Salaires : Des enseignants palestiniens se mettent en grève

Un syndicat d'enseignants palestiniens a lancé mardi une grève, perturbant le fonctionnement des écoles en Cisjordanie en raison des coupes salariales continues opérées par l'AP

Des écoliers palestiniens d'une école dans le village de Khalet al-Dabaa, à Masafer Yatta, dans le sud de la Cisjordanie, le 13 février 2025. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Un syndicat d’enseignants palestiniens a lancé mardi une grève, perturbant le fonctionnement des écoles en Cisjordanie en raison des coupes salariales continues opérées par l’Autorité palestinienne (AP), à court d’argent.

Depuis plusieurs mois, l’AP ne verse que 60 % des salaires des enseignants, invoquant une crise financière causée par la retenue par Israël de 4,4 milliards de dollars de recettes fiscales, ce qui constitue une violation des Accords d’Oslo qui ont établi le cadre du transfert de ces recettes.

Israël retient une partie de ces fonds, correspondant, selon lui, au montant des allocations versées par l’AP aux familles des prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël et aux terroristes morts. En février, le dirigeant de l’AP, Mahmoud Abbas, a signé un décret mettant fin au système de paiements aux prisonniers du « Pay-to-Slay » (payer pour tuer), mais Israël a rejeté cette initiative.

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, retient également une partie des recettes fiscales qui, selon lui, correspondent au montant des fonds utilisés par l’AP pour payer les fonctionnaires de Gaza, qui, selon Jérusalem, risquent de parvenir au groupe terroriste palestinien du Hamas.

Le mois dernier, une centaine d’enseignants auraient vu leur salaire retenu pour avoir participé à des manifestations contre l’AP au sujet des réductions salariales, ce qui a conduit à la grève illimitée organisée mardi par le Comité de coordination des enseignants de Cisjordanie.

Ce comité est une émanation du principal syndicat palestinien d’enseignants, aligné sur le parti au pouvoir, le Fatah.

Bien que moins influent, ce comité a tout de même réussi à perturber les cours dans la moitié des écoles de Cisjordanie, selon une source palestinienne proche du dossier.

read more: