Selon Billy Porter, les Noirs remplacent les Juifs comme cible de la haine
L'acteur et chanteur a suscité la controverse lors de la promotion de son nouveau rôle dans 'Cabaret', qui traite d'une boîte de nuit berlinoise et de ses clients pendant la montée du nazisme
L’acteur et chanteur primé Billy Porter a suscité la controverse lors de la promotion de son nouveau rôle principal dans la reprise de « Cabaret » à Broadway en déclarant que « les Noirs ont remplacé les Juifs ».
La reprise de « Cabaret », la comédie musicale de 1966 sur le destin d’une boîte de nuit berlinoise et de ses clients pendant la montée du nazisme, mettra pour la première fois en scène trois acteurs noirs dans les rôles principaux, a déclaré Porter lundi dans une interview accordée à « CBS Mornings ».
« C’est la première fois en 60 ans d’histoire que ces trois personnages sont tous afro-américains dans une production commerciale », a-t-il ajouté.
« Et avec ce qui se passe dans le monde en ce moment, les Noirs ont remplacé les Juifs dans ce genre de configuration que nous traversons. »
Les déclarations de l’acteur récompensé aux Emmy, Tony et Grammy Awards ont suscité des critiques sur Internet. Ben Lebofsky, influenceur TikTok spécialisé dans Broadway, a déclaré dans une vidéo que les propos de Porter laissaient entendre que « les Juifs ne sont plus victimes de discrimination ».
« Comme nous le savons tous, l’antisémitisme est bien vivant, et j’ai l’impression que les commentaires de Billy ici [sont] dédaigneux », a déclaré Lebofsky.
Billy Porter says that “Black people have replaced the Jews in this sort of configuration of what we’re going through”
— The Post Millennial (@TPostMillennial) July 22, 2025
« Cela devient encore plus problématique quand on sait qu’il est sur le point de jouer dans une comédie musicale qui traite avant tout du traumatisme juif. »
« Je pense qu’il essaie de dire que les Noirs sont actuellement victimes de beaucoup de discrimination et qu’il est possible d’établir de nombreux parallèles entre la discrimination dont ils sont victimes et celle dont souffre le peuple juif, ce qui, selon moi, est vrai », a ajouté Lebofsky dans la vidéo.
Un porte-parole de Porter n’a pas encore répondu à notre demande de commentaire.
En avril, Porter est apparu aux côtés de survivants de la Shoah dans le cadre d’un projet photographique intitulé « Borrowed Spotlight » (« Coup de projecteur sur les survivants »), destiné à attirer l’attention sur les récits de ces derniers en les mettant en scène aux côtés de célébrités.
« J’ai été honoré de rencontrer ma compatriote new-yorkaise Bella Rosenberg pour une séance photo avec @brycethompson et le projet @borrowedspotlight », a écrit Porter sur Instagram pour évoquer cette expérience.
« Son histoire nous rappelle avec force ce qui peut arriver lorsque la haine n’est pas combattue et pourquoi nous devons rester vigilants pour protéger les plus vulnérables de notre société. »
En 2021, il a fait partie des 200 personnalités qui ont signé une lettre rejetant les efforts visant à boycotter le festival international du film LGBTQ+ de Tel Aviv et condamnant les boycotts culturels contre Israël.
Un an plus tôt, avec l’acteur Tom Hanks, il avait accepté de participer à une campagne de collecte de fonds pour transformer la synagogue Tree of Life de Pittsburgh en un centre antiraciste. En 2018, un tireur avait tué onze Juifs dans cette synagogue.
Porter remplace l’acteur britannique Eddie Redmayne dans le rôle du maître de cérémonie pour cette reprise. L’acteur qui a créé le rôle sur scène et à l’écran est Joel Grey, une star juive de Broadway qui a récemment mis en scène la production yiddish de « Un violon sur le toit ».
Dans un essai publié l’an dernier dans le New York Times, Grey expliquait avoir été troublé d’apprendre la réaction du public lors de la reprise d’une chanson antisémite qui, à son époque, avait provoqué des cris et des réactions de dégoût.
Les paroles « Si vous pouviez la voir à travers mes yeux, elle n’aurait pas l’air juive du tout » ont provoqué des rires dans l’assistance, une réaction qui, selon lui, pourrait indiquer un « haussement d’épaules collectif d’indifférence » sous l’ère Trump.
« À la fin des années 1960, nous avons adouci cette réplique parce que la vérité était trop difficile à entendre », a-t-il écrit.
« Aujourd’hui, il semble que cette phrase ait exactement l’effet escompté par le maître de cérémonie sympathisant nazi. »
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