Plus de 500 arrestations lors d’une manifestation à Londres en soutien à Palestine Action
La police revient à sa politique d'arrestations massives alors que le gouvernement fait appel d'une décision de justice s'opposant à l'interdiction du groupe ; les manifestants défient l'ordre
Samedi, la police londonienne a arrêté plus de 500 manifestants anti-Israël lors d’un rassemblement de soutien au groupe interdit « Palestine Action ».
Les agents ont emmené les militants sous les acclamations et les applaudissements des autres manifestants qui s’étaient rassemblés pour un sit-in sur Trafalgar Square, dans la capitale.
Les manifestants brandissaient des pancartes en soutien à ce groupe, ce qui les rendait passibles d’arrestation.
Palestine Action a été proscrit en tant qu’organisation terroriste en juillet dernier, ce qui rend l’appartenance ou le soutien à ce groupe passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison. Lors de manifestations ultérieures, la police a arrêté près de 3 000 personnes pour soutien présumé au groupe interdit.
Depuis sa création en 2020, le groupe Palestine Action a mené des « actions directes » sur des sites militaires et industriels au Royaume-Uni, notamment en s’introduisant dans des installations appartenant au fabricant d’armes israélien Elbit Systems UK et en endommageant des avions de la Royal Air Force sur une base anglaise.
Six activistes de Palestine Action doivent faire face à un nouveau procès pour plusieurs chefs d’accusation liés à une descente effectuée en 2024 dans l’usine britannique d’Elbit, après avoir été acquittés du chef de cambriolage aggravé au début du mois. Ce nouveau procès portera sur les chefs d’accusation pour lesquels le jury n’était pas parvenu à un accord. Il devrait avoir lieu en février 2027.
Le verdict initial concernant cette intrusion, au cours de laquelle un policier aurait eu la colonne vertébrale fracturée lors d’une attaque à la masse filmée par un militant, a suscité des critiques de la part de la police, de parlementaires et de groupes juifs.
Les autorités affirment que les actions de Palestine Action ont causé des millions de livres de dégâts et affecté la sécurité nationale.
Mi-février, la Haute Cour de Londres a confirmé une contestation de cette interdiction, estimant qu’elle portait atteinte au droit à la liberté d’expression.
La police métropolitaine de Londres a suspendu les arrestations à la suite de cette décision, avant d’annoncer, fin mars, qu’elle les reprendrait, une fois que le gouvernement aurait été autorisé à faire appel.
« Il est vraiment important de continuer à se montrer », a déclaré Freya, 28 ans, responsable d’une organisation environnementale londonienne, l’une des personnes assises au premier rang de la foule des manifestants.
« Le gouvernement peut bien faire volte-face dans son argumentation juridique, mais les convictions morales de ces personnes (ici) ne changent pas. »
En début de soirée, la police métropolitaine de Londres a indiqué sur le réseau social X avoir procédé à 92 arrestations de personnes âgées de 27 à 82 ans, les manifestants étant toujours sur place.
« Une répression malavisée »
Depuis l’interdiction de Palestine Action, des milliers de personnes ont été arrêtées, principalement pour avoir brandi des pancartes en sa défense. Des centaines d’entre elles font l’objet de poursuites en vertu de la loi britannique sur le terrorisme.
Un autre manifestant, Denis MacDermot, 73 ans, originaire d’Édimbourg, a déclaré avoir déjà été arrêté et n’avoir pas hésité à revenir manifester.
« Je soutiens ces gens formidables », a-t-il ajouté en saluant les autres manifestants, précisant que si la décision de justice était définitive, « tout cela ne serait pas nécessaire ».
Les organisateurs de la manifestation, Defend Our Juries, ont déclaré qu’environ 500 personnes avaient participé à la manifestation de samedi pour protester contre « la complicité du gouvernement britannique dans le génocide perpétré par Israël à Gaza et la répression injustifiée des manifestations pacifiques au Royaume-Uni ».
La police « a choisi de procéder à des arrestations malgré l’interdiction du groupe par le gouvernement, jugée illégale par la Haute Cour, et malgré les avertissements d’éminents avocats selon lesquels toute arrestation serait illégale », ont-ils ajouté dans un communiqué.
Cette interdiction, qui a placé Palestine Action sur une liste noire comprenant également des groupes terroristes islamistes comme le Hamas et le Hezbollah, a suscité une vive controverse.
Un juge a suspendu tous les procès des personnes accusées de soutenir Palestine Action, et a prévu un réexamen global des dossiers pour le 30 juillet.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.