Ofer Cassif reconnu coupable d’avoir agressé un policier lors de heurts en Cisjordanie en 2022
Le tribunal a déclaré cet élu coupable de coups et blessures aggravés pour avoir giflé un agent de la police des frontières lors d'une altercation
Jeudi, le député Ofer Cassif, membre du parti d’extrême gauche Hadash, a été condamné pour coups et blessures aggravés sur un agent de police, suite à un incident survenu en mai 2022 au cours duquel l’élu s’était vu empêcher de se rendre à une manifestation contre l’expulsion de Palestiniens de leurs foyers en Cisjordanie.
Les coups et blessures aggravés sur un agent de police sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, avec un minimum de trois mois.
Cassif était accusé d’avoir heurté un agent de la police des frontières à la jambe avec sa voiture, puis de l’avoir giflé à la tête après s’être disputé avec lui, alors qu’on l’empêchait de se rendre en voiture à la manifestation.
Le tribunal de Jérusalem a considéré qu’il était « prouvé au-delà de tout doute raisonnable » que Cassif avait bien heurté l’agent de la police des frontières avec sa voiture, « en sachant et en ayant l’intention de l’empêcher » d’exercer ses fonctions.
Le tribunal a également déterminé que la gifle qui avait été assénée par Cassif à la tête de l’agent de police, en réponse à un « léger » coup au visage infligé par ce dernier, ne pouvait être justifiée par les lois relatives à la légitime défense, jugeant cette agression disproportionnée par rapport au « contact fortuit provoqué par le mouvement du corps même de l’accusé » avec le doigt de l’agent de police.
Si le tribunal juge que le délit commis par Cassif relève de la turpitude morale et que le député ne fait pas appel, il perdra son siège à la Knesset.
S’il venait à être incarcéré, même en l’absence de qualification de turpitude morale, il serait automatiquement suspendu de la Knesset pendant toute la durée de sa peine.
Cassif, membre juif du parti à majorité arabe Hadash, a déclaré que sa condamnation était « un nouveau signe de la persécution politique ouverte et continue dont sont victimes tous ceux qui s’opposent résolument à l’occupation, à ses crimes et à ses auteurs, tout en défendant la démocratie, la justice et une paix véritable pour les deux peuples de cette terre ».
L’audience de détermination de la peine devrait avoir lieu en janvier 2027. L’avocat de Cassif a indiqué que son client pourrait faire appel de cette condamnation.
Les chefs d’accusation contre Cassif ont été définis en 2024.
Les faits en question remontent au mois de mai 2022. Cassif tentait alors de se rendre à une manifestation contre l’évacuation de Palestiniens de leurs foyers dans la région de Masafer Yatta, dans les collines du sud d’Hébron, en Cisjordanie.
Les zones des villages en cours d’évacuation avaient été déclarées zone militaire fermée par l’armée israélienne afin d’empêcher les manifestants de s’y rendre. Ceux-ci avaient toutefois été autorisés à se rendre à pied dans une zone à l’écart de la zone d’évacuation pour y manifester.
Selon les documents judiciaires, Cassif a tenté de se rendre en voiture sur le lieu de la manifestation, mais en a été empêché par des agents de la police des frontières, qui lui ont indiqué qu’il pouvait poursuivre à pied.
Cassif a insisté sur le fait que son immunité parlementaire lui permettait de rejoindre la manifestation en voiture, mais l’agent de la police des frontières lui a refusé l’accès. Une altercation a alors éclaté entre le député, l’agent de la police des frontières et un autre policier, au cours de laquelle les trois hommes se sont échangé des insultes et des menaces.
À ce stade, Cassif est remonté dans sa voiture et a tenté de poursuivre sa route vers la manifestation malgré le barrage mis en place par l’agent de police. Selon l’acte d’accusation, il a heurté l’agent à la jambe gauche en essayant de le contourner lentement.
Le député s’est arrêté et, après un échange verbal entre les deux hommes, l’agent de police a légèrement poussé Cassif au visage avec son doigt, toujours selon l’acte d’accusation, après quoi Cassif a « violemment » giflé l’agent à la tempe, ont déclaré les procureurs.
Cassif a participé en 2021 à une manifestation dans le quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem Est, au cours de laquelle il a été passé à tabac par des policiers et a dû recevoir des soins médicaux. L’incident, au cours duquel ses lunettes ont été cassées, a été filmé. Mais malgré ces images, le dossier ouvert contre les policiers impliqués a été classé sans suite pour « manque de preuves » par le Département des enquêtes internes de la police (DIPI).
Par ailleurs, une motion signée par 85 députés est actuellement examinée à la Knesset. Elle demande l’ouverture d’une procédure de destitution à l’encontre de Cassif, qui a publiquement soutenu la requête sud-africaine devant la Cour internationale de justice qui accuse Israël de commettre un « génocide » contre les Palestiniens à Gaza.