Netanyahu accuse Tsahal d’avoir renoncé à la « victoire » et critique d’anciens chefs de la sécurité

Le Premier ministre, de plus en plus critiqué sur la guerre à Gaza, loue les succès militaires depuis le 7 octobre et qualifie un État palestinien 'de mirage visant à nous détruire'

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononçant une allocution lors d'un événement organisé par Newsmax, à Jérusalem, le 13 août 2025. (Crédit : Ronen Zvulun/POOL/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré mercredi que ces dernières années, l’armée israélienne avait « systématiquement » abandonné son engagement en faveur de la « victoire ». Selon lui, certains anciens hauts responsables militaires ont cédé à la pression internationale et privilégié des solutions politiques inadaptées au détriment de la réussite militaire.

Netanyahu estime que ces solutions, qui comprennent notamment la création d’un État palestinien, équivalent à une capitulation et à une défaite.

« Nous avons remporté de grandes victoires… contre le Hamas, contre le Hezbollah, contre le régime meurtrier [du dictateur syrien Bashar el-] Assad en Syrie, contre l’Iran, mais aussi dans d’autres domaines », a déclaré Netanyahu, s’exprimant en hébreu lors de son discours d’ouverture d’un événement organisé par le média Newsmax, à Jérusalem.

« Nous y sommes parvenus parce que nous avons combattu ensemble… Tsahal, [l’agence de renseignement] du Mossad et [l’agence de sécurité intérieure] du Shin Bet, chacun dans son domaine, chacun dans son secteur et en étroite collaboration, ont accompli un travail remarquable sous la direction des dirigeants politiques. »

Netanyahu faisait référence aux succès militaires d’Israël depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle le groupe terroriste palestinien du Hamas a perpétré un pogrom dans le sud d’Israël, déclenchant la guerre qui sévit actuellement dans la bande de Gaza. Après que des mandataires iraniens ont également attaqué en soutien à Gaza, Israël a combattu le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah et la République islamique d’Iran, infligeant à l’un comme à l’autre un coup très dur.

Bien que ces combats aient cessé, la guerre à Gaza se poursuit, suscitant de plus en plus de critiques de la part du grand public et de certains anciens hauts responsables de la défense quant à la manière dont le gouvernement gère ce conflit. Les sondages montrent qu’une majorité d’Israéliens sont favorables à la fin de la guerre contre le Hamas, à condition que tous les otages soient libérés.

L’ancien chef de l’agence de renseignement du Mossad, Tamir Pardo, appelant à la fin de la guerre à Gaza, publiée le 3 août 2025. (Crédit : Capture d’écran/YouTube ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Netanyahu, qui a refusé à plusieurs reprises d’assumer la responsabilité des échecs qui ont conduit au 7 octobre, l’attaque la plus meurtrière de l’histoire d’Israël, a évoqué « d’anciens responsables qui ont autrefois dirigé les services de sécurité israéliens », rappelant qu’il avait servi aux côtés de nombre d’entre eux ou travaillé avec eux pendant ses dix-huit années au poste de Premier ministre et qu’il avait « une grande estime » pour leur courage et leur sens du sacrifice.

« Mais quelque chose s’est produit après leur départ… Au fil des ans, de manière systémique et progressive, ces responsables ont peu à peu perdu foi dans le concept de ‘victoire’ », a-t-il déclaré.

Selon le Premier ministre, ce changement ne s’était pas produit à un niveau individuel, mais dans le cadre d’une évolution plus large et systémique au sein de l’establishment de la défense.

« Un mot a disparu du vocabulaire de l’armée israélienne : victoire. »

Netanyahu a promis de rétablir cette éthique.

« Nous redonnons tout son sens à ce mot, car sans lui, notre existence ici n’a aucun sens. Soit nous gagnons, soit ceux qui cherchent à nous détruire gagneront. »

Selon Netanyahu, la dérive des objectifs « a érodé [la] confiance » de certains vétérans de l’establishment de la sécurité, les poussant à chercher « une alternative » face à l’opinion mondiale, à savoir les appels internationaux de plus en plus nombreux demandant à Israël de mettre fin à la guerre et à la création d’un État palestinien.

« La tendance mondiale nous invite essentiellement à nous perdre, à embrasser une illusion… le mirage d’un État palestinien dont le seul but est de nous détruire », a-t-il déclaré.

« En cherchant une alternative à la victoire, l’idée d’une ‘solution politique’ a émergé, qui n’est rien d’autre qu’un autre terme pour désigner la défaite et la capitulation. Cela n’arrivera pas. Cela ne se produira pas. »

Il accuse ceux « qui ont cessé de croire en la victoire » d’être entraînés dans « des mouvements politiques extrêmes qui sapent l’esprit même du combat… la volonté de se battre jusqu’au bout et jusqu’à la victoire, en partant du principe que c’est une erreur et que cela ne mènera à rien ».

« Je regrette profondément ce qui est arrivé à ces personnes, que j’ai beaucoup respectées au cours de leur service », a conclu Netanyahu.

« Je n’abandonnerai pas la victoire. Le peuple d’Israël n’abandonnera pas la victoire. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prononçant une allocution lors d’un événement organisé par Newsmax, à Jérusalem, le 13 août 2025. (Crédit : Ronen Zvulun/POOL/AFP)

La semaine dernière, dix-neuf anciens hauts responsables israéliens de l’establishment de la sécurité ont publié un message vidéo conjoint dans lequel ils appellent à la fin de la guerre à Gaza. Selon eux, Israël a subi plus de pertes qu’il n’a remporté de victoires, et les combats se prolongent pour des raisons politiques plutôt que pour des raisons militaires stratégiques.

Israël « combat les barbares à ses portes »

Mercredi, dans son discours liminaire, Netanyahu a également salué la lutte d’Israël contre la « sauvagerie » et la « barbarie », condamnant ce qu’il a qualifié de sentiment pro-Hamas sur les campus universitaires américains, ainsi que les atrocités présumées commises contre la minorité druze en Syrie le mois dernier.

Netanyahu a déclaré que « certains ont été victimes » de la propagande du Hamas – « de ces mensonges, qu’ils ont suivis et avalés sans réserve » – faisant écho aux critiques qu’il avait exprimées lors de la conférence de presse destinée aux médias étrangers plus tôt dans la semaine.

Malgré les actes terroristes brutaux commis par le Hamas, de nombreux étudiants sur les campus américains « se rangent du côté du Hamas » en adhérant aux mouvements anti-Israël, a-t-il ajouté.

S’adressant à l’éminent avocat et universitaire américain, Me Alan Dershowitz, présent dans l’assistance, il a demandé : « Pouvez-vous dire quelque chose en leur faveur ? Non, je m’en doutais. Moi non plus, parce que je trouve cela atroce. »

Netanyahu a souligné que « la plupart des Américains [reconnaissent] qu’Israël défend les mêmes valeurs que l’Amérique ».

« Ils reconnaissent que nous combattons les barbares à nos portes. »

Un agent de la California Highway Patrol (CHP) arrêtant un manifestant lors de l’évacuation d’un campement anti-Israël après que des ordres de dispersion ont été donnés sur le campus de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), à Los Angeles, en Californie, le 2 mai 2024. (Crédit : Mario Tama/Getty Images North America/Getty Images via AFP)

Il a également remercié le président américain, Donald Trump, d’être « un grand allié ».

« Ce n’est pas seulement la sauvagerie du Hamas et de l’axe du terrorisme iranien. En Syrie, il y a quelques semaines à peine, nous avons mis fin à un massacre sauvage de Druzes », a poursuivi Netanyahu, en référence aux attaques meurtrières du mois dernier dans et autour de la province de Soueïda, bastion druze du sud de la Syrie, où des affrontements entre des Druzes et des Bédouins locaux ont entraîné l’intervention des forces du régime syrien et de Tsahal.

« Ils sont entrés dans leur ville de Soueïda et ont massacré les hommes », a déclaré Netanyahu, sans préciser à quels assaillants il faisait référence.

« Ils ont violé les femmes, les infirmières, puis les ont abattues. Ils ont brûlé des bébés. »

Des hommes armés appartenant à une tribu bédouine, à Soueïda, dans le sud de la Syrie, malgré l’annonce par le président intérimaire syrien d’un cessez-le-feu immédiat le 19 juillet 2025. (Crédit : Bakr Alkasem/AFP)

Évoquant une vidéo largement diffusée qui semble avoir été tournée pendant l’attaque, il a poursuivi : « Vous l’avez vue en direct, et vous devez la voir pour comprendre. On y voit un civil druze blessé gisant au sol. L’un de ces fanatiques, l’un de ces sauvages incroyables, s’approche, poignarde l’homme, lui arrache le cœur et le mange », a dénoncé le Premier ministre.

« La victime a le cœur dévoré alors qu’elle est encore en vie. C’est de la sauvagerie. C’est de la barbarie. C’est contre cela qu’Israël se bat, au nom de la civilisation occidentale, au nom de la civilisation », a-t-il ajouté.

« Mais nous devons maintenant rassembler toutes les forces qui cherchent à défendre notre civilisation commune contre cette mutilation de la vérité qui menace notre avenir commun », a conclu Netanyahu.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

read more: