Starmer rejette les critiques d’une ex-otage sur sa décision de reconnaître un État palestinien
Keir Starmer dit 'comprendre parfaitement' l'horreur vécue par Emily Damari aux mains du Hamas, mais campe sur ses positions, invoquant la 'catastrophe humanitaire' à Gaza
Après que l’ancienne otage Emily Damari a critiqué le projet du Royaume-Uni de reconnaître un État palestinien en septembre si Israël ne parvenait pas à conclure un cessez-le-feu avec le Hamas et à améliorer la situation humanitaire à Gaza, le Premier ministre britannique Keir Starmer a fait savoir jeudi qu’il « comprenait » ce qu’avait enduré Emily Damari, mais que la question des otages, dont le Royaume-Uni reste déterminé à obtenir la libération, ne modifierait pas la position britannique.
Mercredi, le Royaume-Uni a annoncé son intention de reconnaître un État palestinien à l’Assemblée générale des Nations unies si Israël échouait à conclure un cessez-le-feu avec le Hamas et à améliorer la situation humanitaire à Gaza. Cette déclaration est un coup dur pour Israël, dont le gouvernement fait face à des critiques de plus en plus vives sur la question de la guerre à Gaza.
« J’ai toujours été très clair et catégorique sur le fait que les otages restants doivent être libérés. Cette position a toujours été la nôtre, et je comprends parfaitement l’horreur indescriptible qu’Emily a vécue », a expliqué Starmer sur la chaîne ITV West Country, précisant avoir d’abord rencontré Damari, qui possède la double nationalité britannique et israélienne, ainsi que sa mère.
« Nous devons également faire tout notre possible pour atténuer la catastrophe humanitaire en cours à Gaza, où des enfants et des bébés meurent de faim en l’absence de toute l’aide qui pourrait leur être envoyée », a-t-il ajouté.
« C’est pourquoi j’ai déclaré qu’à moins d’un changement significatif sur le terrain – que nous devrons évaluer en septembre -, nous reconnaîtrons un État palestinien devant l’Assemblée générale des Nations unies en septembre », a poursuivi Starmer.
Dans un message publié mercredi sur le réseau social X, à la suite de l’annonce du Royaume-Uni, Damari s’est adressée à Starmer : « En tant que binationale britannique et israélienne ayant survécu à 471 jours de captivité aux mains du Hamas, je suis profondément attristée par votre décision », décrivant cette mesure comme « susceptible de récompenser le terrorisme » et d’enseigner que « la violence confère une légitimité ».
« Cette décision ne fait pas avancer la paix ; elle risque plutôt de récompenser le terrorisme. Elle envoie un message dangereux : la violence est source de légitimité », a-t-elle écrit. « Une reconnaissance dans de telles conditions encourage les extrémistes et sape tout espoir de parvenir à une paix véritable. Honte à vous. »
Jeudi, le secrétaire d’État britannique aux Affaires économiques, Jonathan Reynolds, a déclaré sur la chaîne BBC Radio 4 que la reconnaissance d’un État palestinien n’impliquait pas l’octroi d’une légitimité diplomatique au Hamas.
« Nous demandons depuis longtemps que tous les otages soient libérés, et que le Hamas ne joue à l’avenir aucun rôle dans la gouvernance de Gaza ou d’un État palestinien », a-t-il indiqué aux journalistes. « Nous ne négocions pas avec des terroristes, et le Hamas est une organisation terroriste. »
Starmer s’est joint à la France dans son engagement à reconnaître un État palestinien cet automne, lors de l’Assemblée générale des Nations unies, avec l’objectif de relancer la solution à deux États, considérée ces dernières années comme de plus en plus irréalisable.
Le Canada a publié mercredi une annonce similaire du Premier ministre Mark Carney. Le Portugal a fait savoir jeudi qu’il « envisageait » de reconnaître un État palestinien, sans toutefois donner de réponse définitive dans un sens ou dans l’autre.