Rechercher

Des anciens responsables israéliens de la sécurité exhortent à « arrêter la guerre » à Gaza

"Cette guerre a commencé comme une guerre juste, une guerre défensive [...] mais elle conduit l'État d'Israël à la perte de sa sécurité et de son identité", ont déclaré les ex-responsables de Tsahal, du Mossad et du Shin Bet

Capture d'écran d'une vidéo de l'ancien directeur du Mossad, Tamir Pardo, appelant à la fin de la guerre à Gaza, publiée le 3 août 2025. (YouTube : utilisé conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)
Capture d'écran d'une vidéo de l'ancien directeur du Mossad, Tamir Pardo, appelant à la fin de la guerre à Gaza, publiée le 3 août 2025. (YouTube : utilisé conformément à l'article 27a de la loi sur le droit d'auteur)

Plus d’une dizaine d’anciens hauts responsables israéliens de la sécurité ont diffusé dimanche un message vidéo conjoint dans lequel ils appellent à la fin de la guerre à Gaza. Selon eux, Israël a subi plus de pertes qu’il n’a remporté de victoires et les combats se prolongent pour des raisons politiques plutôt que pour des besoins militaires stratégiques.

Parmi les dix-neuf anciens chefs d’état-major de l’armée, directeurs des services de renseignement, chefs de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, de l’agence de renseignement du Mossad et commissaires de police ayant participé à cette vidéo, figuraient l’ancien Premier ministre et ex-chef d’état-major Ehud Barak, ainsi que les anciens chefs d’état-major Moshe Yaalon et Dan Halutz ; les anciens chefs du Shin Bet Nadav Argaman, Yoram Cohen, Ami Ayalon, Yaakov Peri et Carmi Gillon ; les anciens chefs du Mossad Tamir Pardo, Efraïm Halevy et Danny Yatom ; ainsi que les anciens commissaires de police israéliens Dudi Cohen, Moshe Karadi, Rafi Peled et Assaf Hefetz.

Bon nombre de ces personnalités ont déjà critiqué le Premier ministre Benjamin Netanyahu ett la manière dont la coalition gère la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas.

« Chacune de ces personnes a siégé aux réunions du cabinet, opéré dans les cercles les plus confidentiels, participé à tous les processus de prise de décision les plus sensibles, les plus délicats », souligne la voix off de la vidéo.

A eux seuls et « ensemble, ils ont plus de mille ans d’expérience en sécurité nationale et en diplomatie », souligne la voix off.

Les critiques du gouvernement affirment que Netanyahu évite de s’engager sur une fin définitive de la guerre et sur le retour des 50 otages encore détenus afin de préserver sa coalition, qui repose sur des partis ultranationalistes qui insistent pour poursuivre le combat et dont les dirigeants ont exprimé leur volonté de conquérir définitivement Gaza, d’en expulser les habitants et de la repeupler de Juifs.

Dans cette vidéo sous-titrée en anglais, ces hommes affirment que les combats à Gaza auraient pu prendre fin depuis longtemps et exigent qu’Israël mette un terme à la guerre par un cessez-le-feu permanent et un accord global sur les otages, prévoyant la libération simultanée des 50 otages restants.

« Nous avons le devoir de nous lever », alerte Ami Ayalon, ancien directeur du Shin Bet, le service de sécurité intérieure, dans la vidéo.

« Cette guerre a commencé comme une guerre juste, une guerre défensive. Mais une fois tous ses objectifs militaires atteints et une brillante victoire militaire contre tous nos ennemis, elle a cessé d’être une guerre juste. Elle conduit l’État d’Israël à la perte de sa sécurité et de son identité », estime Ayalon.

L’ancien chef du Directorat des Renseignements militaires, Amos Malka, y affirme qu’Israël avait « largement dépassé le point où nous aurions pu mettre fin à la guerre avec un résultat opérationnel satisfaisant ».

Au lieu de cela, déclare l’ancien chef du Shin Bet, Nadav Argaman, « nous sommes désormais principalement en train de compenser nos pertes ».

« Nous sommes au bord de la défaite », commente dans la vidéo l’ancien directeur du Mossad, Tamir Pardo. « Ce dont le monde est témoin aujourd’hui est ce que nous avons fait », déplore-t-il à propos des conditions humanitaires désastreuses dans le territoire palestinien.

« Nous nous cachons derrière un mensonge que nous avons fabriqué. Ce mensonge a été vendu au public israélien et le monde a depuis longtemps compris qu’il ne reflète pas la réalité. »

« Il y a des moments qui représentent un ‘drapeau noir’ où il faut rester ferme et dire : Jusqu’ici et pas plus loin », surenchérit Yaalon.

« Nous avons un gouvernement que les zélotes messianiques ont entraîné dans une certaine direction irrationnelle », juge de son côté Yoram Cohen (Shin Bet). « Ils sont une minorité (…) mais le problème est que la minorité contrôle la politique ».

Capture d’écran d’une vidéo de l’ancien directeur du Shin Bet, Ami Ayalon, appelant à la fin de la guerre à Gaza, publiée le 3 août 2025. (YouTube : utilisé conformément à la clause 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Yaalon faisait vraisemblablement référence aux partis ultranationalistes HaTzionout HaDatit et Otzma Yehudit, qui s’opposent tous deux à un accord visant à libérer les derniers otages, même si cela implique de mettre fin à la guerre. Ces partis sont dirigés respectivement par le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et par le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

« Ils sont minoritaires », affirme Yoram Cohen. « Mais le problème, c’est que cette minorité contrôle la politique. »

Il ajoute que quiconque croit qu’Israël peut « atteindre tous les terroristes, toutes les cachettes et toutes les armes, tout en ramenant nos otages à la maison », se berce d’illusions.

« Tsahal, avec toutes ses capacités, ne peut pas réaliser le fantasme de quelqu’un qui siège au cabinet et qui croit que son fantasme peut se réaliser », poursuit Cohen.

Les responsables de l’establishment de la sécurité ont appelé ceux qui occupaient autrefois leurs postes à prendre position contre la poursuite de la guerre.

« Ils doivent se lever courageusement devant le Premier ministre et devant le cabinet et dire ce qu’ils ont à dire… sur cette guerre et son absurdité », affirme Argaman.

« Il est de leur devoir de dire ce qui peut être fait et ce qui ne peut pas l’être, même si quelqu’un le souhaite vraiment », ajoute-t-il.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu diffuse un message préenregistré depuis son bureau à Jérusalem, le 29 juillet 2025. (Capture d’écran/bureau du Premier ministre)

La vidéo a été publiée sur les réseaux sociaux d’UnXeptable, un « mouvement populaire lancé par un groupe d’Israéliens résidant dans la région de la Baie de San Francisco en faveur d’un Israël démocratique ».

Vendredi, cinq anciens responsables de la sécurité, dont Ayalon, Pardo et Hefetz, ont envoyé une lettre au président américain Donald Trump à faire pression sur Benjamin Netanyahu pour mettre fin à la guerre à Gaza et ainsi ramener « les otages chez eux ».

« Arrêtez la guerre à Gaza ! », exhorte ce courrier du mouvement des « Commandants pour la sécurité d’Israël » (CIS), signé par 550 anciens chefs espions, militaires, policiers et diplomates et rendu public dans la nuit de dimanche à lundi.

Trois anciens patrons du Mossad, le service de renseignement extérieur, (Tamir Pardo, Efraim Halevy, Danny Yatom), cinq ex-dirigeants du Shin Bet (Nadav Argaman, Yoram Cohen, Ami Ayalon, Yaakov Peri, Carmi Gilon) et trois ex-chefs d’état-major (Ehud Barak, Moshe Bogie Yaalon, Dan Halutz) figurent parmi les signataires de la lettre, et apparaissent dans la vidéo.

« Au nom de CIS, le plus grand groupe israélien d’anciens généraux de l’armée, Mossad, Shin Bet, police et corps diplomatiques équivalents, nous vous exhortons à mettre fin à la guerre à Gaza. Vous l’avez fait au Liban. Il est temps de le faire à Gaza également », plaident-il auprès de Donald Trump.

« Tsahal (l’armée israélienne) a depuis longtemps atteint les deux objectifs qui pouvaient être réalisés par la force: démanteler les formations militaires et le gouvernement du Hamas », estiment les membres du CIS. « Le troisième, et le plus important, ne peut être atteint que par un accord : ramener tous les otages chez eux ».

« Nous considérons, en tant que professionnels, que le Hamas ne représente plus une menace stratégique pour Israël, et notre expérience nous indique qu’Israël dispose de tout ce qu’il faut pour gérer ses capacités résiduelles de terreur, à distance ou autrement », estiment-ils.

« Traquer les derniers hauts responsables du Hamas peut être fait plus tard », mais les « otages ne peuvent pas attendre ».

« Votre crédibilité auprès de la grande majorité des Israéliens renforce votre capacité à guider le Premier ministre Netanyahu et son gouvernement dans la bonne direction », ajoutent les signataires. « Mettre fin à la guerre, ramener les otages, arrêter les souffrances et former une coalition régionale-internationale qui aide l’Autorité palestinienne (une fois réformée) à offrir aux Gazaouis et à tous les Palestiniens une alternative au Hamas et à son idéologie perverse ».

Des passants longent des portraits d’Israéliens retenus en otages par des terroristes du Hamas à Gaza, à Jérusalem, le 29 juillet 2025. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Alors que les pourparlers en vue d’un nouveau cessez-le-feu sont au point mort, Netanyahu serait favorable à une extension de la guerre, selon une source diplomatique citée dimanche par les médias israéliens. Bien que les informations indiquent qu’il bénéficie du soutien de certains ministres, il est contesté par l’actuel chef d’état-major de Tsahal, le lieutenant-général Eyal Zamir, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, le chef du parti Shas Aryeh Deri, le conseiller à la Sécurité nationale Tzahi Hanegbi et le chef du Mossad David Barnea, ainsi que par le négociateur du Shin Bet, identifié par son initial « Mem », et le major général (Rés.) Nitzan Alon, qui supervise le dossier des otages pour l’armée.

Suite à ces informations, le Forum des familles des otages et disparus a déclaré que le Premier ministre « menait Israël et les otages vers l’abîme ».

« Le discours, qui a été répété à maintes reprises, selon lequel la libération des otages passerait par une victoire décisive est une imposture », a déclaré le forum, qui représente la majorité des familles des 50 otages restants.

Le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 a coûté la vie à plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils. Sur les 50 otages toujours en captivité, la plupart ne seraient plus en vie, et l’état de santé des autres est très préoccupant, en particulier après la diffusion, ce week-end, par des groupes terroristes de Gaza, de vidéos montrant deux d’entre eux, Rom Braslavski, 21 ans, et Evyatar David, 24 ans, tous deux pâles et squelettiques.

L’AFP a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.