Royaume-Uni : Des militants de Palestine Action vont être rejugés pour l’attaque de l’usine Elbit
Une policière avait été frappée à coups de matraque et grièvement blessée, avec plusieurs fractures lombaires ; le raid avait entraîné un million de livres sterling de dommages
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En Grande-Bretagne, six militants anti-israéliens et pro-palestiniens vont faire l’objet d’un nouveau procès pour plusieurs chefs d’accusation liés à un raid mené en 2024 contre l’usine britannique d’Elbit, la société israélienne du secteur de la défense. Ils avaient été acquittés du chef d’inculpation de « cambriolage aggravé », au début du mois.
Les médias britanniques ont rappelé que le jury n’était pas parvenu à rendre un verdict s’agissant de plusieurs accusations criminelles – ajoutant que ces crimes seront au cœur de ce nouveau procès qui devrait avoir lieu au mois de février 2027, l’année prochaine.
Le verdict qui avait été initialement rendu dans ce dossier – avec une policière qui avait souffert de fractures multi-étagées à la colonne vertébrale après avoir été frappée à coups de matraque par un activiste – avait été critiqué par la police, des députés et par des groupes communautaires juifs.
Les organisations juives s’étaient à nouveau exprimées la semaine suivante, quand la Haute Cour britannique avait annulé l’interdiction de Palestine Action dans le pays, après que le gouvernement a inscrit l’organisation sur la liste noire du terrorisme.
Désormais, les six accusés — Samuel Corner, 23 ans, Charlotte Head, 29 ans, Leona Kamio, 30 ans, Fatema Rajwani, 21 ans, Zoe Rogers, 22 ans, et Jordan Devlin, 31 ans — seront jugés pour dommages criminels. De plus, Head, Corner et Kamio sont accusés de troubles violents, une accusation dont les trois autres prévenus ont été acquittés.
La procureure Deanna Heer a par ailleurs annoncé que les mises en examen pour cambriolage aggravé qui avaient été déposées à l’encontre de 18 autres accusés avaient été abandonnées.
Corner est accusé d’avoir causé des lésions corporelles graves lors de l’attaque à la matraque qu’il a commise. Les images de l’incident le montrent en train de frapper une policière avec une matraque, la victime souffrant en conséquence de fractures lombaires muti-étagées.
La victime a confié qu’après l’attaque, elle avait initialement été dans l’incapacité de conduire un véhicule, de s’habiller ou de se doucher sans aide, ajoutant qu’elle avait pris des médicaments pour soulager des « douleurs intenses ». Elle n’a pas pu travailler pendant trois mois, a rapporté la BBC, et elle a ensuite été affectée à des tâches restreintes.
Les procureurs ont déclaré que le raid avait causé environ un million de livres sterling de dommages.
Ces accusations avaient été portées après que Palestine Action a mené une attaque minutieusement planifiée contre les installations d’Elbit Systems UK à Bristol, une ville du sud-ouest de l’Angleterre, aux toutes premières heures de la journée du 6 août 2024.
Environ huit mois plus tard, au mois de juin 2025, des militants de Palestine Action avaient fait irruption dans une base de la Royal Air Force et ils avaient vandalisé deux avions, causant des dommages estimés à 7 millions de livres sterling. Le mois suivant, la Grande-Bretagne avait interdit Palestine Action en l’inscrivant sur la liste noire des organisations terroristes.
La semaine dernière, la Haute Cour britannique a annulé cette décision, tout en maintenant l’interdiction en vigueur dans l’attente d’une nouvelle audience, le gouvernement étant en train de préparer un appel.
Le procès consacré à la prise d’assaut d’Elbit avait débuté au mois de novembre dernier. Les procureurs avaient déclaré au jury du tribunal de Woolwich Crown Court, à Londres, que les six accusés faisaient partie d’un groupe plus important qui avait utilisé un ancien fourgon pénitentiaire blanc pour enfoncer les portes de l’usine et détruire du matériel.
Les six accusés, pour leur part, avaient dit qu’ils avaient simplement été motivés par la volonté de détruire des armes afin de mettre fin au « génocide », avaient-ils affirmé, qui était commis par Israël à Gaza. Ils avaient nié toute violence à l’encontre des personnes, malgré les images de l’attaque à la matraque qui avait été filmée par les caméras corporelles de la police.
Corner avait nié avoir causé des lésions corporelles graves avec l’intention de frapper une sergente de police. Il avait expliqué avoir seulement brandi la matraque en direction de la policière dans le but de protéger l’un de ses amis.
Tous ont finalement été acquittés du chef d’accusation de « cambriolage aggravé » après plus de 36 heures de délibération, le jury n’ayant pas pu se prononcer sur les autres chefs. Les accusés se sont embrassés alors qu’ils se trouvaient encore dans le box et ils ont salué leurs partisans, venus les soutenir dans la salle. Leurs soutiens ont bruyamment applaudi les prévenus après le départ du juge.
Cette décision a suscité une vive réaction de la part des députés britanniques et des groupes juifs, qui ont accusé le verdict d’avoir créé un dangereux précédent.
Le ministre de l’Intérieur du cabinet fantôme Chris Philp a écrit au directeur des Poursuites publiques, Stephen Parkinson, l’appelant à demander un nouveau procès et avertissant que le verdict « risque de donner le feu vert aux violences collectives au nom d’objectifs politiques ».
Les organisations juives ont également condamné cette décision. Le Board of Deputies of British Jews s’est dit « préoccupé par les verdicts troublants qui ont acquitté les membres de Palestine Action », mettant en garde contre « les justifications perverses utilisées comme bouclier à des fins de criminalité ».
Dans une tribune qui a été diffusée dans The Telegraph, l’ancien rédacteur en chef du Jewish Chronicle, Stephen Pollard, a estimé que ces acquittements « signifient, pour les Juifs britanniques, qu’ils n’ont pas d’avenir ici », ajoutant que cette décision était susceptible de devenir « l’affaire la plus importante dans l’Histoire des Juifs britanniques depuis 1945 ».
Le 7 février, le Crown Prosecution Service a annoncé qu’il allait demander un nouveau procès.
« Les allégations dans cette affaire sont extrêmement graves – avec notamment le fait d’avoir brisé la colonne vertébrale d’une policière à coups de matraque – et il est tout à fait normal que toutes les mesures soient prises pour garantir que justice sera rendue pleinement et conformément à la loi », a noté le groupe UK Campaign Against Antisemitism dans un communiqué qui a été émis dans le sillage de cette annonce.
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