New York : Une nouvelle œuvre d’art sur le 7-Octobre offre aux Juifs « un sentiment de clôture »

Une sculpture conçue par les artistes israéliens à l’origine de la campagne d’affiches pour les otages a été dévoilée au Museum of Jewish Heritage pour le 3e anniversaire du pogrom

Les artistes de rue israéliens Nitzan Mintz, à gauche, et Dede Bandaid, à droite, devant une sculpture commémorant la mobilisation pour la libération des otages israéliens détenus à Gaza, au Museum of Jewish Heritage, à New York, le 7 octobre 2026. (Crédit : Agatha Khishchenko/Times of Israel)

NEW YORK – Lorsque le groupe terroriste palestinien du Hamas a envahi Israël le 7 octobre 2023, les artistes de rue israéliens Dede Bandaid et Nitzan Mintz, alors en résidence artistique à New York, ont décidé de mettre leurs talents à contribution en créant une série d’affiches représentant les otages emmenés à Gaza.

Ces affiches ont été diffusées à l’échelle mondiale, à travers le monde, imprimées et placardées par des militants dans les rues de New York, à travers les États-Unis et dans d’autres pays.

Mercredi, à l’occasion du troisième anniversaire du pogrom, Mintz et Bandaid ont dévoilé à New York une sculpture destinée à commémorer la lutte pour la libération des otages, bouclant ainsi un parcours commencé au début de la guerre.

Le sort des otages a occupé une place centrale dans la mobilisation de la communauté juive new-yorkaise jusqu’à leur libération l’année dernière.

« Les gens devraient être fiers d’avoir apporté leur contribution et d’avoir fait tout ce qu’ils pouvaient », a déclaré Mintz au Times of Israel. « Cela devrait leur donner un sentiment de force. La lutte n’est pas terminée, mais après un combat aussi long, leurs efforts méritent d’être reconnus. »

La sculpture a été dévoilée le 7 octobre lors d’une cérémonie commémorative au Museum of Jewish Heritage, un centre d’enseignement consacré à la Shoah situé dans le sud de Manhattan.

La sculpture Rooted, au Musée du patrimoine juif de New York, le 7 octobre 2026. (Crédit : Michael Priest Photography)

Des responsables new-yorkais, dont la gouverneure Kathy Hochul et la présidente du Conseil municipal Julie Menin, ont assisté à cette commémoration solennelle organisée par la communauté juive, alors qu’ailleurs dans la ville des manifestations antisionistes faisaient rage.

L’UJA-Federation of New York, l’une des principales organisations juives de la ville et organisatrice de l’événement, a chargé Mintz et Bandaid de concevoir la sculpture.

Cette structure en acrylique de 1,80 mètre de haut, en forme de tronc d’arbre, est intitulée Rooted: A Testament to Jewish Resilience (Enracinés : un témoignage de la résilience juive). Son centre creux accueille les plaques d’identité et les épingles jaunes portées par les personnes mobilisées en faveur des otages.

Mintz et Bandaid ont expliqué avoir imaginé un réceptacle qui servirait de mémorial itinérant, dans lequel les Juifs pourraient déposer les objets qu’ils avaient portés pendant plus de deux ans, jusqu’à la libération des otages. L’arbre symbolise l’unité et la mobilisation de la communauté juive pour ramener les otages chez eux, ont-ils expliqué.

Des manifestants rassemblés en soutien aux otages dans Central Park, à New York, le 8 juin 2025. (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Lors de l’inauguration, les invités ont admiré l’installation avant d’y laisser leurs plaques d’identité et leurs pin’s au centre du tronc d’arbre transparent.

Lynn Wolitzer, une habitante de New York, a déclaré que cette installation constituait un hommage important aux épreuves auxquelles la communauté juive a dû faire face après le 7-Octobre.

« Cela donne une dimension vivante à cette période très triste qui est désormais derrière nous », a déclaré Wolitzer.

Une autre participante, Andrea Resnick, a expliqué que le geste physique consistant à retirer ses étiquettes et ses pin’s après deux ans avait été difficile, car ces objets faisaient désormais partie d’elle-même.

« C’était comme un lien avec nos frères et sœurs en Israël », a déclaré Resnick. « C’était aussi un soulagement. On a l’impression d’avoir tourné la page. »

Shlomi Rabi, fondateur et directeur exécutif de l’organisation Bridgewell Arts, basée à Brooklyn, a conçu l’installation. Bridgewell Arts s’emploie à créer des liens entre le monde de l’art et les créateurs juifs.

L’arbre en acrylique a été moulé par Mitch Meisner, deuxième génération de sa famille à la tête de Meisner Art Casting, à Long Island. Les Meisner sont des amis proches de la famille d’Omer Neutra, un soldat à la double nationalité américaine et israélienne, tué lors de l’attaque du 7-Octobre.

Des affiches d’otages israéliens dans la station de métro Union Square à New York, le 16 octobre 2023. (Crédit : Luke Tress/JTA)

À l’intérieur de la sculpture, entre les plaques d’identité et les rubans jaunes des otages, se trouvait une photo de Kfir Bibas, un nourrisson de neuf mois enlevé lors du pogrom du Hamas et assassiné à Gaza avec sa mère et son frère de quatre ans.

Mintz et Bandaid sont les parents d’une petite fille de cinq mois. Ils ont déclaré que les images d’enfants sur les affiches des otages, en particulier celles de Kfir Bibas, qui avait neuf mois au moment de son enlèvement, les avaient profondément bouleversés en tant que nouveaux parents.

« J’ai les images du Hamas gravées dans ma tête. Ces images sont si horribles qu’elles me donnent envie de vomir », a déclaré Mintz. « C’était personnel, mais je n’étais pas encore mère. Je ne comprenais pas l’ampleur de ce que l’on ressent, l’horreur absolue de tenir un bébé dans ses bras et de le voir emporté par des terroristes. »

Les intervenants comprenaient Hochul, Menin, Mark Treyger, président du Jewish Community Relations Council of New York, ainsi que l’ancien otage Andrei Kozlov, un artiste qui a été retenu captif pendant 246 jours.

Le public comptait le député américain Dan Goldman, élu de New York et lui-même juif, le contrôleur de l’État de New York Tom DiNapoli, ainsi que plusieurs autres élus de l’État et de la ville.

Menin, première présidente juive du Conseil municipal, a implicitement fait référence aux propos du maire de New York, Zohran Mamdani, dont la déclaration du 7 octobre, publiée plus tôt dans la journée, avait provoqué la colère des dirigeants juifs.

Julie Menin, présidente du Conseil municipal de New York, lors d’une cérémonie commémorative du 7 octobre au Musée du patrimoine juif de New York, le 7 octobre 2026. (Crédit : Michael Priest Photography)

Si Mamdani a rendu hommage aux victimes de l’attaque du Hamas et condamné le groupe terroriste, l’essentiel de sa déclaration n’en constituait pas moins une attaque contre Israël, qu’il a accusé de génocide, de crimes de guerre et d’apartheid.

« Cette journée devrait être consacrée à une seule chose : rendre hommage aux 1 200 personnes assassinées par les terroristes du Hamas et se souvenir d’elles », a déclaré Menin. « C’est cela, le 7-Octobre : 251 otages enlevés, des familles déchirées et une communauté juive en deuil, en Israël comme ici à New York. »

« Rien d’autre n’est acceptable », a ajouté Menin, sous de vifs applaudissements. « Les gens doivent prendre conscience de la douleur que ressent la communauté juive ici, à New York. »

La sculpture sera exposée au musée jusqu’au 26 octobre, puis installée dans les locaux de l’UJA-Federation of New York, dans le quartier de Midtown, à Manhattan.

Bandaid et Mintz ont dit espérer que des visiteurs non juifs viendraient également voir l’exposition afin d’en apprendre davantage sur les événements du 7-Octobre.

« Même si vous ne connaissez pas l’histoire ou n’en savez pas assez, vous devez savoir que cela s’est produit », a déclaré Bandaid. « Je ne pense pas qu’en tant que communauté ou pays, nous ayons tourné la page. Nous ne nous en sommes pas remis. »

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