Un ex-otage dessinait à Gaza ; aujourd’hui, il peint pour raconter son histoire
Andrey Kozlov, secouru en juin 2024 des mains du Hamas, espère exposer ses œuvres à New York et en Israël
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C’est durant ses derniers mois de captivité à Gaza qu’Andrey Kozlov, 27 ans, à la double nationalité russe et israélienne, s’est mis à dessiner dans un carnet vierge à l’aide d’un crayon et d’une petite gomme, procurés par ses ravisseurs terroristes.
« Ils nous avaient déplacés dans un autre endroit et nous avaient retiré nos chaînes », a confié Kozlov au Times of Israel.
« J’ai commencé à dessiner en puisant dans mon imagination, dans ma propre interprétation de ce que je vivais », a-t-il ajouté.
Installé à New York, Kozlov entame un nouveau chapitre de sa vie et poursuit son élan artistique. Il prépare une exposition de peintures conçues à son retour de captivité, retraçant son expérience.
Kozlov a été enlevé le 7 octobre 2023 lors de la rave Nova, dans le désert, où il travaillait comme agent de sécurité.
Il fait partie des 251 personnes prises en otage par des terroristes du Hamas et emmenées dans la bande de Gaza, lors du pogrom meurtrier perpétré par le groupe palestinien contre Israël, au cours duquel plus de
1 200 personnes – pour la plupart des civils – ont été assassinées.
Il a été détenu aux côtés d’Almog Meir Jan, 21 ans, et de Shlomi Ziv, 40 ans.
Les trois hommes ont été secourus en juin 2024 par des unités spéciales israéliennes qui se sont infiltrées dans le camp de réfugiés de Nuseirat, au centre de la bande de Gaza. Noa Argamani, détenue dans une maison séparée, à quelque 180 mètres de là des autres otages, a été secourue au cours de la même opération.
Mi-décembre 2023, après plusieurs mois de captivité ponctués de nombreux transferts, les trois otages ont été conduits dans l’appartement d’Abdallah Aljamal, 36 ans, un terroriste du Hamas se faisant passer pour journaliste.
Là, leurs chaînes aux poignets et aux chevilles ont été retirées, et ils ont été installés dans une pièce plus grande que Kozlov décrit comme divisée en deux zones, séparées par une couverture tendue devant une large porte, dissimulant les gardes.
Les rideaux étaient toujours tirés sur la fenêtre, et les gardiens étaient assis à côté, dans une petite antichambre avec une télévision.
Pendant les six mois passés dans cette dernière location, Andrey Kozlov a réalisé environ 25 dessins. Il a dessiné des personnages de films issus de son imagination et esquissé des visions de bonheur et ses espoirs pour l’avenir.
L’un de ces dessins représentait un homme chauve et torse nu devant une source de lumière vive, semblant prier pour quelque chose, a décrit Kozlov.
Kozlov a également dessiné des esquisses de désespoir et de colère.
« Je ne ressentais aucun bonheur à Gaza, mais j’espérais m’en sortir », dit-il. « Je dessinais ce que je pensais ressentir une fois libéré. »
Kozlov a longuement parlé des tortures physiques et psychologiques qu’il a subies avec Jan et Ziv, ainsi que de la menace constante d’exécution. Les ravisseurs leur répétaient que personne en Israël ne se souvenait d’eux ni ne se souciait de leur sort.
Les terroristes lui avaient donné le carnet comme une faveur, et l’obligeaient parfois à dessiner ce qu’ils voulaient.
« J’ai dessiné la fille d’un terroriste et le logo du Hamas », raconte-t-il. « Et ils étaient très curieux de voir les nouveaux dessins dans mon carnet. »
Sur chaque page, Kozlov inscrivait son nom et la date dans un coin, pour garder la notion du temps.
Il cachait le carnet sous le matelas où il dormait.
Le 8 juin, au moment du raid surprise qui a permis leur libération, il a dû abandonner ses dessins dans l’appartement. Les commandos israéliens ont abattu les ravisseurs, extrait les otages en urgence par les escaliers, et les ont évacués par hélicoptère.
En septembre 2024, deux mois après son sauvetage et son retour en Israël auprès de ses parents et de ses frères et sœurs, Kozlov, qui n’a jamais suivi de formation artistique, s’est remis à dessiner.
En captivité, il avait dressé une liste de ses objectifs futurs, afin de se concentrer sur l’avenir. L’un de ces objectifs était de poursuivre son travail artistique.
« Je ne suis pas un artiste très doué, mais j’ai quelque chose, j’ai quelques compétences », dit-il, en ajoutant que son père et son grand-père dessinaient aussi. « Ils avaient toujours un crayon à la main. »
Après avoir été secouru, Kozlov a compris que l’art pouvait être un moyen de raconter son histoire sans avoir à revivre les détails dans chaque interview.
« Je voulais montrer ce qui s’était passé, pour que les gens puissent le comprendre sans paroles. »
Cette occasion s’est présentée à Kozlov lors de son premier voyage aux États-Unis en septembre. Il a atterri à New York, la ville de ses rêves, a-t-il déclaré.
Il a également passé du temps à Los Angeles, dans le studio de l’artiste israélien Tomer Peretz, où Kozlov a recommencé à peindre. Peretz l’a encouragé à continuer à créer et à produire d’autres œuvres d’art.
Il espère organiser une première exposition à New York en juin, avant de présenter ses œuvres en Israël cet été.
« Heureusement pour moi, cette expérience ne m’a pas causé de traumatisme majeur », confie Kozlov. « Il y a des milliers de survivants du 7 octobre, et certains n’arrivent pas à aller de l’avant. Mais moi, je peux vivre avec cette expérience. »
« Ce n’était qu’un chapitre de ma vie. Je suis reconnaissant d’en être sorti vivant, mais je ne suis pas figé dans ce rôle. »
Et d’ajouter : « Je ne veux pas être connu pour toujours comme l’ex-otage secouru. »
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