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Des soldats israéliens se dirigent vers l'entrée d'un tunnel qui a été découvert dans le quartier de Shejaiya de Gaza City, le 8 juillet 2024. (Crédit : David Horovitz / Times of Israel)
Des soldats israéliens se dirigent vers l'entrée d'un tunnel qui a été découvert dans le quartier de Shejaiya de Gaza City, le 8 juillet 2024. (Crédit : David Horovitz / Times of Israel)

Shejaiya est partiellement inhabitable mais le Hamas pourra s’y réimplanter s’il le désire

La distance entre le kibboutz Nahal Oz et ce quartier de Gaza peut se parcourir à pied. Cette proximité a été meurtrière, le 7 octobre, et les soldats y mènent une opération à grande vitesse pour tenter d’empêcher qu’un autre pogrom puisse se reproduire

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

SHEJAIYA, Bande de Gaza – Nous nous retrouvons au lieu de rendez-vous, dans un endroit qui longe les champs du kibboutz Nahal Oz. De là, nous grimpons à l’arrière d’un Humvee de Tsahal et nous partons pour Gaza. A l’avant du véhicule, un soldat armé d’une mitrailleuse – mais l’habitacle est ouvert des deux côtés, ce qui nous rend vulnérables face aux potentiels dangers.

Assaf, l’officier qui nous prend en charge, nous rassure : « On va encore entendre beaucoup de ces bruits sourds », affirme-t-il. « C’est l’armée de l’air qui frappe des cibles terroristes. On va avoir l’impression que c’est proche, mais les attaques auront lieu à au moins cinquante mètres de nous. Et 50 mètres, c’est une longue distance quand vous êtes à Gaza ».

Avançant sur ce chemin de terre cahoteux, la poussière s’élevant autour de nous, nous pénétrons enfin dans la bande de Gaza en empruntant l’une des nombreuses brèches ouvertes dans cette même frontière qui s’était révélée si terriblement inutile le 7 octobre (les capteurs ultra-sophistiqués de la barrière avaient été installés pour détecter des terroristes à l’approche mais la piètre construction de cette dernière n’avait pas été réalisée pour les arrêter lors d’une éventuelle invasion. Pour cela, il aurait fallu des soldats en chair et en os).

Presque immédiatement, nous entrons dans ce qui est – au moins dans ce secteur précis – un désert. D’abord, nous traversons une terre désolée, jonchée de vestiges métalliques, des restes de bâtiments détruits. Il y a aussi des machines et des véhicules dorénavant inidentifiables à cet endroit qui, nous dit-on, accueillait autrefois des champs agricoles et une zone industrielle – mais aussi deux « structures du Hamas » et un centre d’entraînement. Nous pénétrons ensuite dans ce qui était une zone résidentielle avec, accumulés sur le sol, des morceaux de béton et des décombres à perte de vue. Ici, il y a neuf mois, se dressaient des immeubles de plusieurs étages.

Nous sommes à Shejaiya, une banlieue située au nord de Gaza et adjacente à Nahal Oz — la base militaire où les terroristes du Hamas avaient tué environ 60 soldats pendant le pogrom du 7 octobre et le kibboutz que les hommes armés avaient occupé pendant douze heures, massacrant une dizaine de ses résidents. Ils avaient aussi pris des otages dans ces deux endroits.

Au cours des quatre heures que je vais passer avec les autres journalistes lors de ma visite effectuée sous la surveillance de l’armée, je ne vais voir aucun signe de vie humaine autre que les troupes israéliennes sur le terrain. Mais, nous confie-ton, il y a des civils dans des secteurs qui ne sont guère éloignés de là où nous nous trouvons – et il y a potentiellement des hommes dans le vaste réseau de tunnels dissimulé à nos regards, construit sous le sol que nous foulons.

Les restes de bâtiments dans la banlieue de Shejaiya à Gaza City, le 8 juillet 20024. (Crédit : David Horovitz / Times of Israel)

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Nous faisons deux principaux arrêts lors de ce voyage – le premier pour un échange avec le lieutenant-colonel Ron Sayag, commandant du 75e Bataillon de la 7e Brigade des Blindés, dans une zone où nous sommes entourés par les chars et de nombreux autres véhicules de l’armée. Au loin, nous pouvons encore apercevoir certaines habitations de Nahal Oz, à environ deux kilomètres.

Sayag, père de trois enfants qui vit dans la vallée de Jezreel, raconte avoir passé les deux premiers mois de la guerre dans le nord du pays et avoir depuis été déployé à Gaza. Il envoie de courtes vidéos à sa famille et il dit avoir été agréablement surpris quand son fils, le plus jeune de la fratrie, l’a reconnu, la dernière fois qu’il est rentré chez lui.

Sayag nous emmène sur une petite pente et à mi-chemin, il nous montre le périmètre – qui se situe entre nous et la frontière – où, dit-il, une section de tunnel qui faisait 1,5 kilomètre a été détruite à l’aide d’explosifs quelques heures auparavant seulement. « La boucle est bouclée », s’exclame-t-il. Il rappelle qu’il y a très exactement dix ans, pendant l’Opération Bordure protectrice – c’était au mois de juillet aussi – des terroristes du Hamas étaient sortis de ce tunnel sur le territoire israélien et qu’ils avaient tué cinq soldats stationnés à un poste militaire, au sud de Nahal Oz. Mais nous ne pourrons pas davantage nous rapprocher, avertit-il. Au cas où…

Je lui pose une question en vain : Est-ce qu’Israël n’aurait pas dû combattre le Hamas à ce moment-là, du point de vue stratégique ?… Sayag est suffisamment diplomate pour ne pas répondre.

Alors qu’un autre journaliste lui demande s’il a un message à transmettre aux politiciens, Sayag déclare en avoir un : « Faites votre travail scrupuleusement et nous ferons le nôtre ».

Nous le bousculons encore un peu. Est-ce frustrant d’être de retour à Shejaiya ? L’armée n’était-elle pas censée avoir pris le contrôle opérationnel de la zone il y a plusieurs mois ? (l’armée avait achevé son offensive de forte intensité dans le secteur au mois de décembre, annonçant que le Bataillon du Hamas qui en avait la charge avait été démantelé. Elle avait ensuite lancé des opérations plus ciblées au mois d’avril. Elle a commencé sa campagne actuelle dans cette banlieue il y a une dizaine de jours).

Sayag semble à l’aise lorsqu’il explique que « nous faisons des choses, cette fois-ci, qui ont été rendues beaucoup plus faciles par la première opération de forte intensité. » Dans les premiers mois, Tsahal se battait contre une armée organisée, note-t-il : « Aujourd’hui, nous nous concentrons davantage sur les infrastructures » et tout particulièrement sur la nécessité de détruire les tunnels.

Le lieutenant-colonel Ron Sayag, commandant du 75e Bataillon de la 7e Brigade des Blindés dans le quartier de Shejaiya, à Gaza City, le 8 juillet 2024. (Crédit : David Horovitz / Times of Israel)

En menant des opérations « en ayant passé la cinquième vitesse », dit-il, « nous sommes en train de changer la réalité sur le terrain, nous l’espérons, pour des décennies ».

Comme c’est le cas également avec tous les soldats avec lesquels nous nous entretenons, Sayag estime que lui et ses troupes n’ont tout simplement pas le temps de s’inquiéter des clivages qui ont vu le jour, en Israël, sur la direction que doit prendre la guerre et sur un accord potentiel ouvrant la porte à la remise en liberté des otages. « Il y a de l’unité, ici », affirme-t-il. « Nous sommes débordés de travail. Nous pouvons ne disposer que de trois petites secondes pour tuer un terroriste. Nous devons rester focalisés sur ce que nous faisons ».

Il ajoute que lui et ses soldats ont trouvé des quantités « stupéfiantes » d’armes dans certaines habitations du secteur. Et qu’ils restent prudents, tout naturellement, face aux gens qu’ils sont amenés à rencontrer. « Mais s’ils ne nous attaquent pas, nous les traitons avec respect. Nous les confions aux soins de ceux qui sont responsables d’eux, quels qu’ils soient ».

« Une fois », raconte-t-il, « 49 personnes sont sorties d’une seule maison. Mais que faisaient-ils là ? », s’interroge-t-il, songeur.

Sayag, à la voix douce, agréable, qui nous répond patiemment, explique considérer que le pogrom du 7 octobre a été « un tournant dans l’identité israélienne ». Il a réalisé la portée de ce qui était en train de se passer, se souvient-il, « quand j’ai vu les pick-ups blancs du Hamas circuler dans les rues de Sderot ».

Des terroristes armés à Sderot, dans le sud d’Israël, après être entrés sur le territoire israélien depuis Gaza dans la matinée du 7 octobre 2023. (Capture d’écran : X/used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

« Israël doit être en mesure d’exercer sa souveraineté jusqu’à la dernière extrémité de ses frontières », s’exclame-t-il. Il précise ne pas seulement penser aux communautés de l’enveloppe de Gaza où lui et ses troupes, entre autres, ont pour mission de restaurer la sécurité mais aussi au nord du pays – une région dont des dizaines de milliers de résidents ont dû partir depuis maintenant neuf mois, vivant en grand nombre dans des hôtels, déplacés par les hostilités avec le Hezbollah. « Les gens doivent pouvoir rentrer enfin chez eux », explique-t-il. « L’ennemi serait différent dans le nord », indique-t-il en évoquant le Hezbollah, « mais nous saurons comment nous attaquer à lui ».

« C’est une guerre de l’Indépendance », poursuit Sayag. « Comme le dit la Hatkivah [l’hymne national]: Etre un peuple libre sur notre Terre ».

« Israël doit être en mesure d’exercer sa souveraineté jusqu’à la dernière extrémité de ses frontières », dit Sayag. « C’est une guerre de l’Indépendance : Etre un peuple libre sur notre Terre »

Sayag insiste sur le fait que l’armée israélienne fait tout ce qui est en son pouvoir pour sauver les otages – et il est fier de raconter qu’il a été impliqué, avec l’aide de ses soldats, dans le rapatriement des corps sans vie de trois otages qu’ils avaient aidé à retrouver à Jabaliya, dans le nord de Gaza. « Mon désir le plus cher aurait été de pouvoir les secourir alors qu’ils étaient encore en vie », regrette-t-il. « Nous avons bien vu combien l’Opération Arnon – quand quatre otages avaient été sauvés vivants dans le centre de Gaza, le mois dernier – a été importante pour toute la nation ».

Les otages israéliens secourus des geôles du Hamas par l’armée israélienne, le 8 juin 2024. De gauche à droite : Shlomi Ziv, Andrey Kozlov, Almog Meir Jan, et Noa Argamani. (Crédit : Armée israélienne/Avshalom Sassoni/Flash90/Autorisation)

Un plus grand nombre d’opérations telles que celle-ci sont-elles possibles ? A cette question, il répond : « Les gens prennent des décisions qui peuvent présenter des risques très élevés. L’issue aurait pu être différente. A chaque fois que ce sera possible, nous le ferons ».

Un des soldats de Sayag a été tué dans les combats il y a seulement cinq jours – le capitaine Elay Elisha Lugasi, qui était âgé de 21 ans. Il évoque un jeune homme d’un grand courage, qui avait été blessé sur le front et qui avait insisté pour revenir aux côtés de ses camarades.

En plus des objectifs déclarés du gouvernement dans le cadre de la campagne militaire – qui sont de détruire les capacités du Hamas et de rapatrier tous les otages – Sayag ajoute ainsi un autre impératif : « Garantir que tous mes soldats rentreront chez eux, sains et saufs ».

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Notre second arrêt, nous le faisons plus profondément à l’intérieur de Shejaiya – au cœur de ce qui était, nous explique-t-on, un quartier qui accueillait des immeubles de plusieurs étages. Impossible de le deviner. Alors que ce qui reste de ces immeubles résidentiels n’est guère éloigné de nous, il n’y a plus rien d’habitable à proximité immédiate. Même les routes n’existent plus, retournées et dévastées par l’armée israélienne, inquiète à l’idée que des explosifs aient été enterrés dessous.

Les soldats se sont regroupés autour d’un trou qui descend à peut-être dix mètres. En bas de cette pente abrupte taillée dans une terre marron, sale, un tunnel est visible – ou plus exactement la petite partie d’un tunnel qui a été coupé, avec des ouvertures qui ont été faites de part et d’autres.

« Il y a encore deux jours, on ne voyait que de la terre plate », commente le lieutenant Aleph, qui ne peut être identifié que par sa première initiale en hébreu. Et avant cela, avant les bombardements qui avaient eu lieu au début de la guerre, « il y avait des maisons très exactement là où nous nous trouvons. Et des puits qui descendaient dans le tunnel », explique-t-il – depuis les immeubles résidentiels, les mosquées et les écoles qui se trouvaient le long de sa route. « Il est difficile de croire que les familles qui vivaient au-dessus ignoraient tout de leur existence », indique-t-il en réponse à une question.

Le lieutenant-colonel Gidon Eliastam, vice-commandant de la Brigade des Parachutistes, au-dessus de l’entrée d’un tunnel qui vient d’être découvert dans le quartier de Shejaiya à Gaza City, le 8 juillet 2024. (Crédit : David Horovitz / Times of Israel)

Le lieutenant-colonel Gidon Eliastam, vice-commandant de la Brigade des Parachutistes, qui accompagne, lui aussi, les journalistes au cours de ce déplacement à Gaza, précise que l’armée israélienne a bombardé ce tunnel à plusieurs reprises dans le passé mais que cette partie vient tout juste d’être découverte. « Nous avons nettoyé la zone. Maintenant, nous allons terminer sa démolition », déclare-t-il.

Le tunnel ne pénétrait pas sur le territoire israélien, ajoute Eliastam, mais sept soldats de Tsahal avaient été tués à environ 150 mètres de l’endroit où nous nous trouvons maintenant au cours de l’Opération Bordure protectrice, il y a dix ans. Le corps sans vie de l’un d’entre eux, Oron Shaul, avait été pris en otage à ce moment-là et il se trouve encore à Gaza. Le groupe terroriste, poursuit le lieutenant-colonel, « utilisait ce tunnel pour assurer le transit de ses hommes armés ».

L’entrée d’un tunnel qui vient d’être découvert dans le quartier de Shejaiya, à Gaza City, le 8 juillet 2024. (Crédit : David Horovitz / Times of Israel)

« Nous travaillons vite, nous nettoyons le terrain de toutes les infrastructures du Hamas », nous avait dit précédemment Eliastam. « Nous continuerons jusqu’à ce que notre mission soit terminée. Et nous resterons ici aussi longtemps que ce sera nécessaire pour rapatrier les otages et pour restaurer la sécurité. Au moment même où je vous parle, il y a des opérations en cours. Nous sommes en train de nous assurer que l’ennemi ne pourra plus repasser à l’acte ».

Eliastam, originaire du kibboutz Ginegar, dans le nord d’Israël, et père de quatre enfants, dit qu’il y a encore des menaces qui émanent de la zone. « Nous ne les avons pas tous tués. Ils reviennent et à chaque fois qu’ils reviendront, nous nous en chargerons », déclare-t-il. « L’ennemi se déplace. L’ennemi ne nous prend pas par surprise mais nous ne le sous-estimons pas. Il s’est préparé pendant de longues années. Ici, nous apprenons de nouvelles leçons en permanence. »

Les destructions causées par les terroristes du Hamas dans le kibboutz Nahal Oz, près de la frontière entre Israël et Gaza, dans le sud d’Israël, le 20 octobre 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Eliastam salue « la population formidable » du kibboutz Nahal Oz, à proximité. Il indique qu’ils sont encore rares à être revenus mais que de manière plus large, « ils doivent se sentir en sécurité pour faire leur retour ». Quand ? Répondant à cette question, il s’abstient de donner un calendrier et il estime simplement que « ça prendra du temps ».

Et s’il doit y avoir une pause dans la campagne militaire pour garantir le retour des otages au sein de l’État juif, ajoute-t-il, l’armée « devra tout de même revenir ici tant qu’il y aura encore du terrorisme ».

Des Palestiniens se dirigent vers le poste frontière de Nahal Oz avec Israël, à l’est de la ville de Gaza, le 7 octobre 2023. (Crédit : Mahmud Hams/AFP)

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Alors que nous quittons le secteur où le tunnel a été découvert, après être remontés à bord de l’Humvee en direction d’Israël, un soldat contrevient à la discipline en matière de diplomatie et il nous interpelle : « Ne l’arrêtez pas ! », exprimant sans doute son inquiétude de voir la guerre s’achever dans des circonstances qu’il considère être prématurées.

Certains des officiers avec lesquels nous avons échangé ont fait part, en choisissant minutieusement leurs mots, de la même préoccupation d’un retour du Hamas – un Hamas qui pourrait à nouveau recruter et se réarmer dès lors qu’il trouvera la marge de manœuvre nécessaire pour le faire.

Le centre de commandement incendié de la base militaire Nahal Oz, pris d’assaut par les terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023, pendant une visite faite par les proches des soldats de surveillance qui ont été tués par les terroristes, le 19 décembre 2023. (Autorisation/Eyal Eshel)

Quatre heures passées à Gaza, dans une situation ultra-sécurisée, n’offrent qu’un aperçu excessivement limité de la guerre – mais un aperçu toutefois suffisant pour reconnaître que l’objectif déclaré du Premier ministre Benjamin Netanyahu, lorsqu’il évoque une « victoire complète », n’est très certainement ni à portée de main, ni imminent.

Et quatre heures sont largement suffisantes aussi pour comprendre la résilience et le courage affichés par les soldats à Gaza, après neuf mois de guerre contre une armée terroriste amorale, une armée fondue dans une population qui est au moins partiellement sa complice, où la mort guette à presque chaque coin de rue, à presque chaque pas de porte et derrière presque chaque bruit de pas.

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Nous commençons ce voyage incroyablement court, le long de ce chemin de terre, longeant les tunnels qui ont été découverts et ceux qui restent à découvrir, nous apprêtant à franchir cette inutile frontière en direction des champs de Nahal Oz. La poussière nous enveloppe une fois encore mais notre véhicule s’arrête soudain. Quelqu’un est en train de parler à Assaf à la radio. De la fumée s’élève d’un immeuble. Nous entendons le bruit de nombreux coups de feu successifs à peut-être 50 mètres de distance.

« Ce sont des tirs qui viennent de notre camp », assure Assaf. « Une confrontation avec un terroriste, sans doute. »

Cinquante mètres est une longue distance quand on se trouve à Gaza.

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