Smotrich relève l’exonération de TVA sur les importations privées de 75 $ à 150 $
Cette mesure vise à réduire le coût de la vie et à ôter le pouvoir aux monopoles présumés qui maintiennent les prix à la consommation à un niveau plus élevé que dans la plupart des pays de l'OCDE ; les citoyens ont 21 jours pour réagir
Le ministère des Finances a annoncé, mercredi, que pour lutter contre la hausse du coût de la vie, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, avait décidé « d’augmenter considérablement l’exonération de la TVA sur les importations à titre personnel ». Le montant de cette exonération passera ainsi de 75 à 150 dollars.
Dans un communiqué, le ministère a expliqué que Smotrich visait à « alléger le coût de la vie » et à « empêcher les monopoles et les entreprises qui contrôlent l’économie d’imposer aux consommateurs israéliens des prix plus élevés que dans la plupart des pays européens ».
La TVA, un type de taxe sur la consommation, est fixée à 18 % en Israël.
Selon le ministère, la concentration du marché a conduit à « un niveau de prix élevé et injustifié pour tous les ménages », tandis que « le pouvoir d’achat des citoyens israéliens est inférieur à celui de la plupart des pays européens, Israël se classant 22ᵉ sur 38 pays ».
Parallèlement à son communiqué, le ministère a publié une copie du décret de Smotrich afin de recueillir les observations des citoyens avant sa ratification et son entrée en vigueur.
La Fédération des chambres de commerce israéliennes (FICC) et l’Association des fabricants d’Israël s’opposent toutes deux à l’augmentation du seuil d’exonération fiscale et devraient saisir la justice si Smotrich mettait son projet à exécution, a rapporté le site d’information Ynet.
Mardi, le journal The Globes a rapporté que le contrôleur de l’État était favorable à une augmentation du plafond d’exonération de la TVA, tandis que la division des budgets du ministère des Finances y était opposée.
Dans un rapport publié le mois dernier, le contrôleur a indiqué que les importations à titre personnel contribuent à modérer les prix sur le marché intérieur, à encourager la concurrence et à faire baisser le coût de la vie.
La division Budgets a réagi en avertissant que l’augmentation de l’exonération fiscale porterait atteinte à la concurrence loyale sur le marché local, ce qui, à long terme, pourrait entraîner des pertes d’emplois et nuire à la productivité et aux salaires. Elle a également souligné que l’Union européenne, le Royaume-Uni et l’Australie avaient tous supprimé les exonérations de TVA sur les importations privées.
Selon The Globes, la valeur des colis d’une valeur inférieure à 75 dollars ayant franchi la douane l’an dernier s’élevait à moins d’un milliard de dollars.
Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Israël occupe la quatrième place dans le classement des pays développés ayant les prix comparables les plus élevés. L’an dernier, l’OCDE indiquait que les prix des denrées alimentaires et des boissons en Israël étaient 52 % plus élevés que la moyenne des pays développés, juste derrière la Corée du Sud.
« Les consommateurs israéliens paient plus que leurs homologues occidentaux », a déclaré Smotrich.
« La raison principale est que des secteurs entiers sont détenus par des monopoles et des magnats qui exploitent l’économie fermée pour imposer aux consommateurs israéliens des prix élevés et injustifiés. J’ai décidé d’accroître la concurrence dans ce secteur afin de réduire le coût de la vie des ménages en Israël. »
Cette décision du ministre des Finances est intervenue deux jours après une critique du gouvernement Netanyahu lancée par le chef de l’opposition, Yaïr Lapid.
Lors d’une conférence de la Fédération des chambres de commerce israéliennes (FICC), Lapid a déclaré que sous le mandat du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Israël souffrait d’un gouvernement dysfonctionnel et incompétent qui ne servait pas les intérêts économiques de son peuple.
« Le plus grand problème économique de l’État d’Israël est que nous n’avons pas de gouvernement opérationnel. Il n’y a pas de gouvernement au sens technique du terme, c’est-à-dire un organe opérationnel et fonctionnel, doté de capacités de gestion et d’une vision économique, qui s’occupe de la vie des citoyens. Un gouvernement qui voit l’avenir », a déclaré Lapid aux chefs d’entreprise.
« Je veux vous dire quel type de gouvernement je souhaite mettre en place ici : un gouvernement composé de dix-huit ministres. Sans fonds de coalition. Un gouvernement qui affirme sans hésiter : ‘celui qui ne s’engage pas [dans l’armée] et qui va travailler ne recevra pas un seul shekel de l’État’ », a-t-il poursuivi.
« Il nous faut un gouvernement qui fonctionne, ce dont nous avons oublié l’existence ou perdu l’espoir. Au fond, c’est ce dont nous avons le plus besoin : un gouvernement qui gère et qui est géré, et qui veut ce qu’il y a de mieux pour nous. Mais cela ne se fera pas tout seul. Cela ne se fera que si nous nous battons ensemble pour cela », a ajouté Lapid.
Le cabinet de Netanyahu compte trente ministres.
Smotrich, avait par ailleurs annoncé lundi avoir présenté les grandes lignes du budget de l’État pour 2026 au Premier ministre, qui l’a approuvé pour le soumettre au vote du cabinet le 4 décembre.
Dans un communiqué, Smotrich avait défendu son projet de réforme visant à réduire les prix des produits laitiers, qu’il attribue à un marché laitier trop réglementé et trop concentré.
« La réforme du secteur laitier est un élément central de la série de mesures que nous proposons dans ce budget pour réduire le coût de la vie. Ces dernières semaines, nous avons assisté à une campagne de dénigrement mensongère visant à empêcher cette réforme et à perpétuer les monopoles ainsi que les écarts de prix considérables que nous payons pour les produits laitiers de base », a déclaré Smotrich.
Dans le cadre de cette réforme, Smotrich prévoit de supprimer les droits de douane élevés imposés par Israël sur les importations de lait afin d’encourager la concurrence, d’augmenter l’offre et de réduire le coût de l’un des produits de base les plus populaires auprès des consommateurs israéliens.
Smotrich a aussi chargé les responsables de son ministère de prolonger les avantages fiscaux accordés à Sderot et aux autres communautés du sud d’Israël touchées par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, et qui devaient initialement expirer à la fin de l’année.
« Ces communautés constituent un maillon important de la force et de la résilience d’Israël. Nous continuerons à les soutenir avec tous les moyens dont nous disposons en tant qu’État », avait-il déclaré.
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