Nucléaire : Le mont Kolang, site iranien suspect menacé de bombardement
"Pickaxe Mountain" est situé dans le centre du pays, "à proximité du site d'enrichissement d'uranium de Natanz"
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Le mont Kolang en Iran, que le président américain Donald Trump menace de bombarder, est soupçonné d’abriter un complexe nucléaire profondément enfoui en construction depuis plusieurs années et jusque-là épargné par les frappes.
« Nous allons frapper cette zone probablement très bientôt. Et ils ne peuvent rien y faire », a assuré mardi le président américain, quelques jours après avoir affirmé que cette montagne constituait une « cible possible pour un bon gros tir, droit dans la porte d’entrée ».
Le mont Kolang, appelé « Pickaxe Mountain » en anglais (« Kolang » signifie « pioche » en persan), est situé dans le centre du pays, « à proximité du site d’enrichissement d’uranium de Natanz », explique à l’AFP Mohammad Hassan Najmi, expert en relations internationales.
La construction d’un complexe nucléaire dans ses entrailles granitiques a débuté en 2020 après l’incendie, vraisemblablement dû à un sabotage, du hall d’assemblage des centrifugeuses de Natanz.
Le directeur du programme nucléaire iranien à l’époque, Ali Akbar Salehi, avait alors annoncé la construction d’un site « plus moderne et plus grand, au cœur de la montagne près de Natanz ».
L’Iran dément aujourd’hui l’existence de tout complexe nucléaire souterrain secret sur le mont Kolang.
« L’obsession de Washington pour Kolang Kouh [montagne en persan], où aucune activité nucléaire n’a lieu, n’est rien d’autre qu’un prétexte fabriqué de toutes pièces pour justifier l’agression, la destruction et le sabotage », a vilipendé mercredi le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï.
Kolang n’a pas été frappé au cours de la guerre des 12 jours de juin 2025, contrairement à Natanz et au site nucléaire souterrain de Fordo. Celui-ci avait alors été frappé par des bombes antibunker GBU-57 capables de s’enfoncer à plusieurs dizaines de mètres de profondeur avant d’exploser. Elles avaient visé les conduits d’aération.
Il n’a pas non plus été ciblé par Israël ou les États-Unis depuis le début de la guerre qui a débuté le 28 février, selon l’Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS) américain.
« Au moins 100 mètres » sous la montagne
« Plusieurs frappes aériennes ayant visé le site de Fordo, les autorités de Téhéran ont envisagé de déplacer l’installation plus profondément, et quel meilleur endroit que les profondeurs des montagnes granitiques de la montagne Kolang », estime Mohammad Hassan Najmi.
Dans une note publiée le 14 juillet, l’ISIS estime, sur la base d’images satellitaires, que « l’installation n’est pas encore opérationnelle, mais les travaux de construction se poursuivent ».
Celle-ci se situe, selon le cercle de réflexion, « au moins 100 mètres » sous la montagne.
Cette profondeur est bien supérieure à la capacité de pénétration supposée des GBU-57, rappelle sur X James Acton, expert en questions nucléaires à la Fondation Carnegie.
Selon lui, d’éventuels bombardements américains pourraient toutefois faire s’effondrer les tunnels d’accès, à moins qu’ils n’aient été préalablement comblés par les Iraniens en prévision d’une attaque.
L’espace sous la montagne « pourrait être suffisamment vaste pour abriter une usine d’enrichissement capable de produire de l’uranium de qualité militaire », estime l’ISIS.
Selon le Wall Street Journal, les services de renseignement israéliens ont assuré aux États-Unis que des milliers de centrifugeuses avaient été transférées à l’automne dernier sous le mont Kolang.
La révélation de cette information interpelle plusieurs experts iraniens, alors que l’attention de Trump s’est concentrée ces derniers jours sur la réouverture du détroit d’Ormuz, aux dépens de la question nucléaire, cruciale aux yeux d’Israël.
« Le moment choisi pour ces fuites ne doit rien au hasard », estime ainsi sur le réseau social X Ali Vaez, du centre de réflexion International Crisis Group, pour qui « elles semblent conçues pour pousser à une nouvelle escalade, afin de fermer la porte à toute voie diplomatique et d’enfermer les deux camps dans[…] une guerre sans fin ».
la Communauté du Times of Israël !







