Smotrich : « les prix peuvent être bas ici »

Selon le ministre des Finances, cette mesure réduira le coût de la vie et affranchira les Israéliens des monopoles ; certains entrepreneurs, y voit une 'condamnation à mort pour les PME'

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich tenant une conférence de presse sur l'augmentation de l'exonération fiscale sur les importations personnelles à 150 dollars, au ministère des Finances, à Jérusalem, le 23 décembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a signé mardi un décret augmentant le plafond d’exonération de la TVA sur les importations personnelles, qui passe ainsi de 75 à 150 dollars. Il a justifié cette mesure par la nécessité d’autoriser des importations moins chères afin d’encourager la concurrence et de faire baisser les prix.

Cette mesure entrera en vigueur mercredi. La TVA, une taxe sur la consommation, est fixée à 18 % en Israël.

Dans un communiqué, Smotrich a expliqué que cette mesure s’inscrivait dans le cadre d’une « série de mesures importantes et de grande envergure » visant à réduire le coût de la vie, parallèlement aux efforts déployés pour réformer les secteurs bancaire et laitier.

Selon lui, toutes ces mesures reposent sur l’hypothèse selon laquelle « les prix peuvent être bas ici », car « l’économie israélienne est souvent dominée par un petit nombre de monopoles puissants », ne laissant aux consommateurs qu’une illusion de choix.

« Il n’y a aucune raison pour que les vêtements d’une chaîne internationale soient vendus ici à un prix nettement plus élevé qu’à l’étranger », a-t-il ajouté.

« Il n’y a aucune justification pour qu’une chaussure vendue aux États-Unis à moitié prix soit vendue ici au double du prix. »

Le ministre des Finances et chef du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, présidant une réunion de faction, à la Knesset, à Jérusalem, le 17 novembre 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le ministre des Finances a affirmé que ce changement « obligera les monopoles à se livrer à une concurrence réelle et loyale pour gagner votre cœur et votre portefeuille ».

« Pour être meilleurs, moins chers, plus orientés vers le service et plus compétitifs. »

Cette mesure, qui a divisé les instances gouvernementales selon le journal économique The Globes, a suscité l’indignation de certains hommes d’affaires israéliens, qui l’ont considérée comme une trahison de l’industrie nationale.

La Fédération des chambres de commerce israéliennes et l’Association des fabricants d’Israël s’y sont opposées et devraient déposer des recours auprès des tribunaux, a rapporté le site d’information Ynet, lorsque Smotrich a annoncé ce projet le mois dernier.

Des propriétaires de petites entreprises protestant contre la décision du ministre des Finances Bezalel Smotrich de relever l’exonération fiscale sur les importations personnelles à 150 dollars, devant le ministère des Finances, à Jérusalem, le 23 décembre 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Mardi, alors que la mesure était sur le point d’être officialisée, des manifestants ont bloqué l’entrée du ministère des Finances pour la dénoncer. Ils ont allumé un feu et brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire « Condamnation à mort pour les petites entreprises » et « Intervenez, Monsieur le Premier ministre ! ».

Pour sa part, Smotrich a déclaré : « Je veux que les consommateurs achètent en Israël, mais je ne veux pas qu’ils soient des clients captifs. Je ne veux pas que les monopoles profitent de votre situation de clients captifs pour vous facturer des prix exorbitants et s’enrichir à vos dépens. »

Selon un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié plus tôt cette année, Israël occupe la quatrième place dans la liste des pays développés ayant les prix comparables les plus élevés. L’année dernière, l’OCDE indiquait que les prix des denrées alimentaires et des boissons en Israël étaient 52 % plus élevés que la moyenne des pays développés, juste derrière la Corée du Sud.

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