Tsahal : Un commandant du Hamas, ayant enlevé des tankistes le 7-Octobre, tué lors d’une frappe à Gaza
L'armée précise que Jihad Samih Mahmoud avait pris en otage l'Israélo-Américain Omer Neutra, ainsi que Shaked Dahan, Nimrod Cohen et Oz Daniel
Un commandant du Hamas, qui avait envahi Israël lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien le 7 octobre 2023 et qui avait participé à l’enlèvement de quatre tankistes, a été éliminé lors d’une frappe dans le sud de la bande de Gaza la semaine dernière, a annoncé l’armée israélienne mercredi.
Cette frappe, survenue jeudi à Khan Younès, a tué Jihad Samih Mahmoud Ismaïl, que Tsahal a identifié comme étant un chef d’escouade au sein de l’unité « Nukhba » (« élite » en arabe) du Hamas.
Le 7-Octobre, Ismaïl avait envahi Israël et s’était engagé dans un combat contre un équipage de char déployé à la frontière, près de la localité de Nirim, selon l’armée.
L’équipage comprenait le commandant israélo-américain, le capitaine Omer Maxim Neutra, 21 ans ; le conducteur, le sergent Shaked Dahan, 19 ans ; le tireur, le sergent Nimrod Cohen, 19 ans ; et le chargeur, le sergent Oz Daniel, 19 ans. Tous, à l’exception de Cohen, ont été tués au cours de la bataille.
Tsahal a déclaré qu’Ismaïl avait participé à la capture de Cohen, ainsi qu’à la récupération des corps de Neutra et de Daniel, puis à leur transfert à Gaza. Le corps de Dahan a été transporté séparément. Cohen a été libéré des geôles du Hamas en octobre 2025, faisant partie des vingt derniers otages vivants à avoir été relâchés.
Le corps de Dahan a été retrouvé lors d’une opération militaire en août 2024, et les corps de Neutra et de Daniel ont été restitués par le Hamas en novembre 2025.
Les parents de Neutra, Ronen et Orna, vivent aux États-Unis et comptent parmi les plus ardents défenseurs de la libération des otages dans ce pays. Ils ont notamment pris la parole lors de forums, dont la Convention nationale républicaine (RNC) de 2024.
Outre son rôle dans les massacres du 7-Octobre, l’armée a indiqué qu’Ismaïl avait participé à des attaques contre les troupes israéliennes dans la bande de Gaza au cours des deux années de guerre qui ont suivi.
Récemment, Ismaïl a pris part à des attaques contre des soldats et des civils, « en violation systématique du cessez-le-feu », et il a été « neutralisé afin d’éliminer la menace qu’il représentait », a ajouté Tsahal.
Si l’armée s’est largement efforcée de présenter ces frappes comme visant des violations du cessez-le-feu, elle a également confirmé mener une campagne continue visant à cibler et à éliminer chaque terroriste impliqué dans l’assaut barbare et sadique du 7-Octobre, précisant que cette campagne ne serait pas affectée par le cessez-le-feu.
????ELIMINATED: Jihad Samih Mahmoud Ismail, a Hamas Nukhba squad commander who infiltrated Israel during the October 7 Massacre.
He took part in the encounter with the Armored Corps soldiers from Tank No. 3, as well as in the abduction of Captain Omer Neutra, Staff Sergeant Oz… pic.twitter.com/heLnJ4UiAZ
— Israel Defense Forces (@IDF) September 16, 2026
Mercredi également, Tsahal a annoncé l’élimination de trois autres terroristes du Hamas et du Jihad islamique palestinien lors de frappes récentes à Gaza.
L’une de ces frappes a tué Saeed Asaad Saeed Akrim, que l’armée israélienne a identifié comme étant un commandant du bataillon Daraj-Tuffah du Hamas.
Akrim avait participé à la mise en place d’engins explosifs et à d’autres attaques contre les troupes israéliennes, selon Tsahal.
L’armée a déclaré que deux frappes distinctes menées mardi dans le nord de Gaza avaient tué Nimer Yasser Nimer Arshi, un terroriste du Jihad islamique palestinien chargé de lancer des roquettes dans la zone de Daraj-Tuffah, ainsi qu’Ahmad Bazaat Saleh Shaer, un terroriste du bataillon Shejaiya du Hamas qui avait posé des engins explosifs.
Ces trois individus menaient des attaques « tout en violant systématiquement le cessez-le-feu » et ont été tués afin « d’éliminer la menace », a ajouté Tsahal.
Katz laisse entendre qu’Israël pourrait revenir à une guerre totale à Gaza
Par ailleurs, mercredi, le ministre de la Défense, Israel Katz, a affirmé que ce n’était qu’une question de temps avant qu’Israël ne reprenne sa guerre à grande échelle à Gaza et ne prenne des mesures pour encourager l’émigration des Gazaouis.
L’armée israélienne, a-t-il déclaré, « est prête, dès qu’elle recevra l’ordre d’éliminer le Hamas, à mener cette mission à bien afin que nous puissions également mettre en œuvre le plan de migration ».
Le ministre du Likud a tenu ces propos en réponse aux critiques d’Ofer Winter, un autre candidat de droite aux élections du mois prochain et dirigeant du parti « Amkha Yisrael » (« Ton peuple, Israël »), à l’approche du scrutin du 27 octobre. Winter est un fervent défenseur de la « migration volontaire » depuis l’enclave déchirée par la guerre.
Katz a souligné que 70 % de la population de Gaza avait déjà été déplacée par la guerre qui y fait rage, et que Tsahal contrôlait environ 60 % de l’enclave, près d’un an après le cessez-le-feu d’octobre 2025. La quasi-totalité de la population de Gaza reste dans l’enclave, en grande partie déplacée et entassée dans la zone encore contrôlée par le Hamas.
Selon Katz, ce cessez-le-feu, soutenu par le président américain Donald Trump, revêtait « une importance capitale pour tous les Israéliens », car il avait permis le retour des otages restants et garantissait « l’engagement des États-Unis » en faveur du désarmement du Hamas. Mais évoquant ce désarmement, il a ajouté : « Nous comprenons tous que cela n’arrivera pas. »
Au début du mois, le ministre de la Défense avait déclaré qu’Israël était prêt à faciliter l’émigration depuis Gaza « par tous les moyens », dès qu’il en recevrait l’autorisation des États-Unis. À l’instar d’autres hauts responsables israéliens, il a insisté sur le fait que tout plan de migration serait volontaire. Il a également affirmé que la plupart des Gazaouis souhaitaient partir, sans que le fondement de cette affirmation ne soit clair. Quelque 2,3 millions de personnes vivent à Gaza.
L’ambassadeur américain Mike Huckabee a déjà nié l’existence de tout plan visant à « expulser des personnes de Gaza contre leur gré », et la communauté internationale a condamné toute tentative de mise en œuvre d’un tel plan.
Les plans de migration volontaire sont largement considérés comme un fantasme israélien, aucun pays n’étant disposé à accueillir un grand nombre de réfugiés palestiniens.
Sissi insiste sur sa « position ferme » contre l’expulsion des Palestiniens
À la suite des déclarations de Katz mercredi, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a rejeté le déplacement de tout Palestinien, lors d’une visite du dirigeant de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, au Caire.
Sissi « a réaffirmé la position ferme de l’Égypte contre le déplacement du peuple palestinien ou toute tentative d’anéantir la cause palestinienne ».
Abbas a salué les « positions inébranlables » de l’Égypte, a rapporté l’agence de presse de l’AP, WAFA.
L’Égypte, qui partage une frontière terrestre avec Gaza, rejette depuis longtemps tout projet de ce type et refuse d’accueillir des réfugiés de Gaza.
La quasi-totalité de la population de Gaza a été déplacée à l’intérieur de l’enclave et la majeure partie de celle-ci est en ruines après des années de guerre déclenchées par le 7-Octobre. Une grande partie de la population de Gaza vit dans des camps de réfugiés insalubres et surpeuplés.
Si le cessez-le-feu d’octobre 2025, soutenu par les États-Unis, a mis fin aux combats majeurs dans ce territoire dévasté, il n’a pas mis un terme aux frappes de Tsahal, qui affirme vouloir ainsi contrecarrer les attaques du Hamas et d’autres groupes terroristes de Gaza. Gaza reste divisée en deux zones distinctes, l’une contrôlée par Israël et l’autre par le Hamas.