Premier débat dans le Michigan : El-Sayed refuse de dire si l’Iran est plus menaçant qu’Israël
Le candidat au Sénat accuse Israël d’avoir entraîné les États-Unis dans la guerre pour annexer le sud du Liban ; le démocrate Jon Ossoff affirme que Tsahal a commis des crimes de guerre à Gaza
Jeudi, lors du premier débat opposant ce progressiste au député républicain Mike Rogers pour ce siège clé, Abdul El-Sayed, candidat démocrate au Sénat du Michigan, a refusé de dire s’il considérait que l’Iran ou Israël représentait la plus grande menace pour les États-Unis.
Pressé de répondre à cette question, El-Sayed a qualifié celle-ci « d’hypothèse ridicule » et il a déclaré que les deux nations « se sont révélées dangereuses à leur manière », accusant Israël d’entraîner les États-Unis dans une « guerre stupide » contre la République islamique d’Iran, ce qui faisait grimper les prix de l’essence aux États-Unis.
« Ils voulaient que nous entrions en guerre contre la République islamique d’Iran. Quels étaient leurs objectifs de guerre ? L’annexion du sud du Liban », a affirmé le démocrate, alors même qu’Israël ne revendique pas ce territoire et ne l’a envahi qu’après que le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah s’en est servi pour lancer une attaque quelques jours après le début de la guerre.
Lorsqu’on lui a demandé s’il soutiendrait l’envoi d’armes défensives à Israël en cas d’attaque par un autre pays, El-Sayed a répondu par la négative. Rogers, en revanche, a déclaré soutenir « fermement le droit à l’existence de l’État juif, ainsi que son droit à se défendre dans un environnement très difficile ».
« Et si vous réfléchissez à la raison pour laquelle mon adversaire se trompe autant sur tout cela », a-t-il déclaré à propos d’El-Sayed, « c’est parce que ses principaux bailleurs de fonds appartiennent à un groupe qui soutient les Frères musulmans. Il reçoit de l’argent de personnes qui soutiennent ouvertement le Hamas, le Hezbollah et Al-Qaïda. Sa famille a même été mentionnée dans ces discussions. »
Rogers a probablement fait référence ici aux dons versés par des membres du Council on American-Islamic Relations (CAIR), dont le dirigeant avait salué le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, bien que le CAIR ait par la suite condamné ses attaques contre des civils.
Le CAIR est accusé par Israël et par plusieurs États américains d’entretenir des liens avec les Frères musulmans, ce qu’il nie.
Le beau-père d’El-Sayed, donateur important d’un groupe politique soutenant le candidat, a également été identifié comme un donateur majeur de l’Islamic Society of North America. Cette dernière a été désignée comme co-conspiratrice non inculpée dans le procès de la Holy Land Foundation pour financement illicite du Hamas. Rogers s’en est également pris à la mère biologique de son adversaire, Fatten Elkomy, pour avoir travaillé pour une organisation humanitaire citée dans des procès similaires, alors qu’elle n’a pas élevé El-Sayed et qu’il n’y a aucune preuve qu’elle ait eu connaissance d’actes répréhensibles commis par le groupe.
De son côté, le républicain a été interrogé sur des informations selon lesquelles son équipe de campagne aurait demandé à l’America-Israel Public Affairs Committee (AIPAC) de ne pas faire de publicité en sa faveur. Bien qu’il n’ait pas démenti ces informations, Rogers a réitéré l’accusation concernant les Frères musulmans et il a déclaré : « Quiconque souhaite aider ma campagne… j’accepterai toute cette aide. »
« Hier, c’était le 7-Octobre », a poursuivi Rogers, affirmant qu’El-Sayed « n’avait même pas pu se résoudre à reconnaître la souffrance, le terrorisme, les viols, les meurtres, l’ablation des seins des femmes, le fait de jeter des enfants dans des fours et de les tuer devant leurs familles ; il n’a même pas été capable de… », a-t-il ajouté.
Les informations parues après le 7-Octobre concernant des bébés jetés dans des fours provenaient de sources indirectes ; en revanche, les autres atrocités, notamment les violences sexuelles systématiques, ont été documentées et attestées par des témoins.
El-Sayed, qui a été critiqué pour ne pas avoir publié de communiqué à l’occasion du troisième anniversaire de l’assaut barbare et sadique du Hamas, a répondu : « J’ai condamné ces actes. Je n’en ai pas fait un spectacle politique comme vous venez de le faire. »
Abdul El-Sayed is called out for making no statement on the October 7th attacks pic.twitter.com/u7URudHiPO
— DSA Watch (@DSA_Watch) October 8, 2026
Rogers a également critiqué El-Sayed pour ses biens immobiliers aux Émirats arabes unis. Le démocrate possède des biens immobiliers à Dubaï et en Inde.
À l’issue du débat, El-Sayed a été interrogé sur les raisons pour lesquelles il souhaitait que Rogers rende des comptes sur ses liens avec Trump, alors qu’il restait évasif face aux questions concernant ses propres liens avec Hasan Piker. Ce dernier est un commentateur en ligne qui a exprimé à plusieurs reprises son soutien au Hamas et à d’autres groupes terroristes soutenus par Téhéran. Il a également affirmé que les États-Unis étaient, « à poids égal », un terroriste plus important qu’Al-Qaïda.
« C’est une question sérieuse ? », a rétorqué El-Sayed, qui avait invité Piker à faire campagne à ses côtés, mais qui a depuis condamné certaines de ses déclarations les plus extrêmes.
« Assimiler la personne la plus puissante du monde à un streamer californien me semble tout simplement – je ne vais pas utiliser ce mot – mais ridicule. »
Ossoff : « Il ne fait aucun doute » qu’Israël a violé le droit de la guerre à Gaza
Parallèlement, en Géorgie, le sénateur sortant Jon Ossoff a refusé de se prononcer sur l’accusation selon laquelle Israël aurait commis un « génocide » à Gaza lors de son opération contre le Hamas, dont les objectifs déclarés étaient de renverser ce régime et d’assurer le retour des otages israéliens.
« La question du génocide consiste à déterminer si un gouvernement a l’intention spécifique de détruire un groupe national ou ethnique, et c’est une question qui relève de la Cour pénale internationale », a répondu Ossoff.
Sen. @ossoff (D-GA) says whether Israel is committing a genocide is "a question for the International Criminal Court," but stands by his votes to block arms sales to Israel, and opponent @RepMikeCollins (R-GA) says Ossoff " hates Israel, loves Iran." pic.twitter.com/uFb29MwNc1
— CSPAN (@cspan) October 9, 2026
La CPI a demandé l’arrestation du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour des crimes présumés contre l’humanité à Gaza, mais ni Israël ni les États-Unis n’ont reconnu la compétence de la Cour. Les États-Unis lui ont même imposé des sanctions, une mesure que l’adversaire d’Ossoff, le républicain Mike Collins, a soutenue.
« Il ne fait aucun doute dans mon esprit que les troupes israéliennes menant la guerre à Gaza ont violé le droit des conflits armés et le droit international humanitaire », a déclaré Ossoff.
« Je me soucie profondément de la sécurité du peuple israélien, parmi lequel se trouvent des membres de ma famille », a ajouté le candidat, qui est juif.
« Je me soucie également de la vie des Palestiniens innocents, et je n’ai aucune excuse à présenter pour mes votes. »
Israël insiste sur le fait que toutes ses opérations militaires sont menées dans le respect du droit de la guerre. L’État hébreu souligne également que les avertissements d’évacuation et l’aide humanitaire constituent des mesures visant à protéger les civils dans le contexte du conflit.
Ossoff n’a pas répondu directement à la question de savoir s’il soutiendrait le dernier programme d’aide militaire en faveur d’Israël.
Ossoff compare son adversaire aux policiers racistes des années 1960
Les candidats se sont également affrontés sur la question de la guerre en Iran, qu’Ossoff a qualifiée de « désastre ». Le démocrate a accusé l’administration d’avoir entraîné les États-Unis dans la guerre sur la base de « mensonges ».
Collins, en revanche, a insisté sur le fait que le président américain Trump avait « tout à fait le droit d’intervenir pour s’assurer que l’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire », arguant que les observateurs internationaux « avaient déjà tiré la sonnette d’alarme, signalant que l’Iran était sur le point de se doter de l’arme nucléaire », et que « l’Iran ne veut pas seulement anéantir et tuer Israël, il en a également après nous ».
Ossoff s’en est également pris à Collins au sujet de publications en ligne à caractère suprémaciste blanc rédigées par un ancien assistant et son gendre.
« Vous avez embauché la moitié du Troisième Reich pour votre bureau au Congrès et vous avez relayé du contenu néonazi en ligne », a déclaré Ossoff à son adversaire.
« Si [l’icône des droits civiques et ancien membre du Congrès américain] John Lewis marchait aujourd’hui de Selma à Montgomery, Mike Collins serait en train de brandir une matraque. »
Collins a répondu : « Quand j’ai eu des problèmes – je suis un homme d’affaires – je les ai licenciés », ajoutant qu’il avait « condamné le racisme, l’antisémitisme et la haine ».
Leon Kraiem a contribué à cet article.