Netanyahu aurait changé la position d’Israël sur les Malouines, Gandler dément – média

Selon The Telegraph, Israël soutiendrait désormais des pourparlers entre l’Argentine et le Royaume-Uni sur les îles contestées, sur fond de tensions croissantes entre Jérusalem et Londres

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à droite) saluant le président argentin Javier Milei, à Jérusalem, le 19 avril 2026. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait demandé aux diplomates israéliens de modifier la position officielle de Jérusalem concernant les îles Malouines, a rapporté samedi le journal britannique The Telegraph, alors que les relations entre Israël et le Royaume-Uni se détériorent. L’ambassade d’Israël à Londres a démenti cette information.

Selon le journal, qui cite des sources anonymes, Netanyahu aurait ordonné aux diplomates israéliens de soutenir l’appel de l’Argentine en faveur de pourparlers directs avec le Royaume-Uni au sujet de ce territoire.

L’Argentine, dont le président Javier Milei est l’un des plus fervents partisans d’Israël, maintient sa revendication de longue date de souveraineté sur ces îles. Les deux pays se sont livrés une guerre en 1982 à propos de ces îles.

The Telegraph a toutefois précisé que ce revirement ne va pas jusqu’à approuver officiellement la revendication de souveraineté de l’Argentine. Les îles Falkland sont officiellement un territoire britannique d’outre-mer, mais l’Argentine affirme que c’est elle, et non le Royaume-Uni, qui détient la souveraineté sur ces îles, qu’elle appelle « Islas Malvinas ».

Le journal a indiqué que ce revirement intervenait dans un contexte de colère israélienne, suite à la décision prise le mois dernier par le ministre britannique des Affaires étrangères, Ed Miliband, d’imposer des sanctions économiques aux implantations israéliennes en Cisjordanie.

Alex Gandler, porte-parole de l’ambassade d’Israël au Royaume-Uni, a toutefois démenti cette information.

« Je démens catégoriquement cette allégation. Aucune directive de ce type n’existe », a-t-il écrit sur le réseau social X.

Un responsable israélien a déclaré au Telegraph que ce revirement était lié aux critiques de plus en plus virulentes du Royaume-Uni à l’égard d’Israël.

Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, avait alors vivement critiqué les sanctions de Milband, les qualifiant « d’antisémites » et de « moralement déformées », et avait annoncé plusieurs contre-mesures, notamment la fermeture du consulat britannique à Jérusalem chargé de servir les Palestiniens.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a également appelé Netanyahu à reconnaître la souveraineté argentine sur les Malouines, en guise de représailles aux sanctions britanniques.

The Telegraph a relevé un récent discours de l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, dans lequel il a déclaré : « Israël reconnaît l’importance que l’opinion publique argentine accorde à cette question », ajoutant que « les progrès sur ce sujet doivent être réalisés en tenant compte de l’ensemble des aspects historiques, juridiques et humains pertinents ».

Selon le journal britannique, la formulation de cette déclaration reconnaissait la revendication de l’Argentine sur les îles et marquait un changement significatif dans la position d’Israël sur la question.

« Le libellé de la déclaration a lui-même été approuvé au plus haut niveau du gouvernement israélien », a confié une source au journal britannique.

« C’est la première fois qu’Israël s’implique dans ce conflit. »

Un responsable israélien a déclaré au Telegraph que ce changement devait également être replacé dans le contexte des relations étroites entre Israël et l’Argentine sous le mandat de Milei – un fervent défenseur d’Israël.

Milei a assisté, en avril, à la cérémonie officielle annuelle de Yom HaAtsmaout, la fête de l’indépendance, au cours de laquelle il a allumé un flambeau symbolique.

Selon le journal, le Royaume-Uni considère comme provocatrices les demandes de négociations directes sur la souveraineté des îles, car il soutient depuis longtemps que les pourparlers ne devraient avoir lieu qu’avec le consentement des habitants. Lors d’un référendum organisé en 2013, ces derniers se sont prononcés à une écrasante majorité en faveur du maintien du statut de territoire britannique d’outre-mer.

Cette information a suscité la colère de l’extrême-droite britannique, qui s’est jusqu’à présent montrée largement favorable à Israël.

Le député britannique Rupert Lowe, chef du parti Restore Britain, a critiqué sur un réseau social ce changement présumé de position d’Israël.

« Pourquoi le Royaume-Uni devrait-il défendre les intérêts nationaux d’Israël si les dirigeants israéliens refusent de respecter les nôtres ? Le Royaume-Uni n’est pas tenu d’apporter un soutien politique ou militaire inconditionnel à un gouvernement étranger », a-t-il écrit.

Cette annonce intervient également alors que Buenos Aires s’indigne des projets de la société Navitas Petroleum, détenue par des intérêts israéliens, visant à mener des forages offshore dans les îles Malouines, dont le début est prévu en 2028.

Israël a déclaré que le gouvernement n’était pas impliqué dans les opérations de Navitas et n’exerçait aucun contrôle sur celles-ci, étant donné qu’il s’agit d’une société cotée en bourse. Le pays a également ajouté que l’Argentine de Milei « est l’un des meilleurs et des plus proches amis d’Israël, et qu’il existe des contacts étroits et réguliers entre les dirigeants israéliens et argentins ».

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