« Pas de solution » : l’ex-terroriste Zubeidi déplore l’échec des stratégies palestiniennes

Selon Zubeidi, auteur d'attentats pendant la 2e Intifada et libéré durant la trêve de janvier, les Palestiniens doivent reconsidérer leurs outils ; il prépare un doctorat en études israéliennes à Birzeit

Zakaria Zubeidi, 49 ans, prisonnier palestinien et ancien haut commandant des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa, libéré par Israël, agite un drapeau palestinien sous les acclamations de la foule après son arrivée à Ramallah, le 30 janvier 2025. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Dans sa première interview depuis sa libération, publiée mardi dans le New York Times, un terroriste palestinien bien connu, actif pendant la deuxième Intifada et relâche cette année dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu avec le Hamas, a déploré l’inutilité des tentatives palestiniennes d’obtenir un État souverain.

« Nous [les Palestiniens] devons reconsidérer nos outils », a déclaré Zakaria Zubeidi. L’homme, arrêté pour avoir fomenté des dizaines d’attentats pendant la deuxième Intifada durant laquelle il dirigeait les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa à Jénine, a été libéré en échange d’otages détenus par le Hamas en janvier.

« Nous avons fondé un théâtre et nous avons tenté une résistance culturelle, mais pour quel résultat ? », a-t-il ajouté, faisant référence à un programme théâtral qu’il avait créé à Jénine avec un acteur israélien de gauche et un militant suédois. « Nous avons essayé les armes. Nous avons essayé de tirer. Il n’y a pas de solution », a-t-il poursuivi. Selon le journal, Zubeidi a estimé que « rien de tout cela n’avait contribué à la création d’un État palestinien, quelque chose qui n’arriverait peut-être jamais. »

Il a souligné que son engagement dans le théâtre ne constituait ni une transition ni une dénonciation de l’activité armée palestinienne, affirmant : « Il ne s’agit pas d’être l’un ou l’autre… Comment ai-je ouvert la porte du théâtre ? Je l’ai enfoncée avec mon fusil. »

Selon le Times, depuis sa libération, Zubeidi a entamé un doctorat en études israéliennes à l’université de Birzeit, en Cisjordanie.

Au début des années 2000, lors de la deuxième Intifada, Zubeidi « a rejoint une milice à Jénine, convaincu que tel était le meilleur moyen d’obtenir une souveraineté palestinienne », d’après l’interview. Il est ensuite devenu le chef des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa de la ville.

Zakaria Zubeidi (au centre), qui s’était évadé de la prison de haute sécurité israélienne de Gilboa, entouré de gardiens de prison, se rend à une audience à Nazareth, dans le nord d’Israël, le 22 mai 2022 (Crédit : Oren Ziv / POOL)

Selon le journal, Zubeidi a nié toute implication dans un meurtre, bien qu’Israël le tienne pour responsable d’avoir ordonné plusieurs attaques ayant causé plusieurs morts, ainsi que de 24 infractions principalement liées à des actes de violence. Zubeidi faisait en outre partie des six prisonniers qui se sont évadés de la prison de Gilboa en 2021, avant d’être repris quelques jours plus tard.

Zubeidi a également raconté avoir perdu ses dents et avoir été battu à plusieurs reprises par des gardes israéliens pendant son emprisonnement. Les services pénitentiaires israéliens ont pour leur part démenti ces allégations, ainsi que d’autres déclarations similaires faites par d’autres personnes libérées, dans un communiqué adressé au New York Times, affirmant « tout ignorer des allégations [décrites] et, à leur connaissance, ne jamais avoir constaté d’événement de ce type ».

Après avoir été témoin, une fois libéré, des frappes israéliennes à Gaza en réponse au massacre perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023, ainsi que des conséquences des raids israéliens en Cisjordanie, Zubeidi a estimé que « les stratégies palestiniennes semblaient échouer sur tous les fronts », a rapporté le journal. Le fils de Zubeidi figurait également parmi les cinq Palestiniens armés tués l’an dernier au cours d’une frappe israélienne en Cisjordanie.

Zubeidi a déploré « l’absence de solution pacifique et l’absence de solution militaire » pour les Palestiniens, « parce que les Israéliens ne veulent rien nous donner ».

« Il est impossible de nous déraciner d’ici », a-t-il poursuivi, « et nous n’avons aucun moyen de les faire partir ».

Amnistié par Israël en 2007, Zubeidi avait été arrêté à nouveau en 2019 pour avoir participé à deux attaques à main armée contre des bus israéliens en Cisjordanie, avec des charges supplémentaires remontant au début des années 2000 ajoutées à l’acte d’accusation.

Après son évasion en 2021, il a vu sa peine prolongée de cinq années supplémentaires.

Quand cet ancien chef terroriste de Jénine a été relâché, en janvier, il a été accueilli à Ramallah par une foule en liesse de centaines de Palestiniens, qui l’ont porté en triomphe sur leurs épaules.

Après sa libération, le ministre de la Défense Israël Katz a menacé Zubeidi, lui disant que s’il commettait l’erreur de revenir pour commettre des actes terroristes, il « retrouverait de vieux amis ».

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