animations sont aujourd’hui publiées par le Times of Israel parce qu’elles offrent l’opportunité rare de raconter au monde ce à quoi ressemble la vie sous l’autorité du Hamas, sur la base des récits de Gazaouis ordinaires, courageux.

Le Times of Israel en français propose une version sous-titrée en français. Une édition arabe est présentée sur alarabiya.net, une édition perse est disponible via le journal Kayhan, une présentation en espagnol est à découvrir sur Infobae, et une présentation en portugais est mise à disposition sur RecordTV.

Ces clips courts – aucun d’entre eux ne dépasse les deux minutes trente – donnent un aperçu poignant de la vie quotidienne dans la bande, un monde qui reste inconnu pour une majorité écrasante des étrangers et dont les habitants subissent directement les conséquences de cette ignorance.

Nous rencontrons, dans ces vidéos, des personnes ordinaires qui racontent les histoires authentiques de ces problèmes communs qui s’exacerbent de manière drastique sous le contrôle du Hamas, des personnes banales qui, comme toutes les autres, ont des attentes et des rêves – ouvrir une pharmacie, devenir journaliste ou danser, tout simplement – des aspirations qu’il leur est interdit de réaliser.

Tous les noms ont été changés et le CPC a utilisé des technologies d’animation pour protéger l’identité des intervenants, changeant également leur voix.

Les participants ont accepté d’être interrogés parce qu’ils voulaient pouvoir transmettre leurs idées et leurs expérience à un public international, note le président du CPC, Joseph Braude, qui ajoute que « ces gens veulent que leur histoire soit entendue ».

La playlist comprenant les huit premières vidéos est à découvrir ici :

Vous pouvez également les regarder les unes après les autres, ci-dessous. Les clips sont accompagnés d’éléments de contexte et de sources permettant de mieux comprendre les problématiques plus larges qui sont abordées.

« Ne me dites pas comment résister »

Iyad explique que partout où il se rend à Gaza, il rencontre inévitablement des responsables du Hamas qui le regardent de manière plus ou moins discrète. « Est-ce que c’est une ville ou une caserne militaire ? », s’interroge-t-il. Et quand les autres Gazaouis, comme lui, déclarent qu’ils sont « prêts pour le martyre », il explique n’entendre que l’expression d’un désespoir. « D’accord, la Palestine est notre cause et c’est une cause juste », affirme-t-il. « Mais ça ne doit pas signifier pour autant qu’il faille que des Palestiniens meurent encore et encore, sans aucun résultat ».

Image de la série « Whispered in Gaza » (Murmuré depuis Gaza), une série d’interviews avec des Gazaouis qui sont présentées sous forme de dessins animés. (Autorisation)

Alors que les critiques d’un Hamas toujours sur le pied de guerre restent rares, un examen plus attentif de la situation montre que la population s’interroge sur le bien-fondé d’un conflit omniprésent, perpétuel.

Au mois d’août dernier, alors que le Hamas décidait de s’abstenir de tirer des roquettes vers Israël dans une période d’escalade des violences – une décision de retenue rare – 68 % des Gazaouis avaient soutenu cette réserve.

Une mère de la bande de Gaza, Halima Jundiya, faisant remarquer le traumatisme dont ses enfants souffrent encore dans le sillage de la guerre de 2014, avait confié au New York Times que « nous ne voulons pas que le Hamas tire des roquettes. Nous ne voulons pas d’une autre guerre ».

Un autre sondage réalisé en 2022 avait noté que 53 % des Gazaouis convenaient – au moins en partie – que « le Hamas doit cesser de réclamer la destruction d’Israël et il doit accepter à la place une solution à deux États permanente sur la base des frontières de 1967. »

Les indications révélant un malaise des habitants de Gaza face à l’idéologie et aux politiques mises en place par le Hamas – des indications qui sont de plus en plus nombreuses – sont probablement sous-estimées dans la mesure où la récente enquête d’opinion a permis de découvrir que 62 % des résidents de l’enclave côtière « pensent que la population ne peut pas critiquer sans crainte le Hamas ».

Un dissident qui s’est exprimé auprès du magazine +972 sous couvert d’anonymat, a déclaré que « nous avons traversé quatre guerre horribles et nous n’avons rien réalisé ».

« Un aller sans retour »

Le frère de Fatima était marchand ambulant, vendant les légumes cultivés par sa mère. Mais la police du Hamas confisquait ses produits, demandant des pots-de-vin pour le laisser travailler et le menaçant de le jeter en prison, de sévices et pire encore.

Image de la série « Whispered in Gaza » (Murmuré depuis Gaza), une série d’interviews avec des Gazaouis qui sont présentées sous forme de dessins animés. (Autorisation)

Sous le règne sans partage du Hamas, la frontière entre taxation et racket est très floue.

Selon un sondage palestinien, 73 % des Palestiniens pensent que les institutions du Hamas sont corrompues.

En 2019, après l’imposition par le Hamas d’une nouvelle série de taxes, environ 1 000 Gazaouis étaient descendus dans les rues pour manifester sous le slogan « Nous voulons vivre ». Un protestataire avait fait observer que « des dizaines de responsables du Hamas ont fait croître leur fortune par le biais de la corruption financière » tout en « épuisant la population en imposant toujours plus d’impôts et en ignorant [leur] pauvreté ».

En 2022, le département américain du Trésor avait pris pour cible un responsable des finances du Hamas ainsi qu’un réseau d’individus et d’entreprises liés au groupe terroriste qui avaient acheminé une somme dépassant les 500 millions de dollars vers un portefeuille secret d’investissement, en notant que le Hamas « a généré d’importants montants en matière de revenu… tout en déstabilisant Gaza, qui subit de plein fouet les conséquences des conditions de vie et d’une condition économique très dures ».

Le genre d’extorsion décrite par Fatima aura amené de nombreux Gazaouis, avec parmi eux son frère, à fuir la bande. Une enquête d’opinion réalisée en 2018 avait fait savoir que 48 % des résidents de la bande de Gaza voulaient émigrer. Un voyage dangereux, qui laisse les migrants en situation de vulnérabilité face à l’exploitation des trafiquants qui opèrent sur le marché noir. Une mère avait raconté son départ effréné vers la Belgique en compagnie de sa fille souffrant de troubles du spectre autistique, une fuite qui lui avait coûté 11 000 dollars en pots-de-vin.

D’autres n’ont pas la chance de terminer leur voyage et meurent en chemin. En 2014, presque 400 Gazaouis s’étaient noyés après que leur bateau a été pris d’assaut par des trafiquants, alors qu’ils tentaient de rejoindre l’Europe.

Comme le dit un jeune homme, « il n’y a personne ici qui ne connaisse pas quelqu’un qui a migré en Turquie pour y vendre ses organes, pour aider ses parents… Le Hamas se glorifie en se présentant comme la résistance à l’occupation, mais ces gens restent assis dans leur palais, avec leur passeport qatari à la main, pendant que nous en payons le prix fort ».

« Quand les jets de pierre reprennent »

Quand les policiers du Hamas étaient venus couper l’électricité dans la maison d’Ahmed, son cousin, un enfant atteint de trisomie 21, avait tenté de les en empêcher. Ils l’avaient frappé et ils avaient tiré à balle réelle en direction de l’habitation. Ahmed avait publié des images de l’incident sur les réseaux sociaux et le clip était devenu viral. Il avait passé les trois jours qui suivaient à fuir les autorités du Hamas.

Image de la série « Whispered in Gaza » (Murmuré depuis Gaza), une série d’interviews avec des Gazaouis qui sont présentées sous forme de dessins animés. (Autorisation)

Le Hamas utilise de manière habituelle des tactiques de coercition pour atteindre son objectif qui est de faire taire les critiques.

Selon un sondage palestinien de 2022, 62 % des Palestiniens pensent que « les résidents de la bande de Gaza ne peuvent pas critiquer sans crainte le Hamas ». Une crainte par ailleurs justifiée : des investigations de l’ONG Human Rights Watch, en 2017, avaient conclu que « depuis qu’elles ont pris le contrôle de Gaza au mois de juin 2007… les autorités [du Hamas] ont harcelé les critiques et utilisé la violence contre ceux qui se trouvent sous sa garde ».

Le rapport avait cité l’exemple d’un journaliste de bande qui avait posé la question suivante sur Facebook aux leaders du Hamas : »Vos enfants dorment-ils par terre, comme c’est le cas des nôtres ? ». L’homme avait été arrêté et accusé « d’usage malveillant des technologies ». Des officiers du Hamas lui avaient dit « qu’il est interdit d’écrire contre le Hamas : Nous vous abattrons ».

« Faites revenir le dabkeh »

Mariam, une danseuse professionnelle de dakbé – une danse folklorique arabe – a la conviction que l’art a le pouvoir d’améliorer le monde. Mais après la prise de contrôle du Hamas à Gaza, en 2007, il lui a été interdit de continuer à danser et il lui a été ordonné d’étudier plutôt le Coran. Quand elle a refusé, le groupe terroriste a commencé à menacer sa famille.

Image de la série « Whispered in Gaza » (Murmuré depuis Gaza), une série d’interviews avec des Gazaouis qui sont présentées sous forme de dessins animés. (Autorisation)

Et Mariam n’est pas la seule dans ce cas. En prenant le pouvoir, le Hamas aurait réprimé les droits les plus fondamentaux des femmes et l’expression artistique, que le groupe terroriste considère comme « non-islamiques ». Au mois de juillet 2012, le Hamas avait banni les concerts de rue.

« Le Hamas a imposé de mesures injustes », a déclaré un musicien à Al-Monitor, « car il considère que l’art et la musique vont à l’encontre de la loi islamique ». En 2021, le groupe terroriste avait imposé aux femmes l’obligation de demander la permission d’un tuteur masculin pour pouvoir voyager.

En 2018, il avait bloqué le lancement d’une chaîne de télévision pour les femmes et il avait interdit l’ouverture d’une école de danse classique pour les petites filles. En 2017, il avait interdit de promener les chiens « pour protéger les femmes et les enfants ». Et en 2013, un marathon qui était organisé par les Nations unies avait été annulé, le Hamas ayant décidé que les femmes n’y étaient pas les bienvenues.

L’organisation ne montre encore aujourd’hui aucun signe de volonté de changer les choses.

« Le Triangle des Bermudes »

Ce sont des milliards en aides étrangères qui affluent dans la bande de Gaza. Mais en ce qui concerne Ismail, c’est comme si la mer avait avalé tout cet argent. « Gaza, c’est comme le Triangle des Bermudes », dit-il. « Tout ce qui y entre disparaît ».

Image de la série « Whispered in Gaza » (Murmuré depuis Gaza), une série d’interviews avec des Gazaouis qui sont présentées sous forme de dessins animés. (Autorisation)

Entre 2014 et 2020, les agences des Nations unies ont injecté presque 4,5 millions de dollars pour soutenir la bande de Gaza et le Qatar a donné 1,3 milliard de dollars supplémentaires depuis 2012. Et pourtant, la population en est réduite à lutter pour sa survie.

Le groupe terroriste prétend qu’il ne « touche pas un seul centime » des aides internationales malgré le rôle actif qu’il tient dans leur distribution. Une affirmation qui entraîne néanmoins le scepticisme de la population.

Selon un récent sondage, 73 % des Gazaouis pensent que les institutions de la bande, placées sous la coupe du Hamas, sont corrompues. Par ailleurs, le Hamas a été pris en flagrant délit de vol à une occasion.

En 2009, l’ONU avait été dans l’obligation de cesser ses livraisons d’aide après le vol, par des hommes armés du groupe terroriste, de tonnes de farine, de couvertures et autres produits. Un porte-parole de l’UNRWA, l’agence des Nations unies en charge des réfugiés palestiniens, avait confié au New York Times : « Ils étaient armés et nous ne l’étions pas ».

« On ne peut pas faire la paix avec eux »

Basma, pharmacienne à Gaza, a été harcelée de manière répétée par le Hamas en raison de son affiliation au Fatah, groupe rival du groupe terroriste. Après l’ouverture de sa propre officine, le Hamas l’a exclue du marché, l’obligeant à baisser définitivement de rideau.

Image de la série « Whispered in Gaza » (Murmuré depuis Gaza), une série d’interviews avec des Gazaouis qui sont présentées sous forme de dessins animés. (Autorisation)

La gouvernance du Hamas à Gaza, qui avait commencé en 2007 après une bataille meurtrière contre le Fatah et les agents de l’AP, a été marquée par une combinaison de tactiques violentes et non-violentes visant à éliminer toute opposition politique.

Dans les années qui avaient suivi la prise de contrôle du Hamas, les officiels de l’Autorité palestinienne avaient accusé ce dernier de « tourner ses armes en direction des membres du Fatah » et les groupes locaux de défense des droits de l’Homme ont recueilli dans l’intervalle de nombreux témoignages portant sur des violences continues et sur des exécutions périodiques.

En 2014, un rapport d’Amnesty international, intitulé « Étranglement : Enlèvements, torture, exécutions sommaires des Palestiniens par les forces du Hamas pendant le conflit Gaza/Israël », révélait l’existence de « graves abus commis à l’encontre des membres du Fatah et des forces de sécurité de l’AP à Gaza, avec des kidnappings, des actes de torture, des exécutions et d’autres types d’agressions violentes ».

De plus, le Hamas a utilisé d’autres moyens – moins ouvertement sinistres mais omniprésents au quotidien – pour mettre en place un réseau de clientélisme et de népotisme en accordant de multiples avantages à ses membres tout en fermant la porte aux autres Palestiniens.

Des dizaines de milliers de personnes ont été embauchées et promues dans la fonction publique sur la base de leur loyauté à l’égard du mouvement, tandis que de nombreuses autres ont obtenu des parts profitables dans les entreprises qui appartiennent au groupe terroriste. D’un autre côté, des médecins et autres professionnels de la santé ont été limogés parce qu’ils entretenaient des liens avec le Fatah. En conséquence, et malgré la crise chronique du secteur de la santé qui gangrène l’enclave côtière, ce sont des dispensaires et des cliniques entières qui ont été fermés.

« La politique du musellement »

Maha rêvait, autrefois, de devenir journaliste dans sa bande de Gaza natale – mais elle a depuis renoncé à son rêve. D’abord, sa page Facebook a été fermée. Ensuite, le Hamas lui a dit que si elle n’arrêtait pas ses activités, « quelque chose de regrettable pourrait bien arriver à ta famille ».

Le Hamas contrôle de manière stricte les médias à Gaza. Freedom House a donné à la bande la note de 0/4 concernant « la liberté et l’indépendance de la presse », notant « un modèle de gestion des médias basé sur les arrestations, les interrogatoires et, dans certains cas, des actes de torture et de violence à l’encontre des journalistes. »

Le groupe terroriste réduit souvent au silence les journalistes en s’en prenant aux familles de ces derniers. Au mois d’octobre 2022, un activiste consacrant ses activités à la défense de la liberté des médias de Gaza avait posté une vidéo montrant un agent du Hamas en train de menacer ses parents. Quelques semaines plus tard, selon la Fédération internationale des Journalistes, un reporter qui était parvenu à prouver l’implication du Hamas dans une opération de trafic d’êtres humains – il avait aidé des Gazaouis à faire le voyage vers l’Europe – avait été arrêté par le groupe terroriste. Interrogé par les personnels de sécurité, il lui avait été dit qu’il était « entré en territoire interdit ». La Fédération avait ajouté que les agents de sécurité étaient ultérieurement entrés par la force dans son habitation et qu’ils avaient menacé sa famille.

« Où est la victoire ? »

« A l’époque de la première et de la seconde Intifada, nous avions foi en ce qu’on appelle la résistance », commente Othman. « Mais aujourd’hui, la résistance est devenue un business. » Chaque bureau de tabac, chaque café est obligé de verser au groupe terroriste l’argent de la protection, explique-t-il, et quand la guerre éclate, [le Hamas] se réfugie dans ses bunkers tandis que nous sommes les premières victimes. Ensuite, on nous dit que c’est une victoire ».

Depuis sa création, le Hamas a cultivé son image d’organisation incorruptible. En 2006, ses candidats s’étaient présentés avec succès aux élections palestiniennes, au sein de l’enclave côtière, avec le slogan « Réforme et Changement ». Les leaders avaient promis « une nouvelle génération de gouvernance islamique », prête « à mettre en pratique les principes de notre foi dans un cadre de tolérance et d’unité ». Il avait par ailleurs « promis la transparence dans le gouvernement ».

A la place, le Hamas avait finalement construit une économie basée sur le clientélisme et sur le népotisme, ce qui devait peser très lourdement sur les services essentiels, notamment sur les soins de santé et sur l’éducation. Il avait exploité l’isolement de Gaza, enclave côtière placée sous blocus, pour élaborer et institutionnaliser un réseau de trafics dont il avait le contrôle exclusif. Selon un rapport de l’International Crisis Group, cinq années après avoir pris le pouvoir, les tunnels construits par le Hamas pour ses trafics transféraient un demi-milliard de dollars de produits chaque année, exigeant « des taxes d’importation » supérieures à 14,5 %. Comme l’avait dit un trafiquant, le choix était de payer le Hamas ou de « recevoir une balle dans les jambes ».

De leur côté, et malgré la pauvreté croissante des Gazaouis, le Hamas impose toute une série de taxes servant à financer un budget opaque et dont la destination reste secrète. L’AP a indiqué que le Hamas « ne fournit que de rares services en échange de ces taxes et la majorité des projets visant à aider la population et à lui porter secours sont couverts par la communauté internationale ».

De manière peu surprenante, une enquête d’opinion palestinienne a révélé que 73 % des Gazaouis pensaient que les institutions placées sous la coupe du Hamas sont corrompues.

Quand le Hamas est en guerre, les Gazaouis ordinaires en paient un prix plus élevé encore. Comme l’avait confié un jeune homme originaire de l’enclave côtière au New York Times, « Quand les Israéliens sont arrivés, les membres du Hamas sont partis se cacher dans les tunnels et ils nous ont laissés dehors.

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