Trump: l’Iran traverse une « crise humanitaire aux proportions gigantesques » à laquelle il « faut mettre fin »

Selon le président américain, Téhéran ne peut plus payer une grande partie de son armée et « exécute des manifestants » à un niveau inédit ; pour le Pakistan, l'Iran est ouvert à une reprise des négociations, tandis que les cours du pétrole reculent pour la 2e journée consécutive

Le président américain Donald Trump assiste à un événement organisé à l'occasion de la rentrée scolaire dans la Roseraie de la Maison Blanche, le 24 août 2026, à Washington. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

Le président américain Donald Trump a déploré mardi ce qu’il a décrit comme une « crise humanitaire » en Iran, à laquelle il « faut mettre fin » ; il a par ailleurs accusé le régime de Téhéran d’exécuter des manifestants et de ne pas payer ses forces armées.

« La République islamique d’Iran, qui est en train de s’effondrer, ne paie plus une grande partie de ses soldats ; elle exécute des manifestants à un niveau inédit, même lorsqu’ils ne manifestent pas », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.

On ignore si Trump faisait référence au massacre de milliers de manifestants au mois de janvier dernier, ou à de nouveaux cas qui n’ont pas encore été signalés. Son message a également pu faire allusion aux exécutions que l’Iran ne cesse de mener à l’encontre de personnes arrêtées lors des manifestations.

« Il s’agit d’une crise humanitaire aux proportions gigantesques, à laquelle il faut mettre fin », a ajouté Trump dans ce message qui a été publié sur les réseaux sociaux peu après 7 heures du matin, heure locale.

Il a ensuite déclaré – pour la deuxième fois en une semaine – que toutes les mines qui avaient été déposées dans le détroit d’Ormuz avaient été détruites ou retirées.

« Je viens d’être informé par la marine américaine que toutes les mines ont été retirées et/ou détruites dans les eaux internationales du détroit d’Ormuz », a annoncé Trump sur Truth Social.

Si cette publication de Donald Trump a pu laisser penser qu’il s’agissait d’un fait nouveau, le président avait déjà fait une déclaration presque identique le 18 août.

« Le détroit d’Ormuz est ouvert et opérationnel. Toutes les mines sous-marines ont été retirées ou détruites », avait-il affirmé à l’époque.

Des motards passent devant une affiche représentant le président américain Donald Trump sous l’eau au milieu d’explosions, avec la mention « Grande victoire ! Détroit d’Ormuz », à Téhéran, en Iran, le 24 août 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Trump s’est exprimé de manière contradictoire à plusieurs reprises sur la question de savoir si des mines avaient réellement été posées dans ce détroit essentiel pour l’approvisionnement mondial en pétrole.

Dans son dernier message, Trump a déclaré : « L’Iran a été informé que tout navire ou embarcation qui poserait de nouvelles mines serait immédiatement et systématiquement détruit. Grâce à nos forces spatiales, nous surveillons chaque centimètre carré du détroit, tout comme nous le faisons pour le mont Kolang et les trois autres sites nucléaires déjà détruits. »

« Nous appliquons une politique de tolérance zéro en matière de pose de mines », a-t-il ajouté.

Par ailleurs, dans la nuit de lundi à mardi, un pétrolier a été touché et rendu inutilisable par un projectile non identifié à environ 9 milles marins (17 km) au nord-est d’Ash Shishah, à Oman, à l’entrée du détroit d’Ormuz, a rapporté le service britannique des opérations commerciales maritimes (UK Maritime Trade Operations).

Le ministre des Affaires étrangères d’Oman est arrivé mardi en Iran pour évoquer les dispositions futures concernant le détroit.

L’Iran ouvert à de nouvelles négociations, selon le Pakistan

Téhéran a exprimé lundi sa volonté de reprendre les pourparlers de paix à l’occasion de rencontres entre responsables iraniens et pakistanais, et a fait part de ses inquiétudes concernant les nouvelles sanctions américaines, a fait savoir une source du gouvernement pakistanais.

Abbas Golroo, président de la commission des relations extérieures du Parlement iranien, a indiqué que le chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, avait transmis lundi à l’Iran un message des États-Unis.

Sur cette photo diffusée par l’agence de presse de l’Assemblée consultative islamique (ICANA), le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf (à droite), s’entretient avec le chef d’état-major de l’armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, lors de leur rencontre à Téhéran, en Iran, le 24 août 2026. (Crédit : Mahmoud Hosseini/ICANA via AP)

« L’objectif principal semble avoir été de relancer le processus politique, qui était au point mort », a-t-il expliqué à l’agence de presse ISNA. Ni la Maison Blanche ni le Département d’État américain n’ont encore réagi.

Mehdi Tabatabaei, un responsable du cabinet du président iranien, a écrit que la visite de Munir en Iran « a permis d’obtenir des avancées diplomatiques très précieuses, dont les résultats seront bientôt dévoilés ».

Les marchés apparemment indifférents à l’impact du nouveau train de sanctions américaines

Les cours du pétrole ont baissé pour la deuxième journée consécutive, alors que les marchés n’ont fait que peu de cas de l’impact du train de sanctions annoncé lundi par les États-Unis, qui s’est avéré moins sévère que redouté.

Les actions européennes ont légèrement progressé et les hausses enregistrées par les valeurs du secteur de la défense ont soutenu le moral des investisseurs ; toutefois, les acteurs du marché restent méfiants quant à la capacité de l’Iran à continuer de perturber le trafic maritime.

L’Iran, qui s’est engagé à riposter contre ces sanctions conçues pour isoler son économie, a réaffirmé sa détermination à lutter contre ces mesures.

Un homme fait le plein de sa voiture dans une station-service à Téhéran, en Iran, le 25 août 2026. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

Dans la journée de lundi, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que les pays qui continuent à commercer avec l’Iran risquaient d’être exclus du système financier fondé sur le dollar. Il a toutefois refusé de donner un calendrier précis ou d’identifier les États susceptibles d’être visés, affirmant qu’il leur accorderait un délai pour se conformer à la nouvelle directive.

La Chine est depuis plusieurs années le premier acheteur de pétrole iranien. Cependant, le blocus américain des ports iraniens – et sa reconduction par Washington à la mi-juillet – a fait chuter les livraisons de pétrole de la république islamique vers la Chine.

Pékin a affirmé mardi que sa coopération avec l’Iran s’inscrivait dans le cadre du droit international, et ne devait donc faire l’objet d’aucune ingérence ni perturbation.

Trump a quant à lui fait part de son intention de recevoir le président chinois Xi Jinping le mois prochain ; Washington tient en effet à éviter toute restriction sur les exportations chinoises de minerais stratégiques.

read more: